mardi 18 janvier 2011
Conférence "Banlieues et médias : un rendez-vous manqué ?" Avec Audrey Pulvar, journaliste à France Inter et I-télé (Mercredi 19
Mercredi 19 janvier 2011, 20h30 : « Banlieues et médias : un rendez-vous manqué ? »
Avec Audrey Pulvar, journaliste à France Inter et I-télé
Les médias occupent une position centrale dans l’espace public et le traitement qu’ils font des banlieues est souvent l’objet de controverses. On les accuse de concourir à véhiculer des clichés négatifs sur les banlieues, le dernier exemple étant la polémique autour du reportage télévisé « la cité du mâle ». Aujourd’hui, leur image s’est dégradée auprès des populations des quartiers sensibles. Le traitement médiatique de ces espaces, à travers les violences de rues, participe, comme ce fut le cas durant les émeutes de 2005, à une émulation négative entre quartiers.
Les journalistes, de presse écrite et de télévision, s’intéressent pourtant à la réalité sociale. La création du Bondy blog, ou l’implantation d’une antenne de l’ESJ (Ecole Supérieure de Journalisme) à Bondy témoignent de cet intérêt.
Aussi, dans ce contexte, la télévision a-t-elle une responsabilité particulière ? Quel est le pouvoir des images et des slogans chocs quand il s’agit de décrire la réalité sociale de quartiers ? Le travail d’un journaliste en banlieue diffère-t-il de celui sur d‘autres terrains ? La fracture entre les banlieues et les médias est-elle définitive ou peut-elle être résorbée ?
Audrey Pulvar, journaliste à France Inter et I-télé, répondra à ces questions durant la conférence inaugurale du nouveau cycle de conférences organisé par Terra Nova et la ville de Bondy.
Entrée libre
Accès :
Bondy Esplanade Claude-Fuzier, 93140 Bondy
RER E2 Bondy
T1 Pont de Bondy
Pour plus d’informations:
Alice Bonnet, chargée des Evènements et Partenariats, 01 58 36 15 21, alice.bonnet@tnova.fr
William Elland-Goldsmith, chargé des relations presse et politique, 01 58 36 15 22, william.elland-goldsmith@tnova.fr
lundi 17 janvier 2011
Samira Djouadi met les lascars à la Une
Transmission. Déléguée générale de la Fondation TF1, elle offre un tremplin à des jeunes de quartiers difficiles.
Des fondations d’entreprise, il y en a de toutes sortes. Celle que TF1 a créée il y a trois ans affiche un but unique : offrir un tremplin professionnel à des jeunes des quartiers sensibles. Plus particulièrement vers les métiers de l’audiovisuel dont on rêve, dans les cités comme ailleurs, sans oser - ni, le plus souvent, pouvoir - y prétendre.
La Fondation TF1 offre, chaque année, un contrat de professionnalisation à une petite dizaine de jeunes recrutés sur dossier : une formation rémunérée, en alternance, au sein de la première télé de France. Avec une embauche à la clé dans la grande maison si affinités. «Les autres sont souvent cooptés dans des boîtes de prod», souligne Samira Djouadi, déléguée générale de la fondation. L’idée d’engager la Une dans le combat pour la diversité et l’égalité des chances, c’est elle. Elle connaît bien les cités : elle en vient. Samira Djouadi est née à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) dans une famille nombreuse d’origine marocaine. Elle a grandi «à la limite de Saint-Denis, La Courneuve, pas loin des Francs-Moisins.» «J’ai connu les grandes bagarres, explique-t-elle, mais ça faisait partie du paysage et cet environnement développait une solidarité. Aujourd’hui, chacun est refermé sur soi.»
«Diversité». A 40 ans, un beau visage aux pommettes hautes qui en affiche dix de moins, des bouclettes domptées à la diable (pas le temps aujourd’hui), un côté très nature, très ouvert et une énergie palpable, elle a déboulé à TF1 à peu près telle quelle, il y a quatre ans. Sans aucune intention de s’y installer. Elle est alors à la recherche de soutiens pour l’association Sport ta vie qu’elle avait fondée en lâchant tout le reste, dans le but, déjà, d’aider les jeunes des cités à s’en sortir, «à travers tous les métiers liés au sport». A la recherche de sponsors, «de vrais partenaires, pas seulement des logos», elle fait alors appel à toute sa niaque et ses réflexes d’ancienne sportive : elle a commencé à courir à 13 ans au club sportif d’Aubervilliers, fait son lycée en sport-études (en athlétisme, courant le 800 mètres), enseigné pendant douze ans à La Courneuve.
Manifestement très convaincante, TF1 lui propose d’entrer à la régie publicitaire. Elle accepte, s’entend «comme larrons en foire» avec la directrice de la pub d’alors, Claude Cohen. «On a réfléchi ensemble à ce que pouvait être une aide intelligente à la diversité», qui tienne compte à la fois des besoins des jeunes et de la personnalité de l’entreprise. Une nécessité si on veut que les salariés s’impliquent dans la fondation.
Samira Djouadi a commencé par enrôler les stars, qu’elle entraîne dans les lycées des ZEP de France : Harry Roselmack (le premier à avoir répondu présent), Claire Chazal, Laurence Ferrari, Jean-Pierre Pernaut et même Nonce Paolini, le président de la chaîne - qui est aussi celui de la fondation. Des stars bien utiles, car il ne suffit pas d’accueillir des jeunes. Il faut aussi, c’est le paradoxe, aller dans les banlieues, convaincre de ses bonnes intentions ceux que les dérapages sécuritaires de certains reportages ont fâché avec «la chaîne vendue à Sarko». La tâche est parfois sportive. Samira Djouadi s’en acquitte sans complexe. «Je revendique l’esprit maison. Ici, si tu viens avec des projets, on t’écoute.» Elle croit à l’effort qui paie, à la vertu du coup de pouce. «Pas de misérabilisme, il n’y a rien de pire, dit-elle. Nous choisissons nos candidats sur l’énergie qu’ils sont prêts à mettre.»
