Quartier Sans Cible...Changeons l'image de la banlieue !

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vendredi 3 juillet 2009

Les quartiers défavorisés abritent pourtant une bonne part de la vitalité française.

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Promesses des banlieues
Par Jacques Attali,

Encore une fois, à l'approche de l'été, les quartiers dits « sensibles » des banlieues défavorisées vont redevenir d'actualité. Pour de mauvaises raisons. Nombre de signes laissent penser en effet que leurs habitants seront parmi les principales victimes de l'approfondissement de la crise. Car, à supposer même, hypothèse fragile, que la crise financière s'éloigne, le chômage va s'aggraver en France pendant au moins un an, sinon deux. En particulier celui des jeunes, et d'abord les jeunes des banlieues, les plus fragiles, les plus menacés, même s'ils sont de plus en plus diplômés. Par ailleurs, les difficultés de financement de l'Etat et des collectivités locales seront d'abord concentrées sur les communes ayant le moins d'entreprises sur leur territoire et le moins de recettes fiscales directes; donc sur les communes où se trouvent ces quartiers.

Malgré les efforts entrepris par les élus de tout bord, les administrations spécifiques et quelques ONG, tous formidablement dévoués et compétents, ces banlieusards se pensent déjà oubliés ; ils s'intéressent de moins en moins à la vie publique, dont ils n'attendent rien, et se sont abstenus plus que d'autres aux élections européennes.

Tout cela laisse craindre une montée de leur frustration, de leur exaspération. Et l'opinion y sera plus particulièrement sensible : les prises en otages de cadres dans les usines, ou les attaques de supermarchés par les agriculteurs ou les producteurs de lait choquent moins que quelques voitures brûlées dans des quartiers en déshérence.

Il serait temps de penser à parler autrement de cette partie de la France. De comprendre que s'y trouve une part significative de la vitalité française.

La vitalité économique d'abord, parce que toutes les expériences menées aujourd'hui, à trop petite échelle, démontrent qu'aider un jeune de banlieue à créer sa propre entreprise, en le conseillant pour qu'il définisse un projet, réalise une étude de marché, monte un plan de financement et obtienne un prêt bancaire, coûte environ 3000 euros, soit moins du tiers de ce que coûte le même jeune au chômage chaque année. Et avec cette somme, non seulement il ne dépend plus de l'aide sociale, mais il crée des richesses et des emplois pour d'autres.

La vitalité culturelle, ensuite, parce que toutes les études établissent qu'une part importante de la musique, de la littérature et de la peinture d'aujourd'hui (et pas seulement l'art des rues) trouve sa source dans les banlieues. Même l'essentiel des mots nouveaux, en France, en est issu. La vitalité éducative, aussi, parce que l'énergie que mettent ces jeunes à réussir leurs études est sans égale. Et qu'ils portent une créativité exceptionnelle en matière scientifique et technique.

La vitalité démographique enfin, qui seule permettra de financer les retraites et les déficits budgétaires: ce sont les jeunes des quartiers qui, après-demain, paieront, par leurs impôts et leurs cotisations, le maintien des services publics et les retraites de ceux qui ne veulent pas d'eux aujourd'hui.

Il serait temps de changer d'échelle. Non de lancer un énième plan banlieue -trop a été fait- mais de simplifier ce qui existe et de donner une priorité politique maximale à ces jeunes, à qui personne ne fait jusqu'ici assez confiance, et à ces quartiers, où l'on ne pense jamais à installer une université, un laboratoire de recherche, un service public.

Leur succès sera celui de tous.

j@attali.com

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A La Benauge, la cité veut pas craquer

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Le projet de renouvellement urbain de la cité HLM de la Benauge, à Bordeaux-Bastide, a été au coeur d'une discussion virile, hier soir, entre les habitants, la mairie et les bailleurs sociaux Coligny et Aquitanis. La cité qui a reçu deux membres du gouvernement en l'espace de six mois (1) est la grande oubliée du réveil de La Bastide. En 2007, un diagnostic réalisé par l'agence d'urbanisme de la Communauté urbaine avait ouvert tous les espoirs : la vieille cité, dont les premiers bâtiments (des HLM en vraie pierre !) ont plus de 60 ans, allait enfin bénéficier d'une profonde rénovation urbaine. Depuis, les 3 000 habitants de la cité de la Benauge voient circuler les rumeurs les plus diverses : destruction de telle tour, rénovation de telle barre, relogement forcé... De quoi alimenter autant de rêves que d'inquiétude.

Superposition de projets

La Benauge est un petit territoire à la croisée de grands enjeux. Ici se superposent les projets de l'opération d'intérêt national Euratlantique, l'arrivée du futur pont Bacalan-Bastide, le triplement du nombre de trains avec la LGV (qui passe sous les fenêtres de la cité), le déménagement du collège Jacques-Ellul et enfin la construction d'une possible ligne de tramway. Voilà pourquoi le renouveau du quartier, un peu vite envisagé après les visites du tandem Devedjian-Amara, ne prendra forme que dans plusieurs années.

C'est en substance ce que Muriel Parcelier, maire adjointe de La Bastide, a expliqué hier soir aux habitants convoqués en réunion publique. Cette dernière a également annoncé l'ouverture en septembre prochain de la concertation sur la rénovation urbaine du quartier. Enfin, Aquitanis (600 logements dans la cité) et Coligny (550 logements) ont tour à tour présenté deux projets de résidences neuves dont la construction devrait démarrer en 2010.

Patience

Bref, les habitants de la Benauge ont découvert que le télescopage des grands projets va leur demander de continuer à vivre dans une cité qui craque de partout encore de longues années. D'autant que, selon Muriel Parcelier, « la décision du Conseil général de déménager le collège Ellul, avenue Thiers, dans l'ancienne Mégapole des antiquaires, va libérer un gros espace au coeur de la cité, ce qui impose de rebattre les cartes. ».

Immeubles vétustes

Dans la salle, un homme a répété environ 10 fois « tout ça, c'est bien joli, mais nous, comment on fait pour vivre ici en attendant les travaux ? » Une femme a enfoncé le clou, à l'adresse de Coligny : « Votre projet de petites maisons écolos, c'est très bien, mais comment pouvez-vous nous présenter ça alors qu'on ne peut même pas avoir des ascenseurs qui marchent dans les immeubles actuels ? On nous montre de grands projets, mais quand j'écris à Coligny pour signaler quelque chose qui ne marche pas, personne ne répond jamais ! »

À la Benauge, plusieurs immeubles sont vétustes. La barre D (10 étages), notamment, est carrément pourrie : humidité sur les murs, réparations de fortune, électricité défaillante, ascenseurs régulièrement en panne... Sa destruction avait été annoncée, mais elle n'est plus certaine. Incompréhension dans la salle. Les habitants exigent des améliorations nettes dans les immeubles actuels, avant de penser aux logements de qualité qu'on leur fait miroiter depuis longtemps. Et pour encore quelques temps donc...

(1) Patrick Devedjian, ministre du plan de relance, était venu en décembre 2008, Fadela Amara, secrétaire d'État en charge de la politique de la ville, était ici le 8 juin dernier.

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jeudi 2 juillet 2009

Quartier Sans Cible "Regardons la cité autrement !"

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mercredi 1 juillet 2009

Pour l’égalité, des jeunes des cités sur les traces de leurs aînés

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Demain, une marche s’élancera de Marseille vers Paris, reprenant un combat initié il y a vingt-six ans.

