Quartier Sans Cible...Changeons l'image de la banlieue !

L'association Quartier Sans Cible décortique se qui se fait de mieux dans les banlieues. Elle essaye d'analyser les problématiques urbaines et donne la parole à tous les acteurs des quartiers populaires. Ensemble, changeons notre regard sur la banlieue !

dimanche 6 décembre 2009

Quartier Sans Cible signataire de : Nous ne débattrons pas

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Mediapart lance avec deux cents personnalités un appel à refuser le «grand débat sur l'identité nationale» organisé par le pouvoir. Nous souhaitons que cet appel soit à l'origine d'une grande pétition citoyenne qui suscite un vaste rassemblement. Vous pouvez en cliquant ici le signer en ligne.

Par principe, nous sommes favorables au débat. A sa liberté, à sa pluralité, à son utilité. C'est pourquoi nous refusons le « grand débat sur l'identité nationale » organisé par le pouvoir : parce qu'il n'est ni libre, ni pluraliste, ni utile.

Il n'est pas libre car c'est le gouvernement qui le met en scène, qui pose les questions et qui contrôle les réponses. Il n'est pas pluraliste car sa formulation réduit d'emblée notre diversité nationale à une identité unique. Il n'est pas utile car cette manœuvre de diversion est une machine de division entre les Français et de stigmatisation envers les étrangers.

Affaire publique, la nation ne relève pas de l'identité, affaire privée. Accepter que l'Etat entende définir à notre place ce qui nous appartient, dans la variété de nos itinéraires, de nos expériences et de nos appartenances, c'est ouvrir la porte à l'arbitraire, à l'autoritarisme et à la soumission.

La République n'a pas d'identité assignée, figée et fermée, mais des principes politiques, vivants et ouverts. C'est parce que nous entendons les défendre que nous refusons un débat qui les discrédite. Nous ne tomberons pas dans ce piège tant nous avons mieux à faire : promouvoir une France de la liberté des opinions, de l'égalité des droits et de la fraternité des peuples. 

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mercredi 2 décembre 2009

Rapport 2009 de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles

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La synthèse du rapport ONZUS 2009
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mardi 1 décembre 2009

Attaquée, Fadela Amara défend son plan Espoir Banlieues

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Après que l'Observatoire national des zones urbaines sensibles, agence du ministère de la ville, a constaté l'échec de la loi d'orientation et de programmation pour la ville votée en 2003, la secrétaire d'Etat à la ville, Fadela Amara, défend son plan Espoir Banlieues. Selon ce document publié lundi, l'écart entre les quartiers dits sensibles en France et le reste du pays s'accroît en matière de pauvreté, de chômage et d'échec scolaire.

"L'argent qui est investi dans nos quartiers permet d'obtenir des résultats qui sont encourageants, même si je pense qu'il faut aller encore plus loin", a déclaré Fadela Amara sur Europe 1, mardi 1er décembre. "Les résultats sont là, [le rapport] nous dit que nous sommes dans la bonne direction mais qu'on a besoin d'encore beaucoup plus de moyens et surtout d'une concentration sur les territoires", a ajouté la secrétaire d'Etat, arrivée au gouvernement en 2007. Elle souhaite réduire le nombre de zones urbaines sensibles (ZUS), actuellement au nombre de 751, pour se concentrer sur les quartiers les plus défavorisés.

"Le rapport nous dit qu'il faut concentrer les moyens sur les territoires en très grande difficulté, c'est ce que je dis depuis le départ, a-t-elle dit. Nous sommes en pleine révision de la géographie prioritaire (...). Il faut se concentrer sur les ZUS qui sont en très très grande difficulté."

Face aux problèmes des banlieues, Fadela Amara déplore le manque de coopération de certains ministères, comme celui de la santé. "Il y a des ministres qui se sont mobilisés très vite, l'éducation, l'emploi, d'autres non, exemple la santé. Je compte sur Roselyne Bachelot pour que la dynamique Espoir Banlieues, ce programme triennal, se traduise rapidement", a-t-elle ajouté.

Des voix se sont élevées pour évoquer un départ de Fadela Amara du gouvernement. Eric Raoult, député UMP de Seine-Saint-Denis, estime pour sa part que l'ancienne présidente de l'organisation Ni putes ni soumises doit rester. "Moi je souhaite que Fadela Amara reste, parce que c'est une chic fille et que c'est véritablement une ministre efficace", a-t-il déclaré sur i-Télé.

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mercredi 25 novembre 2009

Les réactions à la tournée de Nicolas Sarkozy en banlieue

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Voici les principales réactions, mardi 24 novembre, après la tournée en banlieue du chef de l'Etat.