«Paillettes». Au-delà des stars, 60 collaborateurs du groupe se sont engagés à parrainer chacun un élève pendant ses années de lycée. «Pour l’accompagner dans son orientation future, lui ouvrir un réseau relationnel et l’aider à choisir les bonnes études. C’est là que tout se joue.» L’entreprise leur offre quatre demi-journées pour accompagner les démarches de leur filleul. Soixante personnes sur les 4 000 employés du groupe, c’est encore peu. «On va faire un deuxième appel, dit Samira Djouadi. Nous travaillons en profondeur. Je n’aime pas les paillettes.» On confirme. Son bureau a beau être perché aux étages nobles de la tour de Boulogne, il est modeste. Elle y vient en train tous les matins de cette autre banlieue du Val-d’Oise où elle habite avec ses trois enfants et son mari, prof de gestion et d’économie au lycée Jacques-Brel de La Courneuve. «Faire changer les choses, dit-elle. C’est ce qui m’importe avant tout.» ANNICK LACROIX
jeudi 13 janvier 2011
Edouard Zambeaux donne la parole aux habitants des cités
A la périphérie des villes il y a les quartiers, les banlieues. Ces lieux de fantasmes mais aussi de symboles au sein desquels naissent beaucoup des débats qui agitent la société française : de la polémique sur le port du voile à l’école qui a relancé le débat sur la laïcité, en passant par les enjeux de discrimination à l’embauche, d’accès à l’emploi, d’échec scolaire… les banlieues fournissent souvent la matière première à des débats.
« Périphéries » donne la parole à ceux qui y vivent, sans faire de commentaires, pour qu’ils se racontent, livrent leur quotidien, leurs états d’âme et leurs espoirs.
Et comme on peut être à la périphérie de l’emploi, de l’école, de la connaissance… « Périphéries » s’écrit au pluriel et s’intéresse à toutes les formes de périphéries, pour voir comment chaque centre, chaque norme, fabrique sa propre marge.
Edouard Zambeaux
Journaliste presse depuis 1992, Edouard collabore à de nombreux titres de presse magazine et intègre RFI en 2001. Il y produit le magazine hebdomadaire «Territoires de jeunesse» (2001-2006), puis l’émission « Microscopie » (depuis 2006). Auteur de «En prison avec des ados. Enquête dans les quartiers de mineurs des prisons françaises» (Denoël, 2001), Edouard scrute depuis des années les périphéries de la société française. Il tente par ses émissions à RFI et France Inter (depuis 2005) et ses livres de renouer le lien avec ces territoires devenus parfois étrangers.
aux micros, aux manettes…
- Producteur / Productrice : Edouard Zambeaux
- Attaché(e)(s) de production : Valérie Priolet
Le dimanche sur FRANCE INTER à 13H20
lundi 10 janvier 2011
La préfecture surveille les affiches de la Maison de quartier de Bagatelle à Toulouse
SOCIÉTÉ. Il serait donc «irresponsable» de répéter en janvier ce qu'il a été permis de dire en novembre! C'est en tout cas la conclusion étonnée de la Maison de quartier de Bagatelle à Toulouse après la visite impromptue d'un délégué de la préfecture de Haute-Garonne pour la politique de la ville.
«Ce n'était pas pour prendre des nouvelles de (notre) association (...)» que ce délégué s'est rendu vendredi 8 janvier au 11, impasse Bachaga Boualam. Mais «pour se plaindre», indiquent les animateurs de cette Maison de quartier.
Ces affreux animateurs auraient eu le tort de publier une affiche pour la présentation du livre de Hacène Belmessous, Opération Banlieue, reproduisant un extrait dudit livre.
Ce texte dénonçant l'actuelle politique de la ville comme «la préparation d'une guerre totale aux cités» n'est peut-être pas ce qu'il peut y avoir de plus doux aux oreilles du représentant de l'État à Toulouse. Il a pourtant déjà été largement diffusé pendant le festival Origines Contrôlées à la Bourse du Travail en novembre sans que quiconque ne bronche.
C'est la publicité, par cette affiche, faite à une rencontre avec l'auteur le 14 janvier à la librairie la Tartinerie à Toulouse qui ne passe pas. Pour le coup, le délégué du sous-préfet à la Ville aurait qualifié d'«irresponsables» les membres de la Maison de quartier. LibéToulouse a sollicité le point de vue de ce dernier et attend sa réponse.
Le texte incriminé est illustré par la photo d'un gendarme en faction et l'annonce de la projection d'un document vidéo sur les émeutes de 2005 avant débat. Le feu couve-t-il soudain au point que la préfecture craindrait que toute information soit perçue comme de l'huile qui y serait jetée?
«Entre 1977 et 2003, la politique de la ville visait à «réinjecter du droit commun» dans les quartiers d'habitat social. Mais depuis, derrière les grands discours, une autre politique se déploie discrètement: la préparation d'une guerre totale aux cités, transformées en véritables ghettos ethniques, chaudrons sociaux dont le «traitement» ne relèverait plus que de l'éradication ou de la force armée...» Libération.fr
vendredi 7 janvier 2011
Entretien avec Noël MAMERE
Nous avons rencontré Noël MAMERE (jeudi 6 janvier 2011), Maire de Bègles, Député de la Gironde et membre du parti Europe Ecologie/les vert. Noël MAMERE à le mérite de ne pas avoir la langue de bois et donne sa vision de la banlieue d'aujourd'hui et de demain. Il pense que l'Education est une priorité et il souhaite que cesse les coupes sombres dans les budgets des associations qui oeuvrent dans les quartiers. Pour lui, il faut aussi régler notre histoire avec la décolonisation car tant que cela ne se fera pas il y aura toujours des gens qui se sentiront étrangers... écouter la suite ci-dessous
Quartier Sans Cible Vidéo quartiersanscible sélectionnée dans TV/Séries
mercredi 5 janvier 2011
Emploi: le lieu de résidence, écueil de plus pour les jeunes de banlieue
La discrimination par le lieu de résidence, qui frappe des jeunes de banlieue en quête d'emploi, est un phénomène reconnu par des associations et des élus, mais absent du code pénal, difficile à quantifier et à prouver en justice.
"De nombreux jeunes d'origine africaine ou maghrébine ont un emploi, ce n'est plus le problème comme il y a 15 ou 20 ans, soutient-il. Mais le territoire, lui, est stigmatisé, il est un frein à l'emploi", affirme à l'AFP Kader Chibane, responsable d'une équipe d'éducateurs à l'association Imaj à Villiers-le-Bel (Val d'Oise), théâtre d'émeutes en 2007.
Pour lui, "le territoire a pris une dimension supérieure à l'origine ethnique dans les discriminations".
"Certains jeunes cachent leur véritable adresse pour mettre celle de leur oncle ou de leur cousin, confirme Estelle Barthélémy, directrice du développement à Mozaïk Rh, cabinet de recrutement spécialisé dans la diversité. Il y a un cumul des facteurs discriminants : mauvaise adresse, origine +ethnique+, manque de réseau, etc."
"C'est difficile à quantifier, remarque Hassan Ben M'Barek, porte-parole du Collectif banlieues respect. Dans des bassins d'emplois locaux fermés, les employeurs peuvent craindre qu'il y ait des litiges avec les jeunes, et que des représailles s'en suivent."