C’est une marche pour renouer avec l’histoire et lever les malentendus. Une dizaine de jeunes gens s’élancent demain de Marseille pour sillonner la France pendant deux semaines et rejoindre Paris, afin de rendre hommage à la Marche pour l’égalité et contre le racisme, partie dans l’anonymat en octobre 1983 et reçue triomphalement un mois et demi plus tard à Paris. A l’époque, les médias l’avaient rebaptisée «Marche des beurs». Les marcheurs de l’époque ne s’en sont pas remis. Pour eux, c’était pire qu’un malentendu : un contresens. «Nous revendiquions l’égalité de traitement, surtout pas une identité spécifique», résume Farid L’Haoua, ancien porte-parole de la marche.

Héritage. Les nouveaux marcheurs, instruits de la confusion médiatique, ont adopté une affiche sur laquelle le mot «beur» est barré d’un trait rouge. Pour eux, c’est une Marche de l’égalité, un pèlerinage dans le sillon des glorieux aînés, pour leur rendre hommage et faire connaître dans les quartiers cette marche de 1983 que tout le monde ignore désormais.

L’idée est venue de cette ignorance. Fouad Chergui (34 ans), jeune réalisateur, a monté l’événement. Il travaillait depuis des années sur les questions de mémoire et d’identité dans son quartier de Villeurbanne, Olivier-de-Serre, entièrement rasé en 1984. Pour faire remonter la mémoire de cette cité disparue, il avait mis en place une valise dans laquelle les habitants pouvaient déposer des documents écrits ou visuels qu’ils prêtaient. Et un jour, une assistante sociale a laissé un album photos de la Marche pour l’égalité, décidée dans la banlieue lyonnaise en juin 1983 (lire page suivante). Fouad n’en avait jamais entendu parler et cela lui a semblé incroyable. Autour de lui, les jeunes ne connaissaient pas plus l’histoire.

Ils ont retrouvé d’anciens marcheurs qui leur ont transmis l’héritage, et il a imaginé filmer une nouvelle marche, comme un pèlerinage dans les traces de celle de 1983. Dix jeunes alterneront trajets à pied et en voiture pour rallier Paris le 13 juillet.

Une rencontre a été organisée, voilà dix jours, avec tous les acteurs à l’origine de la marche de 1983. Certains ne s’étaient pas revus depuis vingt-six ans. L’émotion était forte dans la salle de quartier, visible dans les regards et les silences plus que dans les mots, très sobres. Toumi Djaïdja, habitant des Minguettes dont la blessure par balle policière en 1983 avait lancé la marche, est venu, alors qu’il fuit la lumière depuis vingt-cinq ans. L’occasion de mesurer le chemin parcouru d’une marche à l’autre. «Quand on a lancé la marche en 1983, beaucoup de jeunes étaient morts pour avoir fait éclater un pétard de trop ou pour s’être approché trop près d’une bagnole, explique Fatima Mehallel (47 ans). Il y avait alors beaucoup de racisme.» Sif Guerdi, ancien marcheur qui vit toujours à Vénissieux, ajoute : «On n’avait pas d’avenir, pas d’égalité du tout à l’époque.» A présent grand-père, il assure que ses enfants se heurtent «aux mêmes problématiques aujourd’hui». Dans la salle, tout le monde admet cependant que les choses ont évolué. Djamel Atallah, ancien marcheur, explique à ses successeurs que «nommer une fille d’immigrés maghrébins ministre de la Justice» aurait été juste inimaginable à l’époque. «On peut penser ce qu’on veut de son action politique, dit-il, mais par rapport à 1983, c’est plus qu’une vraie révolution, croyez-moi.» Paternel, il glisse quelques conseils aux jeunes marcheurs : «Prenez de la pommade parce que 30 kilomètres par jour, ça fait mal aux pieds ! Mais ça vaut le coup. Des injustices, il y en a encore beaucoup.» Mohamed Amini, guitariste en 1983 du groupe Carte de séjour, ajoute : «Des générations se sont battues pour que vous viviez mieux aujourd’hui. Alors il faut vous battre à votre tour, car le chemin est encore long.»

Les marcheurs seront six filles et quatre garçons. En 1983, les filles étaient plus rares, et devaient se battre pour gagner leur place. «Il fallait faire son trou, les filles n’étaient pas accueillies les bras ouverts», raconte Fatima. Elle a animé des ateliers à Villeurbanne pour préparer les futurs marcheurs, transmettre l’histoire, les mettre en garde. «On leur a expliqué les récupérations, le problème du débouché politique, résume-t-elle. Je ne pense pas qu’ils se feront avoir. Ils m’inspirent confiance. Ils sont intéressés, motivés, sincères.»

Dépit. Quelles sont leurs motivations en 2009 ? «C’est surtout un hommage qu’on veut rendre», répond l’une des jeunes filles. Puis comme un ancien marcheur insiste pour connaître leurs revendications, un garçon ajoute qu’il en a «marre de devoir encore prouver» qu’il est «français comme Pierre et Paul», et Rafika, étudiante en sciences politiques, ajoute : «Moi je veux aussi comprendre pourquoi on n’avait jamais entendu parler de cette marche de 1983. Que font les historiens ? Que font les journalistes ? Pourquoi on ne nous en parle pas à l’école ?» Larbi, l’un des anciens marcheurs, répond : «A l’époque, on a traversé la France profonde, on a été accueillis partout. Puis, après notre arrivée à Paris, on a été enterrés. On a posé une chape de plomb sur notre mouvement.» Fatima ajoute qu’ils se sont sentis dépossédés, puis spoliés l’année suivante, avec la création de SOS Racisme dans la foulée de leur marche.

Pour le pasteur Jean Costil, proche à l’époque des jeunes marcheurs, l’issue de ce mouvement de 1983 reste un mystère. «Pourquoi, alors qu’il avait suscité la création de centaines d’associations en France, n’a-t-il pas produit un vrai jus, politique ou autre ?» Les anciens marcheurs sont d’accord mais n’ont pas la réponse. Certains se sont battus pendant vingt-cinq ans avec le dépit de cette longue marche inachevée. Pour Christian Delorme, alors baptisé «curé des Minguettes», et qui avait fait en 1981 une grève de la fin avec le pasteur Costil contre les expulsions de jeunes issus de l’immigration, c’est peut-être une question de temps. «La Marche des Noirs aux Etats-Unis, en 1963, n’avait pas eu d’influence tout de suite, rappelle-t-il. Le discours de Martin Luther King était passé inaperçu. En France, je pense que la Marche pour l’égalité sera un jour reconnue pour ce qu’elle était.» C’est aussi l’intention des marcheurs de 2009. Par OLIVIER BERTRAND

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Les petites manipulations du secrétariat d’État à la Ville

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Pour améliorer le mauvais bilan des contrats d’autonomie pour l’emploi des jeunes, les services de Fadela Amara ont détourné le travail de missions locales au bénéfice d’un opérateur privé.

Jusqu’où les services de Fadela Amara sont-ils prêts à aller pour sauver les apparences et présenter un bilan honorable du plan Espoir banlieues ? Et, plus particulièrement, de l’une de ses mesures phares : les contrats d’autonomie. Ces contrats d’accompagnement dans l’emploi pour les jeunes des quartiers populaires, qu’un appel d’offres gouvernemental a offert à des opérateurs privés, devaient aboutir dans les trois ans (à partir de mai 2008) à l’embauche de 45 000 jeunes dans 35 départements. Un an après le lancement de cette « démarche volontariste », les résultats sont si loin du cap fixé par le secrétariat d’État chargé de la Politique de la ville que ce dernier n’a pas hésité à se livrer à une incroyable manipulation.

