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12 mai 2008

Anis, roi de la baguette

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Meilleur Ouvrier de France, Anis Bouabsa, lauréat du prix de la meilleure baguette de Paris, a appris le métier à Biscarrosse (40). Portrait d'un enfant de l'immigration courageux et ambitieux

«Pas avant 15 heures car je livre l'Élysée. » C'est ainsi, depuis qu'il a remporté le concours de la meilleure baguette de Paris (le 12 février dernier), Anis Bouabsa sert « le président » (c'est son expression).

La baguette, bien sûr, et le pain spécial aux figues. Dans sa boulangerie-pâtisserie du 18e arrondissement, à la porte de la Chapelle, à Paris, rue Tristan-Tzara (1), figure, format majuscule, la photographie avec Jacques Chirac, un autre président, qui avait reçu ce Français d'origine tunisienne sous les ors de la République, en 2004, année où, à 24 ans, il devint Meilleur Ouvrier de France (le plus jeune de la promotion).
Les parents d'Anis voulaient qu'il devienne médecin ou avocat. Lui, fasciné par la fabrication du pain depuis un stage découverte à 15 ans, savait qu'il serait boulanger. « J'ai tenu tête, j'ai passé le CAP boulangerie et pâtisserie puis le brevet de maîtrise en boulangerie. »

Deux ans à Biscarrosse. Sur le conseil de l'un de ses professeurs, il part faire une saison à Biscarrosse, dans les Landes. Il tombe bien, Christophe Simon, son mentor, Meilleur Ouvrier de France, est un excellent formateur qui a appris au contact de Marcel Larché, le premier propriétaire de la boulangerie, également Meilleur Ouvrier de France.
Anis Bouabsa est un battant, il veut être Meilleur Ouvrier de France. La saison terminée, il rempile et restera deux années à Biscarrosse, qu'il mettra à profit pour progresser dans le métier et décrocher le titre de Meilleur Ouvrier de France.
« Il était passionné, gentil et vaillant et avait l'esprit d'entreprise », témoigne Christophe Simon, qui n'est pas surpris de la réussite d'Anis dans la capitale. L'intéressé est fier et jubile quand il voit arriver dans son magasin des visiteurs étrangers qui prennent des photos et des Parisiens, amoureux du bon pain, qui viennent de loin. Car, Au Duc de la Chapelle, l'enseigne qu'il a rachetée à un ancien professeur, est à l'autre bout de Paris, près du périphérique, dans un quartier populaire habité par des gens modestes de confessions différentes.

La Fête du pain. Ici, Anis ouvre le matin à 5 heures et demie « pour les personnes qui partent travailler tôt » et vend chaque jour 1 000 à 1 100 baguettes, la normale et la tradition (1,10 ?), celle qui a été primée.
Alors que s'ouvre la Fête du pain partout en France (jusqu'au 18 mai), la démarche, exemplaire, d'Anis Bouabsa vient rappeler que le pain, pour qu'il soit une gourmandise à part entière, requiert la sélection des matières premières et le savoir-faire. Une croûte bien caramélisée, une mie bien aérée, une couleur crème, un goût de froment, telles sont les caractéristiques de la baguette de tradition française de la rue Tristan-Tzara.
La pâte est composée exclusivement de farine de blé, d'eau et de sel, ne comporte pas d'additifs et est encore moins congelée. « L'important c'est la fermentation », explique Anis, qui pétrit la pâte le matin à 8 heures et la laisse fermenter à 5 degrés, en chambre froide, jusqu'au lendemain matin 5 heures, avant de la travailler.
« La pousse est lente, c'est tout bénéfice pour la transformation des levures et pour le goût », souligne le boulanger, qui, pour activer la fermentation, cuit les baguettes dans un four à sole, dix-huit minutes, à 250 degrés. « C'est dans les pétrissages et les fermentations que je me suis amélioré, c'est grâce à ça que j'ai gagné le concours », confie-t-il.


Avec son frère. La baguette n'est pas la seule spécialité du Duc de la Chapelle, les pains spéciaux ont le beau rôle et, clin d'?il au Sud-Ouest, le canelé, le gâteau basque et le pastis landais complètent l'offre des viennoiseries et des pâtisseries.
Entreprenant, Anis Bouabsa a convaincu son frère, Maïed, de le rejoindre pour créer une seconde affaire à la porte de Pantin. Enfin, il n'est pas pressé mais lorgne Biscarrosse, « où la vie est paisible et où j'ai des bons souvenirs », pour y avoir un pied-à-terre et peut-être aussi une boulangerie à lui.
Du reste, Philippe Duluc, le chef pâtissier d'Anis Bouabsa, qui emploie six personnes, est originaire de Pouillon. Les Landes, toujours les Landes !

:Jacques Ballarin

(1) Au Duc de la Chapelle, 32-34, rue Tristan-Tzara, 75018 Paris, 01 40 38 18 98.
ARTISANAT

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11 mai 2008

La traite des Noirs enseignée en primaire, annonce Sarkozy

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Le retour des annonces. Samedi matin, lors d’une cérémonie commémorant l’esclavage, au jardin du Luxembourg à Paris, le président Nicolas Sarkozy a annoncé samedi que «la traite des noirs, l’esclavage ainsi que leur abolition» seraient inscrits dans les programmes de l’enseignement primaire dès la prochaine rentrée scolaire. «Cette histoire doit être inscrite dans les manuels scolaires afin que nos enfants puissent comprendre ce qu’a été l’esclavage, puissent mesurer les souffrances que l’esclavage a engendrées, les blessures qu’il a laissées dans l’âme», a-t-il dit.

Sarkozy a également condamné le régime birman, «éminemment condamnable, qui empêche le débarquement de vivres» dans ce pays «ravagé par la nature». «Aujourd’hui au XXIe siècle, la commuanuté internationale ne peut pas porter librement secours à des hommes et des femmes ravagés par la nature et qui ont la douleur d’avoir un gouvernement qui refuse l’aide internationale», a-t-il lancé.

Paris a annoncé vendredi qu’un chargement d’aide était en cours en Inde à bord d’un navire de la marine française à destination de la population birmane, sans que l’on sache si elle pourrait lui être distribuée directement.