Plusieurs rapports accréditent l'hypothèse. En 2008, le Conseil économique et social relevait que "les discriminations en fonction de l'adresse d'un candidat sont une réalité". En août, le Centre d'études de l'emploi notait "un effet spécifique et important du lieu de résidence sur l'accès à l'emploi", notamment pour les femmes.
Selon un sondage CSA de novembre pour la ville de la Courneuve (Seine-Saint-Denis), 58% des Français estiment que la discrimination par le lieu de résidence est répandue. Toutefois, ce phénomène attend une reconnaissance légale.
En juillet, Eric Besson, alors ministre de l'Immigration, a déclaré vouloir "étudier l?introduction du lieu de résidence dans les critères de discrimination définis dans la loi du 16 novembre 2001", lors de la remise d'un rapport sur "la promotion de la diversité dans les entreprises".
Un amendement au projet de loi sur l'immigration avait été évoqué, mais ne devait pas être déposé par le gouvernement lors du débat à l'Assemblée nationale en septembre. Celui du groupe socialiste devait même être rejeté.
Sollicités sur ce point, les ministères de l'Intérieur et de la Ville n'ont pas répondu.
"Le gouvernement a sans doute reculé parce qu'il s'est rendu compte des conséquences : cela pourrait entraîner de nombreux contentieux, puisque les citoyens pourraient demander réparation à l'Etat", explique à l'AFP François Asensi, député et maire divers gauche de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis).
Ayant déposé en novembre une proposition de loi visant à ce que soit reconnue ce qu'il appelle "la mère de toutes les discriminations", il concède que c'est "sur des cas individuels, il est extrêmement difficile d'apporter la preuve qu'une personne a été discriminée" sur son lieu de résidence.
Saisie en mai 2009 d'une plainte de La Courneuve pour discrimination territoriale à l'encontre de la ville et des habitants, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) organise depuis l'été plusieurs groupes de travail sur le sujet.
"Après chaque réunion de travail, ce dossier paraît plus complexe", explique à l'AFP Jean-Luc Rageul, délégué régional Ile-de-France de la Halde. "La mesure des discriminations est une chose, apporter des éléments de preuve en est une autre."
NouvelOBs.com
mardi 4 janvier 2011
La Courneuve entre en campagne
« Il faut créer les conditions de mobiliser les quartiers populaires qui ont perdu confiance. Et sortir de l’engrenage des promesses non tenues. » Candidat soutenu par le PCF, membre du Front de gauche sur la circonscription de La Courneuve pour les cantonales de mars, Gilles Poux place l’abstentionnisme comme l’un des dangers principaux. Aux dernières régionales, l’abstention a ainsi dépassé les 60 % dans cette commune populaire qu’il dirige depuis 1996. L’absence de participation semble faire figure de nouvelle expression d’une classe en rupture avec la politique. « Il faut travailler à plus forte raison à la construction d’une alternative. Les politiques du conseil général (de coupes dans les dépenses sociales – NDLR) sont liées aux politiques nationales. Quand ça ferme les robinets en haut, les collectivités paient. » Au moment où les ségrégations liées à l’éducation sont mises au jour, le candidat affiche également l’ambition de ne pas outrepasser 750 élèves par collège.
jeudi 30 décembre 2010
En Seine-Saint-Denis, les entreprises affluent mais le chômage augmente
BNP-Paribas, Hermès, SFR et peut-être Veolia: la Seine-Saint-Denis attire de plus en plus d'entreprises qui arrivent avec leurs milliers de salariés; toutefois le chômage, déjà élevé dans le département, continue de croître.
Depuis un an, 3.200 salariés de BNP-Paribas travaillent aux Moulins de Pantin, à quelques dizaines de mètres de Paris, en Seine-Saint-Denis. Beaucoup étaient auparavant dans le centre de la capitale et ont franchi le périphérique en traînant des pieds, mais se montrent finalement plutôt satisfaits.
Imane, une jeune salariée, qui préfère ne pas donner son nom, explique que les locaux sont "mieux qu'à Paris", avec des bureaux spacieux, lumineux, une salle de sport et une médiathèque. Mais elle se plaint de "l'environnement, trop froid" et de "la galère pour trouver des restaurants".
Tout près, Hermès, qui compte déjà 1.050 salariés à Pantin, va quasiment doubler sa surface pour regrouper la sellerie, le prêt-à-porter, la parfumerie et l'horlogerie.
La liste des entreprises qui s'installent en Seine-Saint-Denis est longue. Le mouvement a débuté avec l'assureur Generali, venu en 2003 à Saint-Denis. En 2013, SFR va regrouper dans cette ville ses 8.500 salariés, ce qui devrait en faire le premier employeur privé du département.
Les entreprises se multiplient autour du Stade de France, entre Paris et l'aéroport de Roissy, sur l'autoroute A1. Et d'autres zones du département commencent à profiter du mouvement. Le siège social de Lavazza a ainsi récemment été inauguré à Noisy-le-Grand.
Les négociations se poursuivent autour d'une possible arrivée de Veolia et ses quelque 4.000 salariés.
"C'est le jackpot gagnant" pour la Seine-Saint-Denis, se réjouit Gilbert Roger, 1er vice-président du conseil général PS, en charge du développement économique et de l'emploi.
En guise d'explication, il met en avant "le prix du foncier extrêmement intéressant" et ajoute qu'il reste "des terrains libres accessibles immédiatement", ce qui est rare si près d'une capitale.
L'élu se félicite d'un "formidable plan de transport en commun": "A terme, ce territoire sera très valorisé", assure-t-il, faisant notamment allusion aux développements prévus dans le cadre du Grand Paris.
Mais interrogé sur l'emploi, son enthousiasme retombe. "Il s'agit de relocalisations pour la plupart des entreprises, donc elles ne créent pas d'emploi, mais arrivent avec leur personnel", déplore-t-il.
Même son de cloche à Pantin. "Dire que ça a créé des emplois, non. Mais à l'avenir, je pense que ça va en créer", dit le maire Bertrand Kern (PS).
"Au fur et à mesure du développement, et du remplacement naturel, les entreprises puiseront dans le vivier local", assure Gilbert Roger.
Pour cela, le département travaille sur la formation, mais attend aussi de l'Etat qu'il invente un mécanisme d'incitation "comme les emplois jeunes", explique-t-il. Car le chômage "continue à se dégrader", déplore-t-il.