Dans les missions locales de la boucle nord des Hauts-de-Seine (Asnières, Clichy-la-Garenne, Colombes, Gennevilliers, Villeneuve-la-Garenne), les professionnels qui se battent pour trouver des emplois aux jeunes des quartiers populaires n’en reviennent toujours pas. Ils ont été victimes du détournement par le secrétariat à la Ville d’un travail commencé il y a plusieurs années avec la RATP au bénéfice de l’opérateur privé qui, dans ce territoire, gère les contrats d’autonomie : C3 Consultants.

Depuis 2002, un partenariat lie la régie des transports parisiens et les missions de la boucle nord pour recruter des conducteurs de bus. Non pour favoriser les jeunes de ce secteur - il n’y a aucune dérogation - mais pour les accompagner efficacement dans un processus qui dure de trois à six mois et qui passe par quatre étapes incontournables : un test de culture générale, des tests psychotechniques, une visite médicale et, enfin, un entretien avec le responsable d’une ligne de bus. Échouer à une des étapes condamne le candidat à ne pas représenter son dossier avant un délai d’un an. Cela étant, plus de 60 personnes ont ainsi intégré la RATP. Résultat appréciable mais insuffisant selon les professionnels. En raison de deux écueils : le laps de temps trop long entre le dépôt du dossier (déjà bien douloureux à monter) et le dernier entretien, qui provoque beaucoup « d’évaporation » de candidats ; et le test de culture générale sur lequel butent trop de novices. Grâce au Fonds d’insertion professionnelle des jeunes, les missions mettent donc en place une préparation spécifique - français, maths, connaissance de l’entreprise… - pour que le premier obstacle ne soit plus rédhibitoire. Quant à la durée du processus, une réflexion avec la RATP est engagée.

Le 4 juin, Fadela Amara visite le dépôt de bus Charlebourg à La Garenne-Colombes. La RATP a, pour l’occasion, invité quelques représentants des missions locales pour qu’ils présentent leur travail commun de recrutement de jeunes. L’exposé est si convaincant que le directeur de cabinet de la secrétaire d’État demande une note de synthèse qui lui est adressée le jour même. Le 10 juin, les missions locales de la boucle nord des Hauts-de-Seine reçoivent un mail de C3 Consultants, qui leur rappelle étrangement quelque chose. La missive commence par : « Dans le cadre de sa stratégie de recrutement, la RATP souhaite recruter 60 machinistes en contrat de professionnalisation », se poursuit par : « L’objectif de cette opération est d’accélérer et de simplifier les procédures de recrutement. En effet, à l’issue de l’information collective (prévue les 23 et 25 juin - NDLR), si la candidature est présélectionnée (sic), il sera remis le jour même une convocation pour les tests qui se tiendront le 9 juillet au siège de la RATP », et se conclut par un appel de C3 Consultants aux missions pour qu’elles lui adressent des candidatures potentielles, vu les délais très courts.

Dans les missions locales, on s’étrangle ! Le détournement est évident. La note de synthèse a effectivement retenu toute l’attention du secrétariat d’État. On ne s’attendait pas à ce qu’elle soit ainsi recyclée. Quinze jours entre le dépôt de dossier du candidat et le premier test : les professionnels des missions, depuis des années, en rêvaient. Mieux, ils oeuvraient pour sa réalisation. Mais ils n’en profiteront pas : les services de Fadela Amara ont choisi C3 Consultants pour mettre en place cette procédure accélérée. Le bénéfice espéré de ce tour de passe-passe vaut bien un coup de canif au service public de l’emploi.

Dany Stive

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Toutes les difficultés rencontrées par Fadela Amara pour faire apparaître son plan Espoir banlieues comme une réussite

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« Une politique à court terme »

Zine Boukriche, élu municipal à Gennevilliers, est le président de la mission locale.

Qu’évoque pour vous le détournement opéré par le secrétariat d’État à la Ville ?

Zine Boukriche. Il marque évidemment toutes les difficultés rencontrées par Fadela Amara pour faire apparaître son plan Espoir banlieues comme une réussite. Pour gonfler les chiffres des contrats d’autonomie, ses services n’hésitent pas à mettre en danger le service public de l’emploi, à savoir les missions locales. Le travail de plusieurs années est en cause. C’est d’autant plus scandaleux que l’opérateur privé est, selon son contrat, censé aller chercher « au pied des immeubles » les jeunes qui sont loin de l’emploi et non profiter du travail accompli par les missions. Dans le cadre de son obligation de résultat, cet opérateur engrange 7 500 euros pour chaque jeune placé en formation qualifiante ou dans un emploi à l’issue de son contrat. Des moyens énormes qui n’ont rien à voir avec ceux dont bénéficient les missions locales. De plus, que l’État mette ce service public dans l’obligation de fournir des listes de jeunes à cet opérateur relève de l’injonction paradoxale, de la perversité idéologique, de l’aberration économique. Pour toutes ces raisons, on ne peut que s’interroger sur l’utilisation des finances publiques sur ce dossier.

Comment les jeunes réagissent-ils face à cette situation ?

Zine Boukriche. Chaque jeune recruté par l’opérateur privé reçoit 300 euros par mois pendant six mois. Rien du côté des missions locales. Certains jeunes - encouragés par les opérateurs privés ? - clament que les missions sont nulles. De toute façon, ils regardent aujourd’hui ces deux entités comme concurrentes. La réalité est complexe. Dans la boucle nord des Hauts-de-Seine, 80 % des contrats d’autonomie ont été signés à Asnières. Ce n’est pas le fruit du hasard : C3 Consultants y a embauché d’anciens conseillers de la mission locale.

Cette concurrence est-elle de bon augure ?

Zine Boukriche. Non. En agissant ainsi, l’État s’enferme dans une politique à court terme, il joue avec le feu. L’éthique du service public n’est pas la même que celle d’une entreprise privée. Quand les opérateurs ne seront plus là, les problématiques de la ville et des territoires, elles, seront toujours présentes. On peut craindre un retour difficile pour certains jeunes dans les structures publiques. Il y a des équilibres territoriaux sur lesquels il vaut mieux ne pas agir à la légère. La situation peut se révéler facilement explosive.

Entretien réalisé par D. S.

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lundi 29 juin 2009

Saïd, signataire du Contrat d'Autonomie avec Ingeus



Ingeus est une société spécialisée dans l’insertion professionnelle des publics éloignés de l’emploi. Présente en France depuis 2004, Ingeus propose aux acteurs du Service Public de l’Emploi et aux collectivités territoriales concernées ses méthodes innovantes et éprouvées d’aide au retour à l’emploi. Son approche est fondée sur un accompagnement personnalisé et intensif, dans le respect et l’écoute des bénéficiaires.
L’objectif de l’accompagnement Ingeus est d’aider chacun à tirer le meilleur parti de ses ressources propres, afin de l’amener à identifier des objectifs réalistes et réalisables. Le travail d’accompagnement de chaque personne repose sur le principe du « c’est faisable » et sur la participation active du « chercheur d’emploi ».  Les personnes sont impliquées et responsabilisées positivement, afin d’acquérir l’autonomie et la confiance nécessaires pour conduire, aux côtés de leur conseiller, leurs démarches de recherche d’emploi.

http://www.pasdequartierpourlechomage.fr/

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samedi 27 juin 2009

Patrick Doutreligne, Ségrégation et crise des banlieues

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DÉLÉGUÉ GÉNÉRAL DE LA FONDATION ABBÉ-PIERRE.