François Hollande, député socialiste : "Nicolas Sarkozy tente de reprendre l'initiative en allant en banlieue", a estimé l'élu, à cause de son "échec sur la question de la sécurité". (Déclaration, mardi 24 novembre)

Claude Bartolone, président PS du conseil général de Seine-Saint-Denis : "Ce nouveau déplacement de Nicolas Sarkozy est la preuve que l'on entre en campagne électorale. Le président de la République revisite ce qu'il croit être son thème de prédilection. Il n'a pas pris conscience que ces déplacements sans lendemain mettent le projecteur sur son échec en matière de sécurité". (Déclaration, mardi 24 novembre)

Laurent Fabius, ancien Premier ministre socialiste, accuse le gouvernement de ressortir "le triangle identité, insécurité, immigration" à l'approche des régionales. "Le problème, c'est que l'insécurité, le gouvernement se montre incapable" de la traiter, "que l'immigration, c'est une question complexe qu'il faut donc traiter de manière équilibrée, quant à l'identité : parler de l'identité française pour dire implicitement que l'immigration menace l'identité française, ça c'est une mauvaise cause". (Déclaration sur France-Info, mardi 24 novembre)

Hassan Ben Mbarek , porte-parole du Collectif Banlieues Respect : "Chaque fois que M. Sarkozy se déplace en banlieue c'est pour parler de sécurité, mais rien de concret en terme de projets pour la banlieue, des politiques publiques en matière d'emploi, d'éducation, de désenclavement: marre des déplacements marketing! On ne peut pas dire que M. Sarkozy est allé en banlieue, il est allé dans un commissariat. Aller en banlieue, c'est aller dans les quartiers, rencontrer les jeunes, les habitants".
Il a également déploré la répétition "du même schéma en période électorale", à savoir que le gouvernement "agite l'épouvantail de la banlieue" toujours associée à "l'insécurité et l'immigration".
"On nous ressert ce triptyque classique, comme avant les européennes avec la question des bandes", a fustigé M. Ben Mbarek, et "ses déclarations sur la non régularisation des sans-papiers sont un gage donné à l'électorat d'extrême droite". (Déclaration à l'AFP, mardi 24 novembre)

Le Front national : "Cette nouvelle gesticulation électoraliste du chef de l'Etat est de la poudre aux yeux et elle n'a qu'un seul objectif: tenter d'empêcher le retour au Front National des électeurs qui l'avaient quitté pour lui. Comme chaque jour, il a annoncé de nouvelles 'mesures', de nouveaux 'plans' pour soi-disant lutter contre l'insécurité, alors que la loi existe et qu'il suffit de l'appliquer".
Le FN rappelle que Nicolas Sarkozy est "responsable de la sécurité nationale depuis sept ans", en prenant en compte son passage au ministère de l'Intérieur, avant son élection à l'Elysée.
Le président a "prouvé sa totale incapacité à stopper l'immigration et l'insécurité qui en découle directement". "Il avait juré de débarrasser les banlieues des 'racailles', de nettoyer les cités au 'kärcher' et il n'a rien fait". (Communiqué, mardi 24 novembre)

Manuel Valls, député-maire PS d'Evry : "Ce n'est pas en expliquant qu'on va régulariser tout le monde d'un côté ou en disant que l'on ne régularisera jamais que l'on fait avancer le débat. Je pense qu'il y a des conditions d'intégration en matière d'emploi, d'école, d'habitat pour que les immigrés dont nous avons besoin puissent s'installer dans de bonnes conditions". (Déclaration, mardi 24 novembre)

Bruno Le Roux, député PS de Seine-Saint-Denis, où le chef de l'Etat s'est rendu) a dénoncé "l'instrumentalisation du thème en allant en coup de vent" en banlieue. "Personne ne lui demande de régularisation massive" mais il y a "plusieurs centaines de milliers de personnes sur notre territoire qui ne sont pas expulsables et pour lesquels il faut une régularisation large". (Déclaration, mardi 24 novembre)

Noël Mamère, député-maire Vert de Bègles : "Tout cela sent très mauvais. On va chercher dans les poubelles les oripeaux de 2002 pour la campagne de Chirac et ceux de 2007 qui ont fait le succès de Sarkozy: tolérance zéro, l'étranger qui est indésirable, la terre qui ne ment pas. Ce sont toutes ces saloperies qu'on nous ressort.
Il y a 5.200 sans-papiers qui sont en grève. Des gens qui travaillent, qui ont leur famille, qui paient des impôts et on ne veut pas les régulariser pour des raisons idéologiques. On n'a peur que le FN revienne, mais il reviendra.
Si le gouvernement était prêt à frapper les utilisateurs de sans-papier, il ne leur aurait pas réduit la TVA (dans la restauration).
La régularisation doit être très importante comme en Italie, au Portugal, en Espagne". (Déclaration, mardi 24 novembre)

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, député souverainiste de l'Essonne : "Je demande l'arrêt des régularisations. C'est un jeu de rôle entre le PS et l'UMP. En réalité le président régularise à tour de bras et ne contrôle pas l'immigration. Et le PS fait semblant de s'offusquer de sa politique de fermeté.
"Ce n'est pas le problème du front national, c'est le problème du peuple français qui n'en peut plus du discours de fausse fermeté du président de la République". (Déclaration, mardi 24 novembre)

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samedi 21 novembre 2009

Solidarité urbaine: Droite et gauche s'allient pour les banlieues pauvres

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Députés de droite et de gauche se sont unis pour que la dotation urbaine de solidarité (DSU) continue à profiter davantage aux communes les plus déshéritées.