Au 3ème trimestre 2010, 11,2% de la population active était au chômage en Seine-Saint-Denis, bien au-dessus de la moyenne régionale, qui est à 8,2%. Ce département est même le seul à dépasser les 9% en Ile-de-France.
Indicateur particulièrement inquiétant: le chômage des 15-24 ans a flambé de 27,7% en deux ans dans le 9-3, le département le plus jeune de France.
Selon un rapport remis jeudi au ministre de la Ville, le chômage touche en moyenne 43% des jeunes actifs et 37% des jeunes actives habitant dans les Zones urbaines sensibles (Zus). La Seine-Saint-Denis compte 36 de ces quartiers. NouvelObs
Marie-Hélène Amiable « La crise a aggravé la situation »
Marie-Hélène Amiable, députée et maire de Bagneux (Hauts-de-Seine), plaide pour une péréquation financière plus importante en faveur des banlieues défavorisées.
Hier matin, l’Onzus a parlé d’une «stabilisation» de la situation dans les banlieues, malgré la crise économique...
Marie-Hélène Amiable. Je peux vous garantir le contraire, comme n’importe quel maire de banlieue, quelle que soit sa tendance politique. La crise économique a aggravé la situation, c’est une certitude. Le nombre de bénéficiaires du RSA a augmenté, comme le taux de chômage, tandis que le pouvoir d’achat a baissé. Tous les voyants sont au rouge. Les indicateurs montrent qu’une partie de la population se paupérise de manière durable. Un exemple : la dotation de solidarité urbaine dont bénéficie ma ville a été réévaluée en 2010 car le nombre de personnes défavorisées y a augmenté.
L’Onzus a parlé du dynamisme économique créé par les autoentrepreneurs, est-ce quelque chose de sensible dans votre commune ?
Marie-Hélène Amiable. À Bagneux, je n’ai pas vu de changement grâce à ça. L’autoentreprenariat ne crée pas vraiment d’emplois et fait de la concurrence à l’artisanat, donc je ne crois pas qu’on puisse parler de dynamisme économique. Par contre, j’aimerais souligner que certains gisements d’emploi sont insuffisamment soutenus, comme celui de l’économie sociale et solidaire. On va, en 2011, vers une baisse des aides et subventions à ce type d’entreprises. C’est regrettable.
Sur l’éducation, l’Onzus souligne que les moyens mis à disposition des zones urbaines sensibles ont moins baissé qu’ailleurs...
Marie-Hélène Amiable. C’est sûr que dans le scénario catastrophe prévu par le gouvernement sur l’éducation, les moyens ont moins chuté chez nous qu’ailleurs. Mais il faut rappeler que, selon la récente enquête Pisa, l’écart entre les enfants des quartiers populaires en décrochage scolaire et l’élite s’est creusé. Toujours selon cette enquête, on est passé de 15 % à 20 % d’enfants ne maîtrisant pas les savoirs fondamentaux. La précarité éducative et culturelle se renforce donc elle aussi.
À quelles difficultés particulières êtes-vous confrontés dans votre commune ?
Marie-Hélène Amiable. Outre le taux d’emploi, nous sommes pénalisés au niveau du budget. Plus on a de population en difficulté, plus on a de charges sociales importantes. Il faut pratiquer des budgets abordables, notamment pour les activités sportives et les centres de loisirs. Nous devons intervenir de manière plus importante, et cela pèse de plus en plus lourdement sur les budgets communaux.
Qu’attendez-vous de l’État pour endiguer ces problèmes ?
Marie-Hélène Amiable. La péréquation financière est insuffisante. Il faut une grande réforme pour aider plus ceux qui en ont besoin et mettre à contribution ceux qui en ont les moyens, notamment les grosses entreprises. La suppression de la taxe professionnelle a fait baisser leur contribution, au détriment des habitants, alors qu’elles bénéficient aussi des infrastructures et des équipements publics... Plus largement, la politique de la ville est soumise à la politique nationale, et les orientations actuelles sont mauvaises.
Le ministre de la Ville, Maurice Leroy, a affirmé qu’il allait faire travailler tous les ministères ensemble, pour soutenir les quartiers sensibles, comme Fadela Amara avant lui, sans succès.
Marie-Hélène Amiable. Bonne chance à lui, j’espère qu’il réussira. Mais comme il a les mêmes moyens que Fadela Amara, et vu que les crédits votés pour 2011 ne sont pas en augmentation, je n’y crois pas.
mercredi 22 décembre 2010
La politique des banlieues n'est plus une priorité pour ce gouvernement.
Maurice Leroy veut la jouer modeste. Le nouveau ministre de la Ville, avec un budget en diminution de 10%, a rappelé qu'il n'avait pas de "baguette magique" pour aider les quartiers difficiles. Il rompt définitivement avec le "plan Marshall des banlieues" promis par Nicolas Sarkozy.
Au cas où certains espéraient toujours que le "plan Marshall des banlieues" portent un jour ses fruits, Maurice Leroy, nouveau ministre de la Ville, préfère être clair: "Je ne suis pas Merlin l'Enchanteur, je n'ai pas de baguette magique", explique-t-il dans un entretien au Monde du 10 décembre. En déplacement à Gennevilliers (Seine-Saint-Denis), le successeur de Fadela Amara a des propos qui tranchent avec ceux de ses prédécesseurs. Son ambition est bien plus modeste et il l'assume.
Il refuse le" spectaculaire" et estime que "si, dans les 18 mois qui viennent, j'ai réussi à faire en sorte que, sur les contrats urbains de cohésion sociale (Cucs, créés en 2007 et censés formaliser la politique de l'Etat envers les quartiers difficiles), les crédits arrivent dans les communes fin mars, et non plus en décembre comme aujourd'hui, j'aurais plus fait que tous les autres ministres de la Ville". Bref, s'il parvient déjà à faire le minimum, ce sera déjà une réussite.
Car, Maurice Leroy le sait très bien, son budget est en diminution. De l'ordre de moins 10% pour 2011 par rapport à l'année précédente et le budget dédié aux maisons de l'emploi est réduit, lui, de 27%. Une baisse drastique alors que de nombreux rapports se sont accumulés ces dernières années pour pointer l'inefficacité de l'action de l'Etat dans les banlieues. Toutefois, a-t-il assuré selon le site spécialisé Localtis , les crédits des Cucs "seront stabilisés en 2011 et même prolongés jusqu'en 2014".