On n’habite Clichy-Montfermeil, Vénissieux, Grigny-la-Grande- Borne ni par hasard ni toujours par choix. Ces quartiers, comme bien d’autres zones urbaines sensibles (ZUS), ont fini par incarner à eux seuls toute « la banlieue » et son malaise.

Plus qu’une réalité purement géographique, ces ZUS sont bien souvent les seuls territoires pouvant accueillir ceux qui ne trouvent pas à se loger dans les autres secteurs des agglomérations : les mal-logés qui cherchent là de meilleures conditions de vie ou tous ceux qui sont orientés par les intervenants sociaux dans le cadre de leur travail quotidien ou de dispositifs ad hoc (FSL, PDALPD, DALO…) car ce parc apparaît le seul qui soit disponible et à leur portée. Dans un contexte de pénurie de logements accessibles et de forte hausse des prix de l’immobilier et des loyers, les possibilités d’obtenir un logement apparaissent de plus en plus limitées pour les ménages modestes, qui se dirigent, contraints, vers des segments particuliers du parc de logements et surtout vers des quartiers dépréciés.

Les ménages modestes sont ainsi les derniers à pouvoir choisir leur lieu de résidence. De fait, le parc social des ZUS connaît depuis plusieurs années une paupérisation croissante (en 2005 le revenu annuel moyen des ménages était de 11 407 euros en ZUS contre 20 170 euros dans l’ensemble des unités urbaines comprenant une ZUS), et ceci malgré les efforts des organismes d’HLM et de certains élus pour maintenir une certaine forme de mixité sociale.

Si l’existence de quartiers de relégation et d’exclusion s’explique en partie par la situation du marché immobilier et la montée des précarités, les mécanismes de ségrégation sont également renforcés par les stratégies d’évitement que les populations « mobiles » manifestent vis-à-vis des territoires stigmatisés. La concentration des ménages les plus modestes dans les quartiers relégués n’est donc pas tant le résultat d’une forme de rassemblement spontané ou organisé de personnes fragilisées, mais plutôt le résultat « collatéral » de la stratégie de ceux qui peuvent choisir.

C’est ainsi que l’espace se trouve marqué socialement et que les disparités territoriales reflètent les clivages sociaux qui traversent la société française. Les ménages défavorisés se voient ainsi imposer de vivre dans un « entre-soi » subi avec tous ceux qui sont exclus des autres territoires où ils ne peuvent obtenir un logement et sont confrontés à l’impossibilité d’envisager une quelconque mobilité résidentielle liée à un changement de situation.

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Quand Vaulx-en-Velin se penche sur la ville

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Urbanisme . L’Association internationale de développement urbain a planché sur l’urbanisme de cette ville. Objectif : « Tracer une nouvelle utopie pour Vaulx », selon le maire, Bernard Genin.

La coopération entre l’Association internationale de développement urbain et la ville de Vaulx-en-Velin dure depuis vingt ans. Les rencontres entre les experts de l’association, les habitants, les élus sont le résultat d’une démarche originale initiée par Maurice Charrier, aujourd’hui maire honoraire de Vaulx, qui s’interrogeait alors sur l’urbanisme de sa ville, ouvrière, déformée par l’installation des ZUP et un deuxième centre uniquement consacré au commerce et à des bâtiments institutionnels. Aujourd’hui, Maurice Charrier préconise de « nouvelles gouvernances tournées vers l’économie solidaire » et Bernard Genin, le nouveau maire, valorise « l’invitation au rêve, qui permet de tracer une nouvelle utopie pour Vaulx, ville populaire et qui le restera ». Travaux pratiques avec Michel Sudarskis, secrétaire général de l’INTA.

Quel est le rôle de l’Association internationale de développement urbain ?

Michel Sudarskis. L’association regroupe des praticiens de l’urbain, du secteur public et du secteur privé, les représentants des pouvoirs publics (1), des collectivités territoriales et des entreprises publiques et privées (en France, la RATP ou GDF-Suez). Il y a vingt ans, la conjoncture était assez exceptionnelle, on se lançait dans de grandes opérations d’urbanisme. Pour coordonner les idées des opérateurs publics et des promoteurs privés, l’idée est venue de faire appel à nous. Notre travail a consisté à dire ce qu’étaient les conditions de fonctionnement d’un centre-ville, à attirer l’attention des élus sur les déséquilibres sociaux très graves existants. Il fallait une autre politique, d’inclusion, de cohérence. Les événements ont conforté nos analyses…

Après vingt ans de rencontres de terrain, à Vaulx-en-Velin, et une semaine de travaux, tout récemment, quelles sont vos conclusions sur cette ville ?

Michel Sudarskis. Pendant cette dernière semaine de travail, très intense, nous avons pu auditionner soixante-dix acteurs de la ville, issus de tous les milieux, de toutes les professions. Mais nous ne voulons pas apporter des solutions toutes faites. Nous sommes là, nous polémiquons, nous parvenons entre nous à une vision consensuelle des points forts et des points faibles de la ville et nous tentons de faire partager cette vision. Par exemple, il conviendrait sans doute de développer les liaisons entre le quartier est de Villeurbanne et le quartier ouest de Vaulx-en-Velin. En vingt ans, nous avons vu ce qu’était une banlieue stigmatisée, reléguée, devenir une ville totale. Ici, nous proposons donc de compléter le centre-ville, de lui donner de l’épaisseur, d’attirer des activités ciblées qualifiantes, sur l’économie de la connaissance. Il s’agit de faire de Vaulx-en-Velin une ville créative, dans la transmission de la connaissance, poursuivre dans l’esprit du planétarium, du centre culturel. En un mot, il faut donner un coeur à cette ville et le faire battre.

(1) Comme le ministère

de l’Équipement en France,

du Logementen Belgique… Quinze pays sont membres de l’INTA.

Entretien réalisé par Émilie Rive

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vendredi 26 juin 2009

UNIVERS CITES

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Périphéries Productions, Jean Paul LASCAR,
CEMIC/Université Bordeaux 3,  Alain BOULDOIRES,
l'association PLAN - LARGE, Sylvain MAVEL
&
La ville de Floirac,
Mme Conchita LACUEY,

vous invitent à la projection-débat du film

d'Ana Milena Pabón.
Film documentaire de 52 min, 2009
Prix Spécial du Jury au Festival du Film de Chercheurs de Nancy 2009

Vendredi 3 juillet 2009 à 18 h

M. 270, Maison des savoirs partagés
Avenue Pierre Curie 33270 FLOIRAC

Projection-débat en présence de :

Alain BOULDOIRES  Responsable du programme de recherche Identités & Médias
Ana Milena PABÓN  Réalisatrice
Nayra VACAFLOR  Doctorante, allocataire de recherhe
Vincent BENGOLD  Photographe
Seok-Kyeong HONG-MERCIER  Maître de conférence, Université Bordeaux 3

À l'issue de la projection, venez retrouver tous les participants
autour d'un verre.

La projection est accompagnée d'une exposition
des portraits réalisés par Vincent Bengold dans le cadre de la recherche.
À la M270 du 26 juin au 11 juillet

SYNOPSIS
Nayra, doctorante en sciences jeunes des cités". Sa mission : rentrer en contact avec ces jeunes et les convaincre de participer à sa recherche.

Univers Cités est un film qui multiplie les rencontres. A mesure que progresse la jeune chercheuse, se construisent des portraits qui révèlent une grande diversité d'histoires et de cheminements. Le parcours de Nayra devient peu à peu celui du spectateur, progressivement saisi par l'authenticité des témoignages recueillis. Sous les regards conjugués des chercheurs et de la caméra, se compose un Univers des Cités, souvent très éloigné des stéréotypes habituellement attachés à "nos quartiers".
Le film a reçu le soutien de : ACSE  /  Aquitaine Valo / Conseil Général de la Gironde / Université de Bordeaux3 CEMIC

Visitez le blog du film
http://univers-cites-lefilm.blogspot.com/

Voir la bande-annonce

Projections à venir à Talence, Pau et Agen.