Enfin, le président Nicolas Sarkozy a souligné samedi que le 23 mai serait «une journée commémorative» de l’abolition de l’esclavage «pour les associations qui regroupent les Français d’Outre-mer de l’Hexagone» et souhaitent «célébrer le passé douloureux de leurs aïeux». Une remise en cause implicite de la date du 10 mai, un choix du prédécesseur de Sarkozy, Jacques Chirac. Cette date du 10 mai avait été contestée par les principales associations de Français originaires d’outre-mer. Jacques Chirac s’était appuyé sur les recommandations d’un comité «ad hoc» présidé par l’écrivain Maryse Condé, originaire de Guadeloupe. Mais des associations et des partis, comme le PS, militaient pour le 23 mai, date d’une marche qui avait réuni en 1998 à Paris 40.000 Français originaires des Antilles, de Guyane et de La Réunion.

Bon nombre d’associations ultra-marines ont continuer à boycotter la date du 10 mai, jugée par elles illégitime. Dans une circulaire du Premier ministre début mai, l’Etat a finalement décidé de reconnaître le 23 mai comme date commémorative en métropole pour les associations regroupant les Français d’outre-mer.

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Fadéla MARA / Elle devait apporter un vent de changement en faveur des banlieues...

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Fadela Amara,secrétaire d’État,politique de la Ville

À donf pour la droite. À Clermont-Ferrand, on ne l’avait pas vue beaucoup au conseil municipal où elle siégeait dans les rangs des élus PS : la présidente de Ni putes, ni soumises s’était engagée en politique en choisissant alors un camp qu’elle croyait porteur. Depuis, elle a été séduite par le chant des sirènes sarkozystes. Elle est désormais officiellement secrétaire d’État auprès de Christine Boutin, la ministre du Logement et de la Ville, chargée de la politique de la Ville. On attend encore son plan pour les banlieues, en dépit de nombreux déplacements d’autant plus médiatiques qu’elle a soigneusement usé avec démagogie d’un langage dit des banlieues. Du moins tel que certains l’utilisaient il y a une quinzaine d’années… Plusieurs fois mise au pas par sa ministre de tutelle, le président l’a cependant encouragée à persévérer dans la provocation. Bilan : néant.

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10 mai 2008

Rama Yade et la question qui fâche


Rama Yade, chargée des droits de l'homme au sein du gouvernement Fillon, supporte assez mal la question sur l'Europe : est-elle vraiment une chance pour les jeunes des quartiers ? Cette réaction démontre qu'elle ne veut plus que l'on évoque son origine sociale alors qu'il me semble que c'est une richesse au poste qu'elle occupe. C'est aussi un pied de nez à sa collègue Fadéla...jugez moi en tant que secrétaire d'Etat et non pas en tant que... La question de départ était plutôt positive... Dommage ! DP

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07 mai 2008

La petite Mêlée/Film sur une équipe de rugby de benjamins de la banlieue Bordelaise (Bègles)

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Découvrez les extraits du film : http://www.lapetitemelee.com/

La fiction "Les Petits Poucets", de Thomas Bardinet, sort accompagnée d'un documentaire intitulé "La Petite Mêlée", du même auteur. Il nous avait parlé de ce film sensible lors de sa diffusion à la télévision, en décembre dernier.

La Petite Mêlée retrace la saison 2006/2007 d’une équipe de rugby de Bègles, en Gironde. Précisément, celle des benjamins première année. Film sur l’enfance autant que sur le rugby, il a plus à voir avec les Récréations de Claire Denis qu’avec un énième Les Yeux dans les Bleus.

Thomas Bardinet n'avait jusque-là jamais réalisé de documentaire. Auteur de fictions (Le Cri de Tarzan, Les Ames câlines et aujourd'hui Les Petits Poucets), il n’a pas encore rencontré le succès de ses camarades de promotion à l'Idhec, Laurent Cantet et Dominik Moll. L'idée de tourner La Petite Mêlée lui a été soufflée par la productrice Julie Paratian. Le réalisateur l’a acceptée parce qu’il a une passion pour cet âge. « A 10-12 ans, l’enfance est au sommet de son art. Avec une grande liberté intellectuelle, une force, une grâce physique qui disparaît dans les tourments de l’adolescence. J’ai moi-même un très bon souvenir de cette période de ma vie… »

Restait à apprivoiser les benjamins de Bègles. Le réalisateur les a suivis pendant toute une saison, une saison difficile où les petits ont subi beaucoup de défaites contre des plus grands qu’eux. Pour saisir la vérité des enfants, rien de mieux que la « vérité du terrain » et de ses alentours. « J’ai tenté quelques interviews, mais ils adoptaient les conventions de la télé, qu’ils connaissent parfaitement, et se mettaient à parler comme leurs idoles. La tension du match ou du vestiaire faisait au contraire oublier la caméra. Et puis le rugby, avec ses rituels, ses règles compliquées, est un univers très codé qui impose sa mise en scène. Autant s’en servir, travailler autour de ces codes et ne pas en rajouter. »

L’apprentissage de la vie collective, de la défaite, de l’injustice, les étreintes, les bagarres, les drames, les déconnades, Thomas Bardinet a saisi tout cela avec une grande justesse. Mais pour filmer les matchs, les actions de jeu, il lui a bien fallu se contenter d’une vision « ligne de touche », celle des parents des joueurs. « Je me plantais au bord du terrain et j’attendais que quelque chose se passe. Quand ça se produisait, c’était génial. Il y a quelque chose de pornographique à vouloir tout montrer. » Après l’avoir envisagé, il a donc renoncé à utiliser deux caméras. « Avec une seule caméra, je préservais l’intimité des enfants : il leur suffisait de se détourner pour ne plus être visibles. S’il y en avait eu deux, il n’auraient pas pu y échapper et ça aurait pu les stresser, modifier leur comportement. » Un étrange credo à l’heure où les réalisateurs braquent des dizaines de caméras sur les terrains de foot et de rugby.

La modestie des moyens n'est d'ailleurs par étrangère au charme du film. « Ça m’intéressait de travailler sans équipe, d’improviser le tournage. J’ai beaucoup tatônné mais j’y ai pris un plaisir que je n’avais pas ressenti depuis longtemps. » Le documentaire, un régénérateur ? Thomas Bardinet, en tout cas, entend bien persévérer dans cette voie.

Samuel Gontier

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Portrait Samir NASRI : Un minot de banlieue à l'OM

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Né à Marseille il y a 19 ans, Samir Nasri vit aujourd’hui un rêve d’enfant : il évolue sous les couleurs mythiques de l’Olympique de Marseille.

Quel lien avez-vous avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ?

Né à Marseille, j’ai passé mon enfance à Septèmes-les-Vallons dans la Cité La Gavotte Peyrets, où habite ma famille et où je vis encore.

Quel lieu vous inspire particulièrement en Provence- Alpes-Côte d'Azur ?