Une "burette d'huile", un "dé à coudre" et Pierre Charon
Mais Maurice Leroy, s'il n'est pas "Merlin", pense avoir des atouts: il compte éviter la "dilution" des crédits, pense qu'être ministre de plein exercice (quand Amara n'était que secrétaire d'Etat) lui donnera plus de poids pour s'imposer et veut innover. D'abord en proposant de nouveaux Cucs dans une trentaine de quartiers qui devront comporter des engagements sur les politiques de droits communs: emploi, éducation et sécurité. Il souhaite aussi s'aider de son autre portefeuille, le Grand Paris: ce plan, qui doit créer selon lui une "ville faite pour l'homme", permettra de "retisser le lien entre Paris et sa banlieue et d'agir sur la cohésion sociale (…). La ville doit intégrer plutôt qu'exclure".
Au-delà des vœux-pieux, on est donc bien loin du volontarisme d'antan. Aux oubliettes le "plan Marshall", voulu par Nicolas Sarkozy? Clairement, oui, selon Leroy: "Vous ne m'entendrez jamais employer cette expression. Moi j'ai des burettes d'huile et un dé à coudre, je ne veux pas faire des usines à gaz. Il faut qu'on arrête les contrôles tatillons, on a besoin de choses simples". Pour aider à faire passer auprès des Français ce nouveau message de modestie assumée, Maurice Leroy, va s'appuyer sur un ancien de l'Elysée. Une mission de communication à été confiée à Pierre Charon, ancien conseiller de la présidence et membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese). L'idée étant "d'associer et de rassembler les élus nationaux et locaux, les responsables socio-économiques et associatifs concernés" par ce chantier.
Vivien Vergnaud - leJDD.fr
lundi 20 décembre 2010
Banlieue et développement durable...ca marche ! Il faut se donner les moyens.
Pessac (33)
«Je triais déjà avant. Ce n'est pas une contrainte, mais une habitude. Je descends ma poche une fois par semaine. » Les 18 étages ne sont pas un obstacle pour Marie-Jo qui, pourtant, a des difficultés à se déplacer. Quoi qu'il arrive, elle est une adepte du tri des déchets. Elle n'est pas la seule et le bilan de l'installation de conteneurs enterrés est très positif : plus de 150 tonnes collectées en un an.
« Ce n'était pas gagné », reconnaît le maire, Jean-Jacques Benoît, qui se dit lui-même agréablement surpris du résultat.
Car le geste, apparemment simple, de trier se heurte à des contraintes en habitat collectif vertical. Dans le pire des cas, certains ont la tentation de jeter leurs poches par le balcon, surtout depuis que les vide-ordures ont été supprimés, condamnés pour des questions d'hygiène, de bruit et autres nuisances.
« Dans ce type d'habitat, c'est plus compliqué que dans le pavillonnaire », note Laure Poddevin, responsable d'Éco-Emballages Sud-Ouest. « On a moins de place dans les appartements, et en bas on retrouve le même problème avec des locaux parfois trop exigus pour mettre plusieurs types de poubelles. »
Conteneurs enterrés
À Saige - 5 000 habitants -, l'enjeu était important. Domofrance a trouvé la solution en enterrant les conteneurs. L'option est plus coûteuse : plus d'un million d'euros pour 62 bornes. Il y en a au pied de chaque immeuble. Elles sont plus esthétiques et fonctionnelles que de grandes poubelles au couvercle lourd à soulever.
« Dans ma cuisine, j'ai un sac spécial », poursuit Marie-Jo. « Ce n'est pas compliqué. » Elle profite généralement d'une sortie pour le vider au passage. Car, dans une tour, les distances sont aussi plus longues. Escaliers et ascenseurs constituent un frein.
Pour convaincre les locataires, une opération de sensibilisation avait été organisée par le personnel de proximité Domofrance (gardiens d'immeubles et gestionnaires de l'antenne de Formanoir, tous formés), les ambassadeurs du tri de la CUB, Éco-Emballage, en étroite collaboration avec la Ville de Pessac.
33 kg par habitant
« Chaque habitant a trié en moyenne 33 kg. À titre comparatif, la moyenne sur la CUB est de 18 kg par habitant en apport volontaire et de 80 kg en bac vert individuel », souligne-t-on à Domofrance. « Ce résultat est d'autant plus satisfaisant que les habitants de Formanoir n'avaient pas l'habitude de trier leurs déchets avant la mise en place de ce dispositif. »
Le Grenelle de l'environnement incite à faire encore plus. L'objectif à atteindre est de 40 kg par locataire. À Pessac, d'autres résidences et d'autres bailleurs ont emprunté la même démarche. Pour Domofrance, cela concerne notamment Macédo et La Châtaigneraie. Sud-Ouest
samedi 18 décembre 2010
Le chômage des jeunes flambe dans les quartiers
Le taux de chômage des jeunes s'est aggravé en 2009 dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, touchant plus d'un sur trois d'entre eux, selon le dernier rapport de l'Observatoire national des zones sensibles (Onzus).
C'est un état des lieux alarmant dont Maurice Leroy, le nouveau ministre de la Ville, doit officiellement prendre connaissance jeudi prochain. Après une période d'accalmie aussi courte que relative, le chômage est reparti à la hausse chez les jeunes des quartiers pauvres. Au point que plus d'un sur trois en est victime, selon le dernier rapport de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus), dévoilé hier dans ses grandes lignes par « Le Monde ». Ainsi, 43 % des jeunes actifs et 37 % des jeunes actives résidant dans ces 751 quartiers classés prioritaires au titre de la politique de la ville étaient sans emploi l'an dernier, contre 41,7 % et 29,6 % en 2008.
Phénomène aussi inédit qu'inquiétant, les diplômés sont autant touchés, « alors que, jusque-là, le diplôme les protégeait », indique le rapport de l'Onzus. Globalement, le chômage dans les ZUS, avec un taux de 18,6 % en 2009, y est deux fois supérieur à la moyenne nationale.
Absence du père
Les effets sont ravageurs. Les ZUS concentrent deux fois plus d'allocataires de minima sociaux et les personnes vivant sous le seuil de pauvreté sont deux fois plus nombreuses. Pis, on y compte trois fois plus de bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU) que sur le reste du territoire. Et cette fragilisation sociale des populations s'accentue. « Chaque année, 7 % des habitants quittent le quartier et sont remplacés par de nouveaux habitants, généralement en situation de précarité accrue par rapport aux partants », observe Bernadette Malgorn, la présidente de l'Onzus, citée par « Le Monde ».
Autre signe alarmant, les familles monoparentales sont surreprésentées dans les ZUS. Leur taux, en progression sensible, y atteint 25 % contre 15,8 % en moyenne. Cette absence du père n'est pas sans conséquence sur le comportement des adolescents, ce qui ne laisse pas d'inquiéter élus et travailleurs sociaux. « Le Monde » signale une « hausse significative et quasi générale des faits de délinquance » et révèle, à la lecture des travaux de l'Onzus, une augmentation de 17 % des incendies incluant des sinistres d'origine volontaire, touchant notamment les voitures. Seule note réjouissante, en matière de réussite scolaire, l'écart avec le reste du territoire tend à se réduire un peu.