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mercredi 24 juin 2009

Créajeunes, le dispositif d'accompagnement à la création d'entreprise pour les jeunes de 18 à 30 ans, lance son premier blog.

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CRÉAJEUNES
Tu as entre 18 et 30 ans et envie de créer ta boîte ?
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Ecole : des vœux d’«excellence» une mesure du plan banlieue destinée à assurer l’égalité des chances

20217

Sarkozy souhaite lutter contre l’échec et relancer l’apprentissage. Par VÉRONIQUE SOULÉ

«Je souhaite que l’on propose une solution à tous les adolescents qui sortent du système scolaire à 16 ans sans rien»

Nicolas Sarkozy a encore réitéré sa volonté d’en finir avec les 130 000 «décrocheurs» qui quittent chaque année l’école sans diplôme. «On ne fait pas d’économies» en laissant cette situation perdurer. Il n’a toutefois pas précisé ses «solutions». Martin Hirsch, Haut commissaire à la Jeunesse, devrait lui fournir des pistes dans les jours prochains.

Le Président a ensuite évoqué les «internats d’excellence» qui vont être créés pour les «enfants de milieux modestes», une mesure du plan banlieue destinée à assurer l’égalité des chances à des élèves qui ont de mauvaises conditions de travail chez eux. Mais cela concerne des lycéens qui ont un assez bon niveau. Et non les «exclus du système scolaire». De plus, la mesure est pour l’instant assez limitée. Ces internats sont en réalité des places réservées au sein d’établissements existants. Seule l’académie de Créteil, la plus concernée, ouvrira à la rentrée un internat pour 150 élèves défavorisés dans une ancienne caserne militaire.

Pour le reste, Sarkozy a repris ses dadas : il faut réformer le lycée, et l’apprentissage - qu’il veut à tout prix étendre -, la filière professionnelle, la technologique, la littéraire, trop dévalorisée par rapport à la scientifique, etc. Tout cela en poursuivant les réductions de postes dans le cadre du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux.

Sur l’université, il a aussi formulé quelques vœux : il faut poursuivre sur la voie de l’autonomie, de la création de campus et «investir dans le logement étudiant». De «bonnes dépenses», a-t-il souligné en se gardant de promettre de nouveaux moyens.

Posté par quartiersc à 17:50 - Solutions/Propositions/Réflexions - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le tableau (noir) de l’inégalité des chances

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LE FIL IDEES- Force est de constater que, dans notre système scolaire, le fossé entre les élèves se creuse de plus en plus en fonction de leur milieu d'origine. L'école de Jules Ferry a-t-elle vécu ? Enquête entre les murs.

Quand on y pense, il n'a pas tort, Jamel Debbouze : « Un Arabe à la tête du musée du Louvre, ça fait rêver... mais quelle utopie ! » Il a lâché ça un soir de mai où l'on fêtait le mariage de la culture et de la diversité, sur la scène du Théâtre du Rond-Point, à Paris. Tout ce que la République compte d'huiles politiques – Jacques Chirac, Xavier Darcos, Rachida Dati, Michel Barnier, Fadela Amara – faisait brochette au premier rang. Jamel a rajouté le vinaigre. Parce que la France – et d'abord ses élus – a beau répéter depuis trente ans que la lutte contre les inégalités devant le savoir et la culture est une priorité, elle échoue, réforme après réforme, à combler l'écart entre une « élite » majoritairement issue des classes aisées et des élèves en difficulté venant des familles les plus démunies. Le verdict est sans appel : « Le poids de l'origine sociale des élèves sur leurs performances est près de deux fois plus fort en France qu'en Islande, en Finlande ou en Corée du Sud, expliquent les sociologues Christian Baudelot et Roger Establet dans L'Elitisme républicain. Les enfants d'origine populaire sont davantage pénalisés à l'école en France que dans d'autres pays. »

Sait-on que les fils et filles de cadres supérieurs ont 2,9 fois plus de chances que les enfants d'ouvriers d'avoir le bac et huit fois plus d'obtenir un bac S ? Qu'ils sont quatre fois plus représentés à l'Ecole nationale d'administration (ENA) qu'ils ne le sont dans la population active – et les enfants d'ouvriers huit fois moins ? Que 84 % des élèves des sections pour jeunes en difficulté au collège sont issus des catégories sociales défavorisées ? Oui, on sait tout cela : il y a quarante-cinq ans, Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron soulignaient déjà, dans Les Héritiers, le rôle primordial de l'origine sociale dans la réussite des étudiants. Quatre décennies plus tard, l'école républicaine n'a toujours pas mis fin à la ségrégation sociale. Un fiasco que Carole Diamant, professeur de philosophie au lycée Auguste-Blanqui de Saint-Ouen et pionnière des fameuses conventions que Sciences-Po a passées avec les lycées des Zones d'éducation prioritaire (ZEP), a du mal à digérer : « C'était une belle idée, l'école républicaine égalitaire de Jules Ferry... mais une idée faite pour la société qui l'a vue naître, à la fin du XIXe siècle. La société a changé, l'école n'a pas suivi. Aujourd'hui, elle fait encore semblant de croire à l'égalité des enfants, mais je n'y crois plus. Car elle produit la pire des attitudes discriminatoires : la discrimination des enfants à 5 ans, à 7 ans ! » C'est vrai : les écarts de niveau scolaire suivant l'origine sociale sont déjà importants à l'entrée au CE2.

Vite, des coupables ! Et d'abord les profs, fermés aux réformes ; et les parents, qui contournent habilement les contraintes de la carte scolaire ; et puis les ministres, de gauche comme de droite, incapables de trouver la clef ; et bien entendu les familles d'immigrés, pas fichues de parler français à la maison. N'oublions pas les programmes, in­adaptés à notre société, ni ladite société, qui fait passer les forts en thème pour de méchants losers dans les cours de récré. Tous coupables ? « La situation est trop grave pour qu'on puisse dire simplement : "C'est la faute du ministre" ou de qui que ce soit d'autre, répond Christian Baudelot. Le premier responsable, c'est d'abord un état d'esprit : cette certitude bien française qu'on a toujours raison contre tous, qui nous conduit à refuser le jeu des comparaisons internationales parce que celles-ci nous sont défavorables et nous empêche de changer de cap. » Rigide, la France. Première en rhétorique mais passable en travaux pratiques. Ça se voit sur son bulletin : « Les résultats [...] ne sont pas brillants, poursuit Baudelot. Non seulement la France compte un taux très élevé de jeunes en échec, mais elle ne parvient pas à fournir des élites assez étoffées pour répondre aux besoins de la nouvelle donne économique. En somme, elle n'est ni juste ni efficace. »

Les universités françaises n'accueillent
aujourd'hui que 11 % d'enfants d'ouvriers
contre 30 % de cadres supérieurs.