Tout d’abord, bien évidemment Marseille. J’y aime tout : les gens, le climat, les plages, Notre- Dame de la Garde et bien sûr le stade Vélodrome que j’ai découvert enfant, avec mon oncle, qui m’y emmenait les jours de match. À chaque fois que je rentre sur le terrain, c’est quelque chose de spécial, j’ai des frissons. L’été, j’aime aussi beaucoup me balader du côté des calanques et de Cassis.

Côté gastronomie, quel est votre plat préféré ?

J’aime bien le poisson, les supions farcis par exemple, que je déguste dans quelques lieux qui sont mes repères : la « Bastide du cours » et « Icône » à Aix-en-Provence, le restaurant « le Bô » à Marseille.

Quelles ont été vos plus belles réussites ?

Faire la fierté de mes parents, les savoir heureux de ce que j’ai entrepris, avoir une grande maison ouverte à ma famille, réussir une belle carrière dans un club mythique.

Votre plus belle rencontre ?

J’ai eu la chance de croiser Zinedine Zidane l’an dernier, à l’occasion d’un tournoi qu’il patronnait à la Cité La Martine à Marseille. C’est quelqu’un de sympa, d’ouvert, d’humble et d’accessible. Un modèle pour moi. Il y a aussi des gens que j’ai merais rencontrer comme Nelson Mandela.

Comment s’organise votre vie de footballeur ?

En semaine, généralement, c’est entraînement le matin et repos l’après-midi, avant le match du week-end. Beaucoup de travail sur la technique de base. Répéter et répéter les gestes jusqu’à la perfection. Etre doué au départ donne une petite avance, mais l’essentiel reste de travailler, même si le foot reste un jeu, pas un métier, mais une passion.

Et l’événement que vous ne manquez jamais ?

Je vais souvent au concert, notamment de rap marseillais, avec des groupes comme Psy4 de la rime ou IAM. J’adore aussi le cinéma, j’essaie d’y aller au moins deux fois par mois. Évacuer le stress entre les matchs est important. Je puise une part de ma concentration dans ces moments de détente.

Quelles sont vos meilleures vacances passées dans la région ?

Avec mes parents, ma soeur, aujourd’hui âgée de 12 ans, et mes deux frères jumeaux de 8 ans, nous n’avions pas les moyens de partir en vacances.

Un rêve pour cette région chère à votre coeur ?

C’est une région que j’apprécie pour sa richesse, sa mixité : cette région est belle, non seulement grâce à ses paysages, mais aussi et surtout par les gens qui y vivent. À l’avenir, j’aimerais moins de pollution, qu’on fasse attention à la mer.

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06 mai 2008

Banlieue : Photo du mois

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« Pour Jamel, il s’agit de frapper "un grand coup" » mariage de l’humoriste et de Melissa Theuriau

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Photo : John Foley / Opale

Le journaliste Bernard Bernard Violet révèle dans son livre : « Jamel Debbouze, l’As de cœur », les coulisses du mariage de l’humoriste et de Melissa Theuriau qui se déroulera mercredi 7 mai.

Après Delon, Johny ou Depardieu, pourquoi un livre sur Jamel Debbouze ?

Jamel est un personnage populaire et attachant. Je souhaitais m’interroger sur cette célébrité fulgurante devenue l’emblème et le chroniqueur d’une génération. Je souhaitais en savoir davantage sur l’un des rares artistes surdoués de ce début du XXIème siècle. Par ailleurs homme de cœur et de convictions.

Qui avez-vous rencontré ? Quelles sont vos sources ?

Chronologique dans sa forme, ma biographie est le résultat de vingt mois de recherches sur le terrain et de rencontres. J’ai ainsi bénéficié de témoignages précieux de parents, amis, collaborateurs, responsables associatifs, hommes politiques, producteurs et réalisateurs. Tous m’ont aidé à appréhender le fabuleux destin de l’artiste que j’ai aussi eu la chance de rencontrer tout un après-midi, en février dernier.

Qu’est ce qui chez lui a aguiché votre curiosité ?

Son état permanent d’émerveillement et sa faconde qui en font à mes yeux l’héritier naturel des plus grands humoristes et comédiens français : Coluche, Devos, Bedos et de Funès. Même si, bien évidemment, son style et sa créativité sont différents. Sur scène, Jamel a une façon très poétique de jouer avec le sens et la proximité des mots qui sont en lui. Et qui fonctionnent génialement lorsqu’il les exprime. Ainsi de ces néologismes pleins de vitalité et d’invention dont il fait un langage. Exemple lorsqu’il invente le verbe « spolir » pour « spolier », ou lorsqu’il parle de « sous-malentendus » et de « film d’exotique ». Ou enfin avec « le manger et le boirer ». Il y a là une fabuleuse puissance poéticosémantique.

Vous révélez dans votre ouvrage les coulisses du mariage qui se déroulera mercredi 7 mai dans la région parisienne. Le mariage sera-t-il religieux ?

Il s’agira d’une bénédiction religieuse qui respectera la tradition.  Elle se limitera à une liturgie de la parole, avec des lectures de la Bible et du Coran. Suivront l’échange des serments et la bénédiction des alliances. Au final, une cérémonie dirigée par le Père Gérard Pelletier, le curé parisien de Saint-Louis-en-l’Ile, ne devant pas excéder trois quarts d’heure. Auparavant, le maire de Cernay-la-Ville aura scellé l’union civile du couple. Toujours dans l’enceinte de l’Abbaye des Vaulx de Cernay qui, contrairement à ce que son nom peut laisser supposer, est un hôtel de luxe de la Vallée de Chevreuse. Plusieurs salles y ont été réservées pour le mariage civil et religieux, et bien entendu aussi pour les festivités qui suivront.

Ces mêmes festivités, affirmez-vous, se prolongeront à Marrakech…

Effectivement, tous les invités le souhaitant, - 300 personnes environ sont attendues - s’envoleront dès le lendemain pour Marrakech où le couple fera bénir une nouvelle fois son union, mais cette fois-ci par un imam. Sur le faire-part aucun horaire du vol aller-retour n’est précisé. Seule recommandation : « Amenez votre passeport, laissez-vous guider, on s’occupera de tout. » Sur place, les nouveaux mariés devraient être reçus par Mohamed VI et ses sœurs les princesses, dans l’enceinte du palais que le Roi possède  dans la ville rose…

Un mariage mixte, « islamo-chrétien »   chez des people… Quelle dimension symbolique, cette union peut elle prendre ?