J. C., Les Echos
mercredi 15 décembre 2010
France 3 s'installe à Bobigny
Quartier Sans Cible salue cette initiative de France 3. Cette proximité ne peut que favoriser une lecture affinée des problématiques urbaines ce qui n'est pas le cas de certains médias. .
France 3 Paris Ile-de-France vient d'ouvrir son bureau en Seine-Saint-Denis.
Lundi 6 décembre la rédaction de France 3 Paris Ile-de-France vous a proposé un journal entièrement consacré à la Seine-Saint-Denis à l'occasion de l'inauguration d'un nouveau bureau à Bobigny.
lundi 13 décembre 2010
Deux tours de moins à Argenteuil
Les deux bâtiments ont été détruits par un procédé utilisant des vérins hydrauliques qui créent une poussée horizontale ou oblique, entraînant un déplacement des étages supérieurs qui ainsi s’effondrent sur ceux d’en dessous, l’opération ne durant au total que quelques secondes.
Dimanche, la réhabilitation promise du Val d’Argent était accueillie avec scepticisme par des habitants. «C’est bien de faire ça, mais (…) sur le reste du quartier ils se contentent de refaire l’isolation et de mettre un coup de peinture sur les immeubles», a déploré une habitante.
«Ils nous ont dit qu’ils feraient un petit jardin, c’est toujours un terrain vague, depuis plus d’un an, les façades ne sont pas terminées, l’isolation est à l’air libre, il suffit qu’il pleuve ou qu’il neige pour qu’elle se gorge d’eau, ça ne sert à rien s’ils doivent tout refaire dans quelques mois ou années», a dénoncé Nadine Yomele, 45 ans.
(Source AFP)
dimanche 12 décembre 2010
Clichy-sous-Bois La Tour du Chêne Pointu Zelko
Un clip à ne pas manquer : La tour du chêne pointu par Zelko http://www.zelko.fr/
jeudi 9 décembre 2010
La communication publique face aux quartiers en difficulté
Entre Royal et Aubry, duel à distance sur fond de banlieue
par Laure Bretton
CERGY-PONTOISE, Val-d'Oise (Reuters) - Ségolène Royal et Martine Aubry ont inauguré mercredi la guerre des "présidentiables" socialistes en se rendant chacune de leur côté en banlieue parisienne pour parler de l'emploi des jeunes.
Autant la visite de l'ex-candidate à l'Elysée à Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) avait été annoncée à grand renfort de plannings officiels, autant celle du premier secrétaire du Parti socialiste à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) a été tenue secrète jusqu'au dernier moment.
"Je préfère être imitée que critiquée", ironise Ségolène Royal, interrogée sur ce duel à distance se déroulant une semaine après l'annonce de sa candidature à la primaire présidentielle qui a pris de court tout le PS.
Son entourage dit être "tombé de l'arbre" en apprenant le déplacement de Martine Aubry en banlieue, dont seulement quelques journalistes avaient été informés, mais les proches de la maire de Lille démentent toute volonté de damer le pion à Ségolène Royal.
"Vous vous faites des films", répond un conseiller de la dirigeante du PS interrogé sur la sortie de La Courneuve, en préparation, selon lui, depuis une semaine et organisée dans la plus grande discrétion à la demande des associations.
Martine Aubry, qui entretient le mystère sur ses intentions présidentielles, "n'a pas à adapter son agenda en fonction de Ségolène Royal, d'autant que celle-ci bouge partout et beaucoup", ajoute un secrétaire national qui trouve "raccord" qu'on parle beaucoup de banlieue et de jeunes avant la convention sur l'égalité réelle du PS, samedi à Paris.
Les deux dirigeantes ont chacune prévu un "tour de France" dans les semaines qui viennent: Martine Aubry pour soutenir les candidats aux élections cantonales de mars, Ségolène Royal parce que "rien ne remplace le contact avec les Français".
"LES GENS SONT HEUREUX"
Mercredi, sous l'oeil d'une demi-douzaine de caméras et le double de photographes, Ségolène Royal, à la traîne dans les sondages derrière Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry, a renoué avec ses thèmes fétiches: le contact direct, les jeunes et la banlieue, qui avaient massivement voté pour elle en 2007.
Même si elle se défend de faire un "remake" de la dernière élection présidentielle, "puisque chaque époque a ses problèmes nouveaux", les concepts sont identiques: "politique par la preuve", "personnes-ressources", "intelligence des territoires", "démocratie participative" et attaques contres la tarification bancaire.
"La France qui veut croire en son avenir, c'est le thème de ma campagne", dit-elle pendant une table ronde avec de jeunes chefs d'entreprise avant de se lancer dans un bain de foule sur le marché enneigé de Cergy.
Cela tourne rapidement à la cohue, encadrée par une petite poignée d'adhérents de Désirs d'avenir, l'association politique de Ségolène Royal, en marge du PS.
"Je prends beaucoup de plaisir dans ces contacts et j'en donne aussi. Les gens sont heureux", assure la candidate à la candidature avant d'égratigner la direction du PS, sur la forme et sur le fond.
Il faut en finir avec les "catalogues de promesses" qui génèrent un "scepticisme énorme", estime-t-elle, visant le projet présidentiel en gestation du parti tout en refusant de "s'engluer dans les commentaires".
Quant aux primaires présidentielles, "on ne peut pas dire qu'on modernise notre parti et se mettre d'accord entre nous", ajoute-t-elle en allusion au pacte de "présidentiables" qui lierait Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn.
Après avoir gardé le silence sur la candidature Royal pendant presque une semaine, la maire de Lille a vanté dimanche les vertus de la patience en politique, se présentant comme un pôle de stabilité au PS et refusant d'accélérer le calendrier des primaires qui prévoit un dépôt officiel des candidatures en juin et un vote à l'automne.
Réponse de Ségolène Royal mercredi: "Je ne confonds pas vitesse et précipitation mais je ne confonds pas non plus stabilité et inertie".