Le jugement est dur. La sécheresse des statistiques ne rend évidemment pas compte des moyens humains et financiers engagés depuis trente ans pour réduire les inégalités dans les zones sensibles. Des moyens encore renforcés ces dernières années, soutient l'entourage de Xavier Darcos – avec « plus de 1 million d'euros donnés aux ZEP en sus des montants standards reçus par tous les établis­sements du secondaire ». Ce qui se traduit par « des classes avec moins d'élèves et des enseignants mieux payés, bref des mesures qui visent à rééquilibrer les chances des élèves issus de milieux défavorisés ». D'autant que se greffe « la volonté d'attaquer le mal par la racine – les petites classes – en offrant aux écoliers en difficulté deux heures hebdomadaires de remise à niveau ». Fort bien. Mais combien pèsent ces mesures, auxquelles s'ajoutent d'ailleurs d'autres réformes intéressantes, comme l'enseignement de l'histoire des arts dès le primaire ? Les inégalités, en effet, pèsent un âne mort. Simple question : les universités françaises n'accueillent aujourd'hui que 11 % d'enfants d'ouvriers contre 30 % de cadres supérieurs : peut-on réduire l'écart ? De combien, et en combien de temps ? On ramasse les copies dans trois heures.

L'école a, bien sûr, des circonstances atténuantes : « C'est injuste de balancer en vrac cet échec, en le comparant au prétendu "âge d'or" d'une école qui intégrait tout le monde, déclare Nathalie Broux, professeure de français au lycée Jacques-Feyder d'Epinay-sur-Seine. Quand on compare, il faut le faire "toutes choses égales par ailleurs". Or, il a bien changé, en cinquante ans, le fils de paysan transformé en cadre par son instituteur. Il y a eu la décolonisation, l'immigration, le rétrécissement comme peau de chagrin de l'agriculture et de l'industrie, et la volonté d'amener 80 % d'une classe d'âge au bac. On est dans un autre monde... » Sans doute. Mais « toutes choses égales par ailleurs », affirment Baudelot et Establet, d'autres pays font mieux que la France. La Finlande, par exemple, ou la Corée du Sud. Des pays qui ont fondé leur enseignement sur une philosophie et des méthodes qu'on ne peut sans doute pas importer en bloc, mais dont on pourrait mieux s'inspirer. En Finlande, les élèves sont moins nombreux dans les classes et ne sont pas jugés les uns par rapport aux autres mais toujours par rapport à eux-mêmes. Et quand un écolier décroche, il est pris en main individuellement, remis en selle sans attendre. Le système scolaire français, lui, repose sur l'idée qu'il faut sélectionner les élites le plus tôt possible, en notant, en classant, en faisant redoubler. Le redoublement ? « Il amplifie les inégalités sans améliorer les résultats », tranchent les auteurs de L'Elitisme républicain. Et l'évaluation précoce enfonce les écoliers en difficulté. La France rattrape-t-elle au moins, par une élite brillante et nombreuse, le volume inquiétant de l'échec scolaire ? « Hélas, trois fois hélas ! Il n'en est rien », regrettent Baudelot et Establet. La faute à « une société où l'on continue de croire que les intérêts de l'élite ne sont pas ceux de la masse, alors que, partout ailleurs, tout porte à penser que l'élite est bonne, novatrice et abondante si la masse est bien formée, et l'échec, le plus rare possible ».

« Pourquoi voudriez-vous qu'un personnel politique issu du sérail, distingué par le système de sélection et de classement qui prédomine ici, ait le courage de remettre en cause ce système qui l'a fait roi ? demande Nathalie Broux. Les ministres, les inspecteurs généraux se sont battus pour sortir du lot grâce aux concours, ils ne voient pas ce qui cloche fondamentalement avec la machine. Du coup, l'école, qui fabrique de la conformité sociale et intellectuelle (même si elle ne fait pas que cela !), n'a jamais repensé son propre code, ses compétences, son mode de recrutement. J'ai signé pour quarante-deux ans sans qu'on me demande pourquoi j'avais envie d'être prof ou comment je voyais les ados. Vous connaissez d'autres métiers où ça arrive ? » Peu de professeurs semblent croire au grand soir ou à l'homme providentiel pour en finir avec les inégalités. Au fil des réformes apparaît l'image d'« un navire sans capitaine qui menace sans cesse de couler, faute de gouvernail, lâche Carole Diamant, avant d'ajouter : Dans ce presque naufrage, on trouve pourtant des centaines d'individus qui refusent de sombrer. Chacun à leur manière, ils donnent des petits coups de rame qui permettent d'éviter l'iceberg. Et c'est bien comme cela que le "système" sera transformé : de l'intérieur, à petits coups de rames, et non de l'extérieur, par une "révolution". Les bonnes volontés ne manquent pas. »

“La France n'est pas la Suède, qui s'est fixé
l'égalité des chances pour principe
il y a trente ans et n'en a plus bougé.”

Les barreurs non plus, qui cherchent de nouvelles voies pour sortir les plus fragiles de la galère scolaire. Façon Richard Descoings, directeur de Sciences-Po, qui fut un des premiers à croire qu'on pouvait marier justice et efficacité. Ou à la manière d'une école de commerce comme l'Essec, avec ses programmes de tutorat « Pourquoi pas moi ? », et de dizaines d'autres écoles aujourd'hui, qui donnent un coup de pouce aux enfants issus de quartiers sensibles. Partout, ça bouge. Mais ces programmes bénéficient surtout aux meilleurs élèves et n'empêchent pas cent cinquante mille adolescents d'être éjectés chaque année du bateau sans diplôme ni qualification... et souvent sans comprendre ce qu'il leur arrive : « A l'école, soit tu es apte, soit on te marginalise, juge David, étudiant à l'Ecole de la deuxième chance, à Paris. Moi, j'étais un peu trop dans mon monde pour me plier aux rythmes et aux méthodes de travail imposés au collège, et je me suis vite senti dériver. A la fin de la troisième, on m'a proposé de rejoindre un lycée technique, ce qui n'avait jamais été mon désir. Jamais on ne m'a proposé de méthodes adaptées à ma façon d'être et d'apprendre. » Jusqu'à ce qu'il entre à l'Ecole de la deuxième chance (E2C). Une fondation créée en 1997 par Edith Cresson, alors commissaire européenne chargée de la science, qui aide près de cinq mille jeunes à s'intégrer professionnellement et socialement. Avec une approche radicalement différente : « Puisqu'on recueille les "ratés du système", c'est-à-dire ceux que l'institution scolaire a exclus avec ses méthodes propres, autant explorer d'autres façons de faire », explique Olivier Jospin, directeur de l'E2C de Paris. Ici, on pratique le parcours individualisé en maths, français et informatique. Et l'on est attentif à la singularité de chacun, « parce que tous les élèves ont une histoire compliquée, raconte Jospin. En entrant ici, ils nous disent : "Ne faites pas comme les autres, ne me discriminez pas. Comprenez le milieu d'où je viens - l'absence de bibliothèque dans l'appartement de mes parents ou même de bureau où je puisse travailler" ».