Leur union relève des mystères et de la magie de l’amour. Melissa est une immense beauté, mais elle a du caractère : pour refuser le JT de TF1, il faut être gonflée. Idem pour épouser un musulman qui lui vaut depuis quelques mois des missives injurieuses. Mais le couple tient bon : pour lui, il s’agit de frapper « un grand coup » comme Jamel l’a confié. En clair : s’affirmer comme un couple mixte dans une France   parfois raciste.

Bernard Violet, « Jamel Debbouze, l’As de cœur », Fayard, 385 pages, 20€ (Metro.fr)

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05 mai 2008

Banlieue: "Mécontents et pas contents"


Des habitants de Mons ont souhaité parler de leur vécu, exprimer leurs
interrogations, leurs doutes, leurs envies. Ils se sont risqués à une prise
de parole individuelle et collective.
Ils parlent de leurs réalités et nous questionnent sur nos représentations
sociales. Ils croient au changement et à l’avenir qu’il est possible de
construire ensemble.

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Vous avez interviewé Ekoué sur Mai 68

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Les quarante ans de Mai 68 ont donné l'idée à Ekoué du groupe de rap La Rumeur de faire une compilation sur les révoltes hip hop d'aujourd'hui. Le nom du projet? «Sous les Pavés la Rage.» Rohff, Rim'k et la Mafia K1 Fry en sont.

L'occasion de demander à Ekoué ce qu'il pense de Mai 68 et des échos actuels de ce type de mouvement. Il vous a répondu en direct:


Ton texte en ligne sur le myspace de la compil ets bien mais tu ne penses pas qu'il est un peu trop complexe pour tes jeunes auditeurs? est ce que les jeunes de 12 15 ans qui vont acheter ta compil vont comprendre le fond de ton propos?
A la base, c'est une compilation de rap avec des sensibilités différentes. La vocation première de ce projet, c'est la musique, rien que la musique.

C'est quand même bizarre de la part d'Ekoué ce genre d'initiative. Ou qu'il apparaisse sur le clip de Kery James et sa chanson top niaiserie. On va me prendre pour un connard, mais bon, je le trouve moins crédible qu'il y a quelques années. A l'époque ou magazine de Hip-Hop français ça voulait dire quelque chose, je lisais tous les interviews de la Rumeur. Et ce qu'il critiquait alors, il le fait aujourd'hui.
Jusqu'à preuve du contraire, le morceau "banlieusard" de Kery James part d'une bonne initiative, à savoir réhabiliter la jeunesse des quartiers populaires avec des symboles de réussite. Je ne vois pas ce qu'il y a de paradoxal là-dedans.

«Les rapports du ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété» Nicolas Sarkozy décide de porter plainte en juillet 2002. Aujourd'hui elle en est ou l'affaire?
Le procès a lieu le 6 juin à la Cour d'appel de Versailles. C'est pour ainsi dire le dernier round. On saura définitivement si nous sommes condamnés ou pas. Une pétition tourne sur notre site la-rumeur.com

Le rap, ça dénonce les inégalités en roulant en porsche carrera avec de pures nénettes d'une villa de beverly hills à l'autre, il y a plus crédible que ça.
Oui, il y a plus crédible, je te l'accorde. Tout comme ta question, on ne peut pas réduire le rap à une Porsche et une villa. C'est un courant multiple avec des variations, des styles, des écoles, des tendances etc...

Bonsoir Mr Ekoué, j'aurai aimé savoir quelles étaient les raisons qui ont donné lieu à cette tension entre toi et Mr Akhenaton.
C'est vieux comme IAM cette histoire. lol
Plus sérieusement, c'est un vieux contentieux sur la base d'une interview mais bref, aujourd'hui, j'ai plus de l'indifférence qu'autre chose. Ceci dit, il y a d'excellents groupes à Marseille, et nous en gardons de grands souvenirs des concerts. J'apprécie par exemple les gars de 3ème oeil.


Etes-vous pour un mai 2008? Si oui je me posais une petite question : à l'époque les rue étaient pavées, mais de nos jours elles sont recouvertes d'asphalte ou de bitume. Ça ne sera pas un peu grillé de se balader avec un marteau piqueur sur l'épaule?
Effectivement, ce serait un peu grillé.

Je ne comprend pas pourquoi vous n'apparaissaient pas dans les sites comme booska p, rap2k etc...Sont ils de connivence avec le plus gros mac skyrock?
C'est à eux qu'il faut poser la question, pas à nous. Concernant rap2k, ils ont fait d'excellentes chroniques de nos albums, et toujours relayé nos sorties.

Ekoué tu veux du R.A.P militant, tu veux des textes engagés? Eh bien viens en Banlieue (le 77 par exemple) et donne la chance aux jeunes ou bien à ceux qui n'ont pas pu rapper et sortir des disques... Laisser la place aux autres, ça y est la roue tourne c'est fini pour vous... Pourquoi faire un disque avec la Mafia K1 fry? Ne penses-tu pas qu'ils sont déjà omniprésent dans le rap français?
Personne n'a volé sa place, fais ce que t'as à faire.

J'ai beau chercher, mais les "enragés" n'étaient pas bien nombreux et encore on était loin de certaines manifestations phobiques actuelles !... Dire que c'était la rage, faut l'avoir vécu mon gars avant d'en causer... ça évite de taper à côté de la plaque, non?
"Sous les pavés, la rage", comme tu es quelqu'un de très intelligent et surtout pas à côté de la plaque, c'est juste le détournement de la célèbre maxime "sous les pavés, la plage". Le parallèle s'arrête là.

Comment as-tu réalisé la sélection des titres? Est-ce que tous les titres ont pour toi une vraie signification seul (avant même d'être enchaîné les uns avec les autres?) Tu peux nous en dire plus sur le tracklisting?
Il y a une partie des artistes issus du catalogue wagram qui, de fait, se retrouvent dans cette compil. c'est le choix de Wagram, pas le mien, et le reste, c'est-à-dire Casey, B-James, Al, 400hyènes... c'est de ma responsabilité.

J'ai beau chercher je ne vois pas le lien entre le RAP et mai 1968 ... ils étaient pas nés non?
Effectivement, ils n'étaient pas nés, à part peut-être NTM et IAM. Mais c'est juste 40 ans plus tard, quel est le courant artistique qui porte un certain nombre de valeurs contestataires? Je pense qu'un certain rap en fait partie.

Il n'y as plus d'héritage de mai 68 inutile de vendre du vent ,a moins que ça rapporte, la alors mai 68 est bien loin!Par contre la rage ce serait bien qu'elle soit au boulot. Qu'en pensez vous Monsieur l'artiste nostalgique?
Etant né en 1975, je peux difficilement être nostalgique d'une période que je n'ai pas connue.