Edité par Patrick Vignal
lundi 6 décembre 2010
Monter sa boîte dans la cité
Aziz Senni, emblématique patron issu du Val-Fourré, donne les clefs de la création d'entreprise dans les banlieues. Et appelle à un plan global pérenne
Aziz Senni. Il y a cinq ans, qui s'en souvient, les banlieues se révoltaient. Dix mille voitures étaient incendiées, des policiers se faisaient tirer dessus, des jeunes ont perdu la vie. On sait aussi, depuis un récent sondage de l'Adie (2), que 55 % des jeunes de la cité souhaitent créer leur entreprise. Cela ne me surprend pas. J'ai pensé qu'il était utile pour ces futurs entrepreneurs de disposer d'un ouvrage simple d'accès avec les bonnes méthodes, les bonnes adresses et les bonnes informations juridiques pour créer leur société. Le tout est illustré par une quarantaine d'histoires d'entreprises à succès nées dans la cité.
Un de vos constats est que la banlieue est un vrai terreau d'entrepreneurs. Expliquez-vous. ![]()
C'est assez logique. Deux jeunes sur trois dans les cités sont de niveau bac. Et ce ne sont pas les diplômés d'HEC ou de l'Essec qui en France créent leur entreprise. À cela s'ajoute le phénomène de la discrimination, très bien décrit par Jean-François Amadieu. Quand vous êtes bac + 3 et que vous vivez à Sarcelles ou à Vaulx- en- Velin, vous avez 4 à 5 fois moins de chances de décrocher un job salarié. Le délit du code postal est une réalité vécue par ces jeunes, avant même que n'entre en considération la question de l'origine ethnique, du sexe voire du handicap. Cela crée une génération d'entrepreneurs par frustration. L'envie de réussir, de consommer, de pouvoir s'offrir une belle existence dégage aussi une énergie positive. Les jeunes des cités ont faim mais ne croient plus en la promesse républicaine d'égalité.
Le manque d'argent demeure-t-il le problème numéro un lorsque l'on veut entreprendre dans la cité ?
C'est un obstacle, c'est vrai, pour démarrer. Mais il y a désormais de multiples possibilités de se faire aider. Non, selon moi, entreprendre quand on grandit dans la cité est en premier lieu un problème de confiance en soi. Les barrières sont d'abord dans la tête. Peut-on rêver ? Peut-on le faire ? On le comprend facilement quand on observe l'image que les télés surtout, c'est moins vrai des journaux, renvoient quotidiennement de la banlieue. Quand on vous dit que vous n'aurez pas de stage alors que vous suivez une formation en alternance, que votre profil est bon mais que l'on vous préfère, au final, un autre candidat, se pose d'abord un problème de confiance en vous. Créer son business dans la cité, c'est d'abord se dire « Yes we can ».
L'absence de relationnel ou de réseau est aussi un gros souci ?
C'est évident. La France est un pays de castes et de réseaux sociaux qui s'entraident. Ce n'est pas Pôle emploi qui pourvoit à la majorité des jobs mais la cooptation. Elle fonctionne dans de très nombreux milieux, à tous les niveaux et depuis longtemps. Sans vouloir tomber dans la caricature, il va sans dire qu'il est plus difficile pour un jeune des cités de connaître l'avocat, l'expert-comptable ou le banquier qui saura donner le bon conseil ou le coup de pouce décisif dans la création de son business. C'est pour cela que nous suggérons, avec Catherine Bernard, à un créateur d'entreprise de trouver un mentor ou un référent. Encore faut-il être en condition pour le cibler, le rencontrer et le convaincre.
Vous plaidez d'ailleurs pour une plus forte implication dans la cité du patronat ?
On voit peu les patrons dans les banlieues. Les membres du Medef, de la CGPME et des Chambres de commerce gagneraient à s'impliquer d'avantage. Celui qui sait doit aider celui qui ne sait pas. Celui qui a doit aider celui qui n'a pas. Nos jeunes ont besoin de tuteurs, de mentors, de référents, de relationnel. Les patrons seraient surpris de l'énergie positive et du potentiel entreprenarial des cités. Ils rendraient service aux jeunes et à toute la société.
Vous proposez la création d'un comité d'expansion économique des banlieues. De quoi s'agit-il ?
Il y a une multitude de guichets, d'acteurs publics et privés, de collectivités locales, d'associations, de fondations qui s'investissent dans la cité sans grande coordination. Les intentions sont bonnes. Les résultats insuffisants. Je propose de créer un comité national d'expansion écono- mique des banlieues qui disposerait d'une antenne dans chaque cité. Sur le modèle de l'Agence nationale de la rénovation urbaine, dont la mission était de rénover l'habitat, ce comité aurait pour fonction de promouvoir la création d'entreprises, de soutenir les PME qui vivent et se développent dans les cités et de promouvoir ces territoires. Avec, en sortie de crise, 45 à 50 % de taux de chômage dans certains quartiers, il devient urgent de créer un outil efficace qui rassemblerait les moyens de tous et qui encouragerait l'entreprenariat dans les cités.
Vous avez vous-même monté un fonds d'investissement. Quels sont les secteurs émergents ?
Nous avons une capacité d'une quinzaine de millions d'euros et avons déjà investi 2 millions dans une douzaine d'entreprises. Cela va d'un site Internet de vente de produits artisanaux marocains à une société d'installation d'écrans LCD dans les salles d'attente des médecins. Les secteurs qui marchent sont aussi ceux des transports, de l'alimentation ethnique, des vêtements ou la location de site Internet. On est désormais loin du kébab et de la pizza.
Êtes-vous optimiste quant à l'avenir des banlieues ?
Non. Je crains que Nicolas Sarkozy et François Fillon n'aient pas compris les enjeux. Il n'y a pas de projet global, de cap stratégique fixé. La promesse de plan Marshall pour les banlieues s'est évanouie. Les pouvoirs publics ne donnent le sentiment d'agir que lorsqu'il y a des explosions. Pensez que six millions de personnes vivent dans les zones urbaines françaises et que la natalité y est plus forte qu'ailleurs. On ne peut pas se contenter d'une exploitation sécuritaire des mouvements de révolte ou des actes de délinquance. Ce n'est pas à la hauteur des enjeux à long terme pour l'ensemble de notre société.
(1) « Monte ton Biz, les 10 commandements de l'entrepreneur des cités », d'Aziz Senni et Catherine Bernard, éd. Pearson, 236 p, 17 €. (2) Association pour le droit à l'initiative économique. Sud-Ouest
jeudi 2 décembre 2010
Quartiers populaires : de la relégation à la solidarité
Le MAC-Val (1) vient de fêter ses 5 ans. A cette occasion, deux mille visiteurs s’y sont retrouvés : habitants du quartier, Parisiens ayant «passé le périph», familles, jeunes et retraités, élus et électeurs… A l’entrée, les salariés grévistes tendaient le drapeau de la solidarité. Ce fut un moment de bonheur partagé, qui cassait le cliché confortable d’une banlieue «mal aimée» où rien d’important ne survient sauf la violence.