Bibliothèque ? Bureau ? Visites de musée le week-end ? Il y a quarante ans, Bourdieu et Passeron ont donné un nom à tout cela : le capital culturel. Un capital « qui dote très tôt l'enfant de prédispositions à l'apprentissage scolaire », rappelle Christian Baudelot, et qui se révèle plus important encore que les revenus du foyer dans la réussite à l'école. D'une famille à l'autre, le fossé est cruel. Et l'école ne parvient pas à le combler : « C'est peut-être même là que s'exerce la plus grande violence symbolique, regrette Nathalie Broux. Pour nos élèves, la "culture" est souvent synonyme de coutumes ou de folklore, et celle dont nous parlons – et comme l'entend Télérama – est un "truc trop bizarre", comme ils disent, bourgeois et parisien. Ils n'osent pas se l'approprier. Mon défi est justement qu'ils la considèrent comme la leur. Et pour cela ils doivent être initiés, comme je l'ai moi-même été. » Nathalie Broux dispose, dans cette délicate entreprise, du soutien de la Fondation Culture et diversité, qui dresse des ponts entre les collégiens de ZEP (cent dix établissements concernés, tous choisis par l'Education nationale) et les métiers de la culture, grâce à des partenariats avec la Femis, l'Ecole du Louvre, les écoles supérieures d'art... Il faut d'abord informer. « Pour mille raisons - à commencer par l'autocensure -, la plupart des élèves ne connaissent même pas l'existence des écoles ouvrant aux professions culturelles, explique Eléonore de Lacharrière, chargée de mission à la fondation. On vient donc leur expliquer ce qu'on y fait, comment se passe le concours et quels sont leurs débouchés professionnels. » Viennent ensuite les stages « égalité des chances », six jours pris sur les vacances scolaires, qui permettent aux ados de se familiariser avec les codes de cet univers et de multiplier ainsi leurs chances d'y accéder.

Comme Fimalac, la société de notation boursière d'où émane Culture et diversité, plusieurs entreprises ont décidé d'investir dans la (ou les) cité(s). Un engagement pas forcément désintéressé, puisque ces dons font l'objet d'une défiscalisation. Qui fleure bon le paternalisme chrétien et la mauvaise conscience d'une société plus dure que jamais, jugent certains ; et qui sont bien la preuve que l'Etat se décharge de ses devoirs - y compris scolaires - sur le privé, soulignent d'autres. Pourtant, des conventions ZEP aux Ecoles de la deuxième chance, du Paris de la diversité aux ateliers Culture et diversité, et des coups de rame des profs de ZEP aux coups de gueule de Jamel Debbouze, une chaîne se dessine. Une rumeur face au scandale des inégalités. Des actions individuelles ou collectives, fatiguées des vains refrains sur l'Ecole de la République entonnés par chaque nouvelle majorité. Le consensus enfin sur la question scolaire ? « La France n'est pas la Suède, qui s'est fixé l'égalité des chances pour principe il y a trente ans et n'en a plus bougé », explique Nathalie Mons, experte auprès de la Commission européenne sur les méthodes d'analyse internationale des politiques éducatives. Mais ces rameurs souquent ferme. Et pourraient bien, à force de lutter contre des courants injustes, sortir l'école du pot au noir.Olivier Pascal-Moussellard Télérama n° 3102

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jeudi 18 juin 2009

Assemblée Générale SPORTS URBAINS

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SPORTS URBAINS
L’assemblée générale constitutive est fixée au mercredi 24 juin 2009 à 14h30,
salle du Sénéchal, 17 rue de Rémusat à Toulouse. Pour participer, vous devez
impérative déposer à la poste votre dossier  le samedi 20 juin au plus tard.
Après ce délai, il est possible de faxer le dossier d’affiliation + le
formulaire d’affiliation + récépissé préfecture de l’association (pour les
associations). Le numéro à utilisé est le 0825 672 872 ou par mail :
contact@sportsurbains.fr

Calendrier :
-  Jeudi 18 juin 2009 : arrivée du traceur marocain Yassine EL HAIMOUR pour un
séjour « échange sportif » de 90 jours.
- Samedi 27 juin 2009 : démonstration de Parkour et d’Echasses Urbaines avec
Yassine et l’association SKYPPY  à Toulouse, Festival TOUCOULEUR
-  3 & 4 juillet 2009 : démonstration de Parkour et d’Echasses Urbaines avec
Yassine et l’association SKYPPY  à Toulouse, journée « SI T SPORT DE RUE »

Télécharger l'invitation Invit_Presse_sports_urbains_yamakasi

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La cité Grand Parc cherche l'ouverture

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Coupée des quartiers voisins, la cité cherche comment s'ouvrir sur l'extérieur

Si le conseil de quartier du Grand Parc a été marqué, mardi soir, par les altercations entre Alain Juppé et la députée Michèle Delaunay (lire « Sud Ouest » d'hier), d'autres sujets plus concrets ont été abordés. À commencer par cette fameuse étude - toujours en cours - de l'agence d'urbanisme de la CUB, dont Michèle Delaunay prétend qu'elle n'est ni plus ni moins que la reprise de celle réalisée en 1999. La version 2009 a été longuement présentée aux habitants mardi. Elle s'intéresse à l'avenir d'un quartier qui, lancé en 1959 et achevé un peu moins de dix ans plus tard, fait aujourd'hui une sorte de crise de la quarantaine.

Que dit l'étude ? Que le Grand Parc a vieilli et surtout que, à la fin des années 1950, la question de ses relations avec les quartiers limitrophes n'avait pas été abordée. Résultat : la cité du Grand Parc a des airs de forteresse peu avenante de l'extérieur, malgré un très grand nombre d'équipements publics ou de commerces. Vu depuis le boulevard Godard, l'ensemble semble très dense, avec ses immenses barres.

En fait, sa densité est identique à celle d'un quartier d'échoppes, car le Grand Parc est plein d'espaces vides. Il recèle notamment un parc de 10 ha, plus vaste que le Jardin public, et méconnu. Par ailleurs, la voirie est surdimensionnée, témoignage de l'ère de la voiture reine. Tout comme les pieds d'immeubles, entièrement dévolus au stationnement. « Tout cela crée une image dévalorisée », a estimé le rapporteur de l'étude. Bref, comme on dit vulgairement, « il y a du boulot »...

«Comme avant »

Partant de ce diagnostic, l'agence d'urbanisme propose trois pistes : réintégrer le quartier dans la ville en l'ouvrant, valoriser le parc public, redonner une place au piéton. Jugé introverti et peu attractif, le Grand Parc cherche donc l'ouverture. C'est à ce niveau qu'un certain nombre de contradictions ont percé lors du conseil de quartier. Si l'étude urbaine recommande d'ouvrir le quartier sur l'extérieur, plusieurs habitants le trouvent assez accueillant, et même trop perméable. Il s'agit de ceux qui dénoncent avec vigueur l'invasion des voitures venues se garer au Grand Parc pour prendre le tram. La ligne C a désenclavé le flanc Nord-Est de la cité, mais il a aussi transformé les rues en parking. Au Grand Parc, on veut bien avoir une meilleure image, mais on veut aussi continuer à se garer « comme avant », c'est- à-dire en bas de chez soi. Et ça, il n'est pas dit que cela soit toujours possible.

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mercredi 17 juin 2009

"Lascars" : halls d'immeuble et "jeunes de banlieue" font leur entrée en dessin animé

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Drôle, en phase avec son époque, porté par une formidable bande-son rap, Lascars est une excellente surprise dans le paysage de l'animation française, et même, plus généralement, de la comédie. Prolongeant une série diffusée depuis 2001 sur Canal+, le film suit le quotidien d'une petite nébuleuse de jeunes de la cité francilienne et non moins fictive de Condé-sur-Ginette pendant les vacances d'été.

A mi-chemin entre une bande dessinée de la revue Fluide glacial et un néoréalisme revisité à la sauce banlieue, il frappe d'abord par l'originalité de son graphisme, qui fait évoluer des personnages souples et toniques comme des danseurs de hip-hop dans des décors crayonnés, mais extrêmement précis et réalistes, qui rendent compte de manière quasi documentaire de l'urbanisme des cités de la périphérie.

Les ressorts comiques procèdent du même alliage entre l'enquête de terrain qui sent le vécu et la comédie outrée, et inscrivent le film, un peu comme Les Beaux Gosses, de Riad Sattouf, dans une tradition américaine de la comédie que la France gagnerait à imiter plus souvent.