Franchement vous avoir vu interpréter un de vos derniers titres sur le plateau de "ce soir ou jamais"(une des seules émissions du paf pertinente) était assez agréable tout comme voir Iam aux victoires de la musique choisir d'offrir au public pas franchement prolétaire..."la fin de leur monde" ; un regain d'attention d'leur part rendant vos démarches sur ce fait, assez similaire dans le fond non?
Entre "ce soir ou jamais", qui est une des rares émissions où le débat public prend un tant soit peu ses lettres de noblesse, et les Victoires de la musique, qui sont, à mon sens, le cimetière des éléphants d'une industrie moribonde pourvue d'artistes has-been, je ne vois pas trop de similitudes avec la démarche d'IAM et la nôtre.

La Rumeur se caractérise par un discours sans concession et même rude avec les autorités de ce pays. Peut-on imaginer pour autant, vous voir un jour vous engager sous une bannière quelconque pour défendre le sort des populations défavorisées? Faire une sorte de front commun pour faire progresser les causes qui vous tiennent à coeur? Et le cinéma?
Dans l'article que vous avez consacré Libé, j'avais cru comprendre que vous vous lancerez volontiers dans la production et la réalisation de films, volontiers noirs, comme vos plumes aiguisées.

Hamé, actuellement aux Etats-Unis, a intégré la prestigieuse université NYU TISCH School dans le cadre d'un master II en réalisation, il entend donc investir l'image de ce fait et me concernant, je termine mon master II à Sciences Po Paris, et ce dans le but de diversifier les branches de notre label: musique, image et écriture.

Toi qui prône un rap engagé qu'est ce que Rohff viens foutre dans cette compile? J'attends de voir le résultat mais je t'avoue que la j'ai un léger étonnement? Et maintenant quelle est la suite des évènements?
Il ne s'agissait pas dans cette compilation d'avoir des démarches clones de La Rumeur et des groupes que l'on affectionne, sinon, je ne vois pas l'intérêt. J'ai pris soin de prendre le morceau de Rohff "Regretter" qui, à mon sens, est un excellent morceau, lequel parle de son entourage, mort dans des conditions violentes. Et c'est très bien écrit.

Salut Ekoué, déja plus de 10 ans de carrière au sein de la Rumeur, une éthique aussi préservée que notre respect conservé, mais un frigo à remplir... les prémisses d'une carrière solo à travers ton street album à venir?
Non, j'ai pas vocation à faire de carrière solo mais c'est vrai qu'à travers ce street CD solo qui sortira début juin et mon premier album à venir, j'entends apporter un point de vue plus personnel et donc moins conditionné par le collectif. Mais je pense tirer toute ma légitimité à la Rumeur dans son ensemble, et à son parcours depuis dix ans.

Ekoué, une question pour toi qui est dans le milieu depuis pas mal de temps maintenant... je vais reprendre les mots de Don dans le documentaire de Kenny Arkana «Un autre monde est possible»: Après que notre musique soit devenue «la pute du Capitalisme», après une vague crunk copiée à tort et à travers par le hip hop Français, quel avenir vois-tu pour l'originalité et la créativité du rap francophone?
Notre musique a pas la prétention de vivre en dehors du système; mais de décrire les carnages de l'économie de marché là où elle se fait le plus ressentir, c'est-à-dire dans les quartiers pauvres. Ensuite, il y a ceux qui s'octroient le recul nécessaire pour produire un discours critique et ceux qui n'ont pas le recul suffisant et qui portent caricaturalement tous les stigmates de l'ultra-consommation.

Pensez-vous que les émeutiers de banlieues soient capables de faire un mai 2008 qui puisse vraiment faire peur au pouvoir en place?
La première vocation des banlieues, ce n'est pas de faire mai 68, mais c'est de sortir concrètement de la situation dans laquelle les pouvoirs publics ont plongé les quartiers depuis un certain nombre d'années. A mon sens, les émeutes de 2005 est un événement au moins aussi important que mai 68. Preuve en est l'instauration d'un couvre-feu et j'en passe...

Quelles seraient selon toi les moyens à mettre en oeuvre et les solutions à proposer pour sortir les «quartiers» de l'exclusion sociale et économique dans laquelle ils sont plongés depuis les années 80 (la marche des beurs étant selon moi la première exposition médiatique du «malaise des banlieues»)?
Parmi les promesses de campagne du candidat Sarkozy, il y avait la création d'un véritable plan Marshall des banlieues insufflé par Jean-Louis Borloo, lequel associé à un certain nombre de ministères (éducation, justice, intérieur, économie) pour sortir de la situation dans laquelle les quartiers se trouvent depuis une trentaine d'années. Résultat du compte: une enveloppe de 500 millions d'euros soit 15 fois moins que les budgets de l'Education Nationale pour régler des problèmes qui sont censés concerner les banlieues dans leur totalité.

Que penses-tu des tentatives de récupérations politiques de l'image d'Aimée Césaire, célébré en poète, en occultant sa dimension politique fondamentalement anticolonialiste?
Ça participe à une dévitalisation des figures de l'anticolonialisme, et de leur résonance d'un point de vue historique. Le cas du feu Aimé Césaire est tristement caricatural quand on connaît la politique africaine et caribéenne de l'Etat français depuis une trentaine d'années.

Penses-tu qu'un autre Mai 68 est possible, penses-tu que la France est prête à une nouvelle tentative de révolution, et surtout penses-tu que cette révolution aboutirait a un meilleur système?
Tous les ferments d'une société de l'implosion sociale sont réunis. Un sentiment de promesses électorales non tenue, une personnification du système politique, un chômage massifié chez les jeunes (qu'ils soient diplômés ou non) avec des taux de plus de 40% dans certains quartiers. Et des émeutes récurrentes qui se caractérisent par une montée en grade du niveau des violences, comme ça a pu être le cas à Villiers-le-Bel. Donc, tout semble propice à l'émergence de ce type d'événements.

Le chat est fini... (20 minutes.fr)

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30 avril 2008

Banlieue : Partir,rester.

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Une dizaine de jeunes lormontais se sont mobilisés pour faire «leur film»… Tenter de sortir des clichés auxquels ils sont sans cesse renvoyés et parler d’un enjeu crucial à leur âge, quelque soit le lieu d'où l'on vient : Partir / rester, quitter sa famille, perdre ses repères ou les conforter, grandir et faire des choix… Atelier vidéo sous la conduite de Christophe Garbage et Fara Pohu. Durée : 18'.