Pour comprendre la banlieue, il est essentiel d’en peindre toute la réalité sociale, associative, solidaire, sportive et artistique. La réalité des classes populaires aujourd’hui. Mosaïque. La banlieue vit, pense, souffre et se bat. Elle revendique le droit à la reconnaissance de sa dignité, son apport à la société. Ses habitants ne sont pas des «apartés» de la vie sociale. A bien des égards même, ils en sont les miroirs grossissants. Ils posent la question de la place des classes populaires dans nos sociétés contemporaines.
Aux dénis de droits faits par violence, ignorance, condescendance, populisme, misérabilisme, démagogie et calculs politiques, la banlieue répond. Elle crée, elle invente, elle fabrique du «vivre ensemble». Parcours complexes mais pas complexés. Elle revendique une vie qui vaille d’être vécue. Dire la banlieue, le quartier, la cité, c’est d’abord entendre ces cris : Existence - Résistance - Assistance. Ils sont échos d’autres : Liberté - Egalité - Fraternité.
Les banlieusards ne sont pas plus qu’hier les attardés que voulaient voir en eux les Versaillais. Elles et ils ne sont pas les vassaux de seigneurs tout-puissants. Peut-être, par contre, ont-ils gardé la trace de ce mépris séculaire de l’aristocratie et de la bourgeoisie à l’égard des milieux populaires. L’empreinte est là, bien réelle, de cette volonté de les éloigner des centres du pouvoir, de la métropole, de la capitale. Le plus grand ghetto n’est-il pas celui où les riches se confinent, alors que les maux dont souffrent les populations modestes sont les conséquences de leurs politiques ?
Il est banal de rappeler que l’histoire des banlieues populaires se raccorde intimement à l’histoire politique, économique, sociale de la France. Alors que la classe ouvrière avait mis deux siècles à se construire, il n’a fallu qu’une génération pour que son apport soit broyé. La chute est vertigineuse. Du statut de travailleur les salariés sont passés au statut de chômeur et le glissement s’est opéré du travailleur à l’habitant. Les références ont changé : la protection sociale n’est plus liée au travail mais aux institutions, aux associations caritatives.
Le syndicat, le parti politique ne sont plus la référence première, alors que l’urgence est, au contraire, à réarticuler l’exigence immédiate de survie à la perspective politique de transformation sociale. Et si la diversité des quartiers, ne permet pas la globalisation, il demeure que tous vivent une démocratie qui accepte les pauvres, les chômeurs comme «variable d’ajustement» ; une société divisée et réputée immuable. Mais chacun a une histoire, qui est carte d’identité. D’autant plus revendiquée qu’elle est niée, surtout quand l’appartenance de classe, vécue positivement, est d’un autre temps et que l’origine ethnique est devenue suspecte.
L’idée même de races refait surface. Or les plus exploités, les plus démunis, les plus «laissés-pour- compte» sont - souvent majoritairement - immigrés ou issus des immigrations. Ils vivent le doute perpétuel sur leur qualité de Français car la mise à l’index d’une culture, d’une religion comme source d’aliénation et d’intégrisme est une insulte. Quand l’Etat en est l’auteur, c’est une remise en cause de la laïcité. Le sentiment d’être dans une impasse est d’autant plus fort que celles et ceux qui sont diplômés, au prix d’efforts de leurs familles et d’eux-mêmes, se retrouvent au Pôle Emploi. Pour eux, c’est la triple peine : de classe, de discrimination ethnique et territoriale.
Les efforts faits par ces populations sont négligés, détournés, instrumentalisés. Leur droit à une pensée et à une action émancipées est méprisé. L’autonomie d’intervention dans et par la vie associative est empêchée, par l’obligation de remplir des critères décidés par les institutions pour l’attribution de subventions. Leur projet, strictement encadré, change chaque année au gré des décisions politiques. Les milieux populaires inquiètent quand ils s’abstiennent ; ils n’intéressent que lorsqu’ils peuvent être récupérés. Mais la non prise en compte de souffrances, jusqu’à l’intime, est une bombe à retardement pour toute la société. C’est pourquoi l’exaspération fut à son comble en 2005, jusqu’à l’émeute.
Pourtant l’espoir de vaincre, celui qui hâte les révolutions, existe encore peut-être dès 2010 ? Que le Président ait promulgué, dans la précipitation, la loi sur la réforme injuste de la retraite est la marque, la signature, d’une victoire à la Pyrrhus. Le mouvement social, le mouvement populaire depuis des mois ont reconstruit une force, une unité de parole et d’exigences inédites. Ferments d’espoir, d’unité pour la transformation sociale. Dans les quartiers populaires, les chômeurs, les salariés du public et du privé, les jeunes précarisés ont fait cause commune, se sont re-solidarisés. La question sociale et celle de la valeur travail sont redevenues des questions politiques majeures. Aussi forte qu’en 1968, la demande existe, surtout dans la jeunesse, de sortir du carcan des oppressions, de l’isolement, pour construire des solidarités actives.
L’espoir des quartiers populaires est dans l’apprentissage du vivre ensemble afin d’ouvrir un nouvel espace démocratique qui reconnaisse la complexité de chaque individu. Les personnes qui peuplent l’univers des classes populaires agissent comme ceux qu’elles sont, des sujets individuels. Cette individuation est nécessaire pour reconstruire autonomie et unité, solidarité et citoyenneté, intervention politique comme outils d’émancipation.
Souvenons-nous du libelle qui dénonçait le mur des fermiers généraux, un certain mois de juillet 1789 : «Un mur murant Paris rend Paris murmurant.» Il en est de même pour les quartiers populaires. Sauf que, déjà, le murmure est devenu cri.
(1) Musée d’Art contemporain du Val-de-Marne, à Vitry-sur-Seine.
Créée en 2004 à l’initiative du Parti communiste français, la fondation Gabriel- Péri est présidée par Robert Hue, sénateur. Elle se propose, au même titre que d’autres fondations politiques, d’être un lieu de recherches, de travail et d’élaboration de propositions susceptibles d’être utiles au débat public. Libération.fr
mercredi 1 décembre 2010
Revoir le Débat "Profs en banlieue" présenté par Christophe Hondelatte, suite à la diffusion de "Fracture", un film d'Alain Tas
Un Débat "Profs en banlieue", présenté par Christophe Hondelatte, suite à la diffusion de "Fracture", un film d'Alain Tasma.
http://www.pluzz.fr/profs-en-banlieue-2010-11-30-22h10.html
