Portés par les voix d'acteurs issus de la banlieue pour la plupart et joyeusement investis dans leur rôle (Vincent Cassel, Diam's, Omar et Fred...), les dialogues, nerveux et inventifs, claquent avec la force de la vérité. Une fois n'est pas coutume, sans doute encouragés par le succès de la série à la télévision, les financiers ont semble-t-il laissé carte blanche à leurs auteurs, en acceptant que le film ne soit pas strictement calibré pour un public familial.

L'histoire est celle de deux zozos condamnés à passer l'été dans les halls d'immeuble de la cité après s'être fait rouler par une agence de voyages bidon. A partir de là, plusieurs trames s'entrecroisent : l'histoire de Tony Merguez qui s'improvise dealer de shit pour récupérer l'argent qu'il a perdu dans cette arnaque, celle de José, qui se fait engager par le cruel juge Santiépi pour construire un sauna dans son manoir, et celle de leurs deux potes Sammy et Narbé, planqués pour l'été dans un centre de loisirs aquatiques, qui se retrouvent embringués dans un tournage de film porno.

Il y a des filles aussi, comme Manuella, dernière-née d'une famille de flics, érotomane sadomasochiste et experte en sports de combat, qui jette son dévolu sur le pauvre Tony Merguez. Et Clémence Santiépi, la fille du juge, dont les charmes et l'assurance bourgeoise révèlent, chez José, des ambitions insoupçonnées de réussite sociale.

Ces microtrajectoires sont ici prétexte à mettre en scène des personnages truculents, à faire vriller leurs inventions langagières, à multiplier les gags autour de situations dans lesquelles les conduisent leurs tentatives de drague et leurs magouilles minables.

"J'CRACHE PLUS PAR TERRE"

Sans jamais verser dans la mièvrerie, sans jamais renoncer à un humour mordant, tout cela n'en reste pas moins bon enfant jusqu'au générique de fin, où les deux personnages principaux clament leur désir tout frais d'intégration sociale dans un rap désopilant : "J'crache plus par terre, j'traite plus les mères, j'traverse que quand le p'tit bonhomme est vert !"

Des dialogues aux décors, des acteurs à la musique (supervisée par Lucien Papalu, elle comprend un morceau original des rappeurs américains De La Soul), chaque élément du film est une réussite, et l'ensemble fonctionne au poil.

Ce pur divertissement, de surcroît intelligent, permet d'oublier pendant une heure et demie la crise et les licenciements

Film d'animation français d'Albert Pereira Lazaro et Emmanuel Klotz avec les voix de VincentCassel, Diane Kruger, Diam's. (1 h 37.)

Isabelle Regnier (Le Monde)

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RELAIS JEUNESSE

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Découvrez  ci-dessous le N°1 de "RELAIS JEUNESSE"

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Le Fonds d'expérimentations pour la jeunesse a pour ambition de créer et de financer des politiques innovantes pour la jeunesse. Une première vague d'appels à projets se déroule actuellement jusqu'au 15 juin 2009.

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mardi 16 juin 2009

"Eduquer la ville... VIVRE LA VILLE AUTREMENT!"

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dimanche 14 juin 2009

ENA et discriminations

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Par Mehdi Thomas Allal, doctorant à l’université de Paris-IV.

La récente décision de l’École nationale d’administration d’ouvrir une classe intégrée réservée aux personnes issues des milieux populaires a tout l’air d’une bonne réforme pour enfin entamer le monopole des élites dans l’accès aux grandes écoles. Contrairement à la signature de conventions d’éducation prioritaire par Sciences-Po avec des lycées de banlieue (2001), elle n’a guère suscité de commentaires critiques d’ampleur : aucun responsable politique ne s’est offusqué de l’introduction d’une dose de « discrimination positive » au sein de l’un des symboles de la France républicaine ; certains se sont même félicités de l’avènement du « critère des inégalités socio-économiques » pour sélectionner des étudiants, en lieu et place de hasardeux facteurs tels que la race, l’origine ethnique ou la confession religieuse - légitimement prohibées par l’article premier de la Constitution de la Ve République.

Pourtant, cette décision se présente comme une réforme en trompe-l’oeil. Plusieurs observateurs, lecteurs assidus des écrits de Pierre Bourdieu sur la « reproduction des élites », se sont émus de l’insuffisance d’une telle décision pour changer la donne : ils se sont aperçus que la création de cette classe intégrée s’accompagnait de mesures visant à développer les modes de recrutement issus du secteur privé…

Il n’est pas contredit ici que les mesures d’ « action préférentielle » - une expression qui semble mieux correspondre à l’esprit de cette politique publique que celle de « discrimination positive » - ont fait l’objet de controverses les unes toujours plus fratricides que les autres. Ce que nous nommons la « bataille des critères », entre la couleur de la peau, le genre, l’origine géographique, l’opinion politique ou syndicale, a de fait sévi sur de nombreux campus anglo-saxons et français, au sein même des juridictions nationales, parmi les différents courants de pensée de la « nouvelle gauche ». Cette « bataille des critères » a même été désignée par certains comme responsable de la défaite du camp progressiste face à la montée du néolibéralisme durant la première moitié des années 1980. En France, la rhétorique républicaine a refusé de s’habituer à la « dictature des minorités », au « politiquement correct », à la « pensée unique », à « l’idéologie multiculturelle ».

Comment peut-on rétablir une forme d’unité au sein de la gauche, en vue notamment de réconcilier les minorités issues de l’immigration avec différents partis accusés d’avoir sacrifié toute une génération de « Blacks, Blancs, Beurs »… ? La potion miracle existe-t-elle ? Faut-il se contenter, s’agissant précisément de l’ENA, de renforcer les autres voies d’accès que sont le concours interne et la « troisième voie » (introduite par Anicet Le Pors, un des ministres communistes du premier gouvernement de François Mitterrand), qui permet à des personnes ayant exercé des responsabilités associatives, militantes, syndicales, de postuler ? Faut-il compliquer encore un peu plus les techniques de sélection des étudiants et risquer de créer des réflexes identitaires parmi la jeunesse de notre pays ?

Il nous semble que la révolution des grandes écoles, et en particulier de l’ENA, n’est pas pour demain. Plutôt que de rêver au « grand soir » de l’enseignement supérieur, les principaux intéressés ont plutôt intérêt à mieux comprendre le caractère byzantin des méthodes de préparation et de formation existant déjà à l’heure actuelle, et à mieux défendre leurs intérêts. Il s’agit également de proposer un choix assez clair et compréhensible, mais suffisamment ambitieux, pour les citoyens en général, en faveur d’une politique d’action préférentielle, menée essentiellement au niveau local, dont les outils et les effets importent davantage que les objectifs.

En d’autres termes, comme pour nombre d’autres politiques publiques, les critères ou le choix de cibles prioritaires importent moins que la qualité des outils à disposition des décideurs et mis en oeuvre sur le terrain. En particulier, les collectivités territoriales sont un remarquable champ d’intervention pour encourager la promotion des publics défavorisés. L’intégration sociale pourrait même susciter une certaine émulation, notamment parmi les conseils généraux, plutôt que de chercher, au contraire, trop souvent, à pratiquer une forme de dumping social vis-à-vis, par exemple, des bénéficiaires de minima sociaux. Beaucoup trop de temps a été perdu à tenter de réconcilier le modèle national français avec les revendications postcoloniales : un nouveau modèle social est à portée de main, saisissons-le !

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mercredi 10 juin 2009

Entreprendre en banlieue


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