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Emploi : Fadela Amara mise sur le coaching des jeunes

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GAËL COGNÉ

Après avoir indiqué dans la matinée sur RMC qu’il fallait «chercher les jeunes [des banlieues, ndlr] dans les cages d’escalier», Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la Ville, s’est rendue hier à Corbeil-Essonnes pour écouter, avec Serge Dassault (sénateur-maire UMP de la commune), 26 jeunes qui avaient expérimenté le coaching : une méthode de suivi personnalisé et en groupe qui préfigure le «contrat d’autonomie». Ce dispositif, au cœur du volet emploi du «plan banlieues», devrait permettre à des jeunes des quartiers de bénéficier d’un suivi leur permettant d’intégrer le monde du travail. Depuis dix-sept mois, des jeunes de l’Essonne au chômage peuvent ainsi suivre le programme d’Attribut conseils, une entreprise spécialisée dans le coaching et la gestion des carrières, basée à Ris-Orangis. C’est l’ANPE qui a d’abord dirigé les jeunes vers ce programme. «Cela concerne des jeunes qui cumulent les petits jobs. On a cherché à travailler sur quelque chose à l’échelle d’une carrière. Il s’agit déjà de savoir ce dont on a envie. Ensuite, on aide à avoir de bons outils de communication et à vendre ses atouts», a indiqué hier Daphné Battaglia, la coach d’Attribut conseils.

«Oser». Selon l’ANPE, sur les 59 jeunes ayant suivi les sessions jusqu’au bout, 58 seraient aujourd’hui placés. Venus de Grigny, d’Evry, de Corbeil ou encore de Ris-Orangis, on les étiquetait souvent comme issus de banlieue. Mais à les écouter, ce coaching serait la solution miracle vers l’emploi. «On apprend en faisant. Ils disent souvent : "J’ai l’impression que je n’y arriverai pas. Personne ne me comprend’’. Nous sommes là pour leur donner envie d’oser», a indiqué la coach, titulaire d’un DESS en ingénierie de formation. «On a des gens qui ont quelques difficultés. Il faut qu’ils apprennent certains codes : se lever le matin, s’habiller, avoir une bonne expression. Nous voulons redonner l’espoir», a expliqué la secrétaire d’Etat à la Ville. Elle a rappelé que dans certains quartiers, le taux de chômage des jeunes de moins de 26 ans atteignait «42 %». «J’ai la volonté de diviser par deux le taux de chômage des jeunes en banlieue», a-t-elle ajouté.

Fadela Amara compte sur le plan «Espoir banlieue» présenté en février pour y parvenir. Le nouveau «contrat d’autonomie» qui s’inspire de ces méthodes de coaching pratiquées outre-Manche, selon elle avec succès, représente un des principaux volets du plan.

Il vise à aider 45 000 jeunes d’ici trois ans. Les organismes publics ou privés vont être choisis au terme d’un appel d’offres clos depuis hier. 250 millions d’euros devraient être attribués au contrat.

«Métiers en tension». Il s’agit de faire suivre par un coach des personnes âgées de moins de 26 ans (voire 30 ans) pour qu’elles apprennent à rédiger un CV, une lettre de motivation, à intégrer les «codes de l’entreprise». 35 départements sont concernés. Pour Fadela Amara, «les jeunes en ont marre d’être assistés. Aujourd’hui, nous avons d’un côté des métiers en tension et de l’autre des jeunes sans emploi. Il faut rapprocher ces deux mondes». Selon elle, le partenariat public-privé devrait permettre «de passer d’une logique d’obligation de moyens à une logique d’obligation de résultats».

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Maman de quartier : recherche emploi à temps plein


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29 avril 2008

La passion selon Mehdi Savalli: De la banlieue aux plus grandes arènes de notre planète.

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D'Arles à Madrid, de Séville à Nîmes, le jeune Mehdi Savalli est l'une des étoiles montantes de la tauromachie d'aujourd'hui. Cet apprenti torero n'a qu'un rêve : devenir le roi de l'arène. Pour ce faire, il écoute attentivement les conseils de son mentor, l'ancien matador Paquito Leal. Mehdi a commencé à l'âge de 10 ans. L'influence de Leal sur ce jeune homme est de plus en plus forte au fil des ans. Pour l'ancien matador, seule une exigence absolue peut faire la différence. Car si la corrida est un art, le danger plane sans cesse sur les hommes aux habits de lumière. La fougue de la jeunesse doit donc s'allier à la discipline de l'expérience.

Critique TELERAMA
Documentaire de Bernard George (France, 2007). 75 mn. Inédit.
Deux hommes font leur jogging. Le plus âgé devance le plus jeune mais le pousse à accélérer, à ne « pas lâcher ». Alors le « petit » double le « grand », le laisse sur place et passe au premier plan. Les premières séquences de La Passion selon Mehdi résument l’enjeu de ce documentaire émouvant. Il s’agit de décrire l’intimité d’une relation où le maître forme l’élève dans l’espoir de se faire dépasser par lui ; la puissance d’un rapport fusionnel, quasi filial, entre deux hommes qui savent que leurs chemins finiront par se séparer.

Le mentor se nomme Paquito Leal, ex-« enfant prodige » de la tauromachie. Le disciple est Mehdi Savalli, un Arlésien de 20 ans, grand espoir de la corrida. Paquito a connu la galère, et fait tout pour que Mehdi puisse apprendre son métier sans souci du lendemain. Le film montre ses débuts en 1998, quand le minot du Barriol (la ZUP d’Arles, véritable pépinière de toreros) apprenait les rudiments des faenas face à des vachettes. Dix ans plus tard, le beau jeune homme affronte en pleine lumière des taureaux terrifiants, mais Paquito est toujours là dans l’ombre qui veille, gronde, encourage. Bernard George filme les aléas de cet apprentissage avec toute l’admiration de l’aficionado (La Passion selon Mehdi est son quatrième documentaire tauromachique). Comme Paquito autrefois, comme Mehdi aujourd’hui, ses images ont le duende. Autrement dit, la grâce.
Samuel Douhaire

ARTE DIMANCHE 27 AVRIL 2008 DE 22H55 À 0H15 (80')

Rediffusions :
Lundi 28 avril 2008 : TEMPO RÉUNION 01h49
Lundi 28 avril 2008 : TEMPO NOUVELLE-CALÉDONIE 20h00
Mardi 29 avril 2008 : ARTE 01h25
Mardi 29 avril 2008 : ARTE HD 01h25
Samedi 3 mai 2008 : ARTE 14h00
Samedi 3 mai 2008 : ARTE HD 14h00
Lundi 5 mai 2008 : TEMPO NOUVELLE-CALÉDONIE 20h00

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28 avril 2008

Un syndicat policier cherche à aider les mineurs en difficulté

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Créer des Maisons de l’enfance et de l’adolescence pour prendre en charge les mineurs en difficulté et leurs familles. La proposition émane du Syndicat… des commissaires de la police nationale (SCPN). Sous le titre «Prévention, agir sur tous les fronts», le SCPN y consacre une grande partie de son dernier numéro de La Tribune du commissaire avec, entre autres, un entretien avec un éducateur de rue, les regards croisés sur la banlieue de Karim, 20 ans, natif de Mantes-la-Jolie et de Sylvie Feucher, secrétaire général par intérim du SCPN. Cette initiative est d’autant plus remarquée que ce syndicat fut longtemps soupçonné de rouler pied au plancher pour Nicolas Sarkozy, qui n’a eu de cesse de répéter que «le premier outil de la prévention, c’est la sanction» quand il était à l’Intérieur. Selon le syndicat, les Maisons de l’enfance et de l’adolescence permettraient de regrouper en un seul lieu les services de l’Etat, avec des horaires d’ouverture les plus larges possibles afin d’aller vers des populations en détresse. Pour Sylvie Feucher, «seule une telle structure serait de nature à changer fondamentalement les rapports entre la société et cette population en difficulté».

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25 avril 2008

C.I.A, UN OEIL SUR LA BANLIEUE

Vous avez dit bizarre ? Quand les américains s'intéressent à nos cités HLM, c'est-à-dire aux futurs têtes pensantes de notre pays...Cela fait une bonne vingtaine d’années que les diplômés de la banlieue française tentent souvent l’expérience du travail aux Etats-Unis d’Amérique, au Canada ou encore en Angleterre. Plusieurs éléments peuvent expliquer ce désir d’aller ailleurs des cerveaux de la banlieue française. Dans bien des cas, ces diplômés issus de l’émigration, mais de nationalité française, se disent victimes d’une société qui, à un moment ou un autre, les voit d’un mauvais oeil. Ce regard, parfois arrogant et à la limite du racisme, n’existe pas aux Etats-Unis d’Amérique, selon ces diplômés. Les responsables politiques américains connaissent bien le malaise de cette intelligentsia française des banlieues. C’est ce que confirme un dossier paru dans le quotidien Le Parisien. Ainsi, l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique vient de recevoir à Paris des lycéens de la Seine-Saint-Denis et des collégiens de Villiers-le-Bel, une bourgade où il y a eu, il y a quelques mois, de graves émeutes. (Source : Journalchretien.net)


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Des groupes se sont formés pour les stages du festival Break in the city, autour de Lamine et Brice

A l'initiative du service jeunesse de la ville de Pessac, durant quatre jours à la salle Bellegrave, le festival Break in the city propose des après-midi de stages breakdance et danse debout.

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Deux groupes animés respectivement par Lamine et par Brice, danseurs professionnels de haut niveau.

« Le but est de donner les bases indispensables aux novices. Cependant, les différents groupes de 20 jeunes en comportent assez peu. La plupart d'entre eux ont déjà pratiqué et certains possèdent souvent de solides bases. Le travail des ateliers se décline en trois parties : le basique, la chorégraphie, les mouvements. Ces derniers sont laissés à l'initiative des danseurs majoritairement masculins, permettant ainsi à leur personnalité de s'exprimer pleinement », précise Lamine.

Quant à la danse debout animée par Brice, les danseurs sont en majorité des féminines. Cette discipline est sur le plan physique moins exigeante que la breakdance, mais les mouvements ne sont pas pour autant plus simples, nécessitant du rythme, des attitudes corporelles en phase avec un type de musique défini. Dans les deux cas, la breakdance et la danse debout sont associées pour répondre aux plaisirs qu'ont les jeunes à danser, comme leurs aînés des années 70, sur des rythmes et des musiques d'aujourd'hui.

Durant les vacances scolaires, plus d'une cinquantaine de jeunes par jour peuvent vibrer et danser en groupe avec des danseurs de renom dans une salle parfaitement adaptée à ce type de manifestation.Sud Ouest

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23 avril 2008

Amara enrôle les préfets pour l’emploi des jeunes

Plan banlieue. La secrétaire d’Etat à la Ville entend mettre en œuvre la promesse de créer 45 000 contrats.

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TONINO SERAFINI

  Tous les préfets étaient convoqués hier à la maison de la RATP à Paris. A la tribune Fadela Amara, la secrétaire d’Etat à la Ville, qui joue sa crédibilité sur son «plan espoir banlieues» et spécialement sur la question de l’emploi des jeunes. «Vous connaissez comme moi les chiffres du chômage dans les quartiers.» Puis elle insiste encore auprès des représentants de l’Etat, point de passage obligé pour la mise en œuvre des politiques publiques dans les territoires : «Comme moi, vous vous êtes arraché les cheveux en entendant tous ces jeunes de banlieue qui […] vous disent chercher du boulot, et dans le même temps, ces chefs d’entreprise vous dire qu’ils ont beau chercher, ils n’arrivent pas à recruter.»

Tout ça pour en arriver à une mesure clé du «plan espoir banlieues» annoncée le 8 février par Nicolas Sarkozy : la promesse de créer 45 000 contrats d’autonomie afin de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes des quartiers. Ces contrats ne sont «pas des emplois aidés», a rappelé hier la secrétaire d’Etat. Ils doivent mener à des «emplois durables» dans le secteur marchand.

«Pénurie». Mais hier, à la Maison de la RATP, c’est d’emploi dont il était question. Fadela Amara est préoccupée par le «risque d’un discours politique ravageur mettant en parallèle la pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs d’activité et le chômage massif dans les quartiers». Sans le dire explicitement, le cabinet de la secrétaire d’Etat considère que le service public de l’emploi fonctionne mal dans les 751 quartiers classés en ZUS (Zones urbaines sensibles) relevant de la politique de la ville. Le taux de chômage (20 %) y est plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale. Environ 450 000 personnes habitant les 717 ZUS de France métropolitaine (sur une population de 4,5 millions) sont inscrites à l’ANPE, selon le dernier rapport de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles. Mais dans son «plan espoir banlieues» le gouvernement a décidé de mettre l’accent sur les jeunes des ZUS, le taux de chômage atteignant 38 % dans leurs rangs. Pour parvenir à l’objectif de leur fournir 45 000 emplois, un appel d’offres européen a été publié au Journal officiel, fin mars. Peuvent répondre, jusqu’au 28 avril, les organismes spécialisés dans l’insertion professionnelle, qu’ils soient publics ou privés. Cet appel d’offres est subdivisé en 35 lots, correspondants aux 35 départements et aux 350 quartiers où la situation de l’emploi des jeunes est la plus dégradée. Les organismes de placement qui remporteront les lots toucheront une somme fixe, plus un intéressement en fonction de leurs résultats. Leur boulot consistera à «aller chercher les jeunes les coacher, les former, pour les mettre en entreprise», affirme un conseiller d’Amara. Les premiers contrats devraient être signés en juin. Le gouvernement se donne un délai de trois ans pour pourvoir les 45 000 emplois.

Ultrasons.Depuis le dévoilement des mesures en faveur des quartiers, on a peu entendu la secrétaire d’Etat à la Ville. Elle est sortie épisodiquement de sa réserve pour demander l’interdiction des «Beethoven», ces appareils à ultrasons audibles uniquement par les adolescents et destinés à les faire décamper d’endroits où ils sont jugés indésirables. Elle était aussi montée au créneau pour qualifier de «dégueulasse» la décision d’une chaîne de TV d’écarter d’un jeu un enfant au motif qu’il se prénomme Islam.

Samedi, Fadela Amara, a repris ses visites de terrain. A l’heure des arbitrages budgétaires et des coupes dans les effectifs de la fonction publique, elle a affirmé, lors d’un déplacement à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), qu’elle «se bat» avec le ministre de l’Education, Xavier Darcos, «pour qu’il y ait un minimum de suppression de postes sur les territoires prioritaires». Une façon d’admettre que ces quartiers défavorisés où l’intervention publique est déjà défaillante, ne sont pas épargnés par la rigueur. On coupe aussi dans ce secteur pourtant présenté comme un axe prioritaire de l’action de l’Etat dans les banlieues. Une «incohérence» qui n’a pas échappé à Aurélie Filippetti, la porte-parole du groupe PS à l’Assemblée, pointant les contradictions entre «la définition des zones prioritaires par Fadela Amara […] et les zones menacées par la suppressions des postes» y compris dans les quartiers de la politique de la ville.

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Le hip-hop s’affranchit

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Les Rencontres de la Villette accueillent jusqu’à dimanche la relève du genre.

Marie-Christine VERNAY

Rencontres de la Villette Parc de la Villette, 75019. Jusqu’au 27 avril. Rens. : 01 40 03 75 75 ou www.rencontresvillette.com

Le public a bien changé depuis les premières Rencontres de la Villette, il y a treize ans. Il a appris à regarder une chorégraphie, et plus seulement à être supporteur du groupe du quartier. Les danseurs et chorégraphes eux aussi ont changé. Même s’ils sont les héritiers directs de la génération des pionniers des années 80, laquelle a su transmettre les bases, ils se démarquent. Cette année, après un week-end de présentation, on est saisi par les propositions. De toute évidence, quelque chose s’est passé, physiquement, socialement, intellectuellement. Le hip-hop s’est assombri, poétisé. On quitte la franche camaraderie, la famille, le folklore ou l’exotisme de banlieue.

Panoplie. En aurait-on fini avec une danse sympathique et assez décorative pour plateau télé ? Possible. Même les «anciens» ont durci le ton, comme on a pu le constater avec Petites Histoires.com de Kader Attou, ou Deng Deng ! de Farid Berki. Ils n’ont plus grand-chose à faire avec la panoplie de mots, looks, attitudes que tant de programmateurs et autres acteurs culturels ou politiques ont essayé de leur plaquer. Il n’est plus question de sketches, d’anecdotes localières, de seules prouesses physiques et techniques. Le hip-hop se recentre sur la danse et bien sûr l’écriture. Cela donne des spectacles dépouillés avec scénographies. Exit le texte, la vidéo ; seule la danse porte son propre message.

Lao Bangfai Crew combine, sans forcer la rencontre, la danse traditionnelle lao et le hip-hop. Il y a du vide, de l’errance, du relâchement et une sorte de détachement bienvenu. Le trio d’X Press, chorégraphié par Abderzak Houmi, construit autour d’un cube, ouvre un espace de circulation entre féminin et masculin. Les lignes sont claires, lisibles et les danseuses ont une vraie partition qui ne se résume pas à quelques jolis mouvements supposés dire la grâce de la femme. Ouf !

Gestuelle. Ultimatum Step, avec Un par uns, emporte les danseurs dans un ensemble pour mieux interroger la dimension communautaire et la respiration personnelle. Quant au Collectif 6e Sens de Roubaix, il propose une pièce lunaire. Le vocabulaire hip-hop n’est pas évacué, il est amplifié, magnifié. Travaillé avec le regard extérieur de Carolyn Carlson, ce spectacle offre au hip-hop un autre cadre : un espace autre, un autre temps. La gestuelle étirée, de simples marches comme les moonwalks deviennent des traversées dans le temps. Le quatuor rend comme un dernier hommage à un monde qui se dérobe sous ses pieds et qui tente de les décerveler.

Hormis les maquillages et les costumes, qui n’avaient pas besoin de tant de paillettes, aucun dérapage ne vient perturber le spectacle parfaitement mené par les interprètes et tenu dans la qualité même du mouvement flottant, fluide. Les musiques retenues par les chorégraphes sont également moins pulsées, plus lyriques en quelque sorte, sans appartenir à un registre classique comme on l’a beaucoup entendu ces dernières années sur les plateaux. La danse y trouve une nouvelle respiration, une amplitude. Elle a besoin aujourd’hui d’un certain silence.

Solos. Un autre programme est annoncé pour cette fin de semaine et devrait confirmer la tendance d’un hip-hop qui a digéré son héritage pour en faire une affaire personnelle. On y verra, entre autres, TSN et Khady Fofana. Enfin, en partenariat avec le Tarmac, les Rencontres invitent trois solos. Le hip-hop a aussi investi cette forme spécifique à la danse moderne et contemporaine. L’occasion de voir donc en solo et non plus seulement en solistes trois remarquables danseurs : Bouba Landrille Tchouda, Yiphun Chiem et Karim Amghar.

En treize ans, le hip-hop a su se garder, tout en réformant son langage, au contact notamment d’autres danses. Rester collectif tout en misant sur les propos singuliers. C’est tant mieux pour le spectateur.Libération.fr

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22 avril 2008

Quartiers en devenir



Un film de Corinne Marie
A Rillieux-la-Pape, le projet de rénovation urbaine est en marche…

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