L'événement est passé quasi-inaperçu, pourtant il est rarissime: élus de droite et de gauche se sont ligués, vendredi 13 novembre, à l'Assemblée nationale pour voter contre le gouvernement.

Le sujet de la fronde? La dotation de solidarité urbaine (DSU). Elle profite à 750 communes de plus de 10 000 habitants sur la base de critères de richesse (celle de la municipalité, celle de ses habitants).

Depuis plusieurs années, les élus des 150 communes les plus pauvres de cette liste demandent que la hausse de cette DSU leur soit réservée: vu leur situation, elles estiment en avoir plus besoin que les 600 autres, relativement mieux loties. En 2002, Jean-Louis Borloo, ministre de la Ville, leur avait donné satisfaction.

Déclaration de guerre au Sénat?

Mais cette année, le gouvernement a prévu de répartir la hausse de la DSU sur toutes les communes et non sur les plus déshéritées. Les maires de celles-ci (Clichy-sous-Bois, Sallaumines, Creil, Sarcelles, Villiers le Bel...) se sont ému de cette décision et ont convaincu Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la Ville, de partager  leur combat.

A l'initiative de Pierre Cardo, député UMP des Yvelines et maire de Chantelou- le- Vignes,  et d'autres villes de banlieues, les rebelles ont proposé un compromis: le recentrage des aides sur les 250 les plus pauvres et non sur les 150. Matignon a refusé, mais l'amendement Cardo a été voté par des députés de tout bord, ce qui a mis le gouvernement et la commission des Finances en minorité.

Le texte doit désormais passer l'épreuve du Sénat où le projet de loi de finances pour 2010 est examiné à partir du 19 novembre. Commentaire de François Pupponi, maire PS de Sarcelles: " Revenir sur ce vote serait une véritable déclaration de guerre contre la politique de la Ville. L'argument du gouvernement est de dire 'on leur a donné beaucoup d'argent et ils n'en ont pas fait grand chose', mais on voit bien qu'il y a le choc de deux sensibilités entre les élus qui incarnent la ruralité et ceux qui représentent les banlieues." Par Corinne Lhaïk

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Île-de-France : lancement des premiers projets du plan banlieue

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Le conseil régional d’Île-de-France, présidé par Jean-Paul Huchon (PS), a voté, subventions à la clé, le lancement de neuf chantiers dans le cadre du plan Espoir Banlieue, signé avec l’État en octobre 2008. Il s’agit d’accélérer les projets prioritaires de transports dans les quartiers dits « politique de la ville », là où les communes et le conseil général ont du mal à financer la part de 20 % qui leur revient. La région et l’État se sont engagés à prendre à leur charge à parité ces 20 %, pour un total de 40 millions d’euros.

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lundi 26 octobre 2009

Un coup de tonnerre dans la mémoire

BÈGLES. Destruction, hier, de la troisième des quatre tours de la cité Yves-Farge

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Devant l'entrée de ce qui fut la chapelle Sainte-Marie, les anciens combattants de la Fnaca se retrouvent pour un déjeuner entre amis. Gérard n'a pas oublié son appareil photo : « De là, on va voir le nuage de poussière ! » André, le clairon, reste curieux, mais pas plus ému que cela : « Il y avait quatre tours construites au milieu des années 60 ; alors voilà, on monte et puis après on démolit quand ça plaît plus ! » Un troisième « aurait beaucoup à dire », mais préfère ne rien dire. Inutile d'insister.

Nous sommes à Bègles, tout près du boulevard Jean-Jacques Bosc, à quelque 300 mètres de la cité Yves-Farge dont la troisième des quatre tours est promise à la destruction par explosion dans les minutes qui suivent. Cela dans le cadre de l'Opération de rénovation urbaine.

« Mes meilleures années » Pour rejoindre les sites à « point de vue », on passe devant le bar-PMU « des Boulevards ».

Là, en ce dimanche matin, personne ne s'intéresse à cette destruction promise comme spectaculaire. Qu'est-ce qui pourrait détourner d'une petite « mousse » bien fraîche? Dans ce secteur, 350 à 400 personnes sont en attente du déclenchement de l'explosion de la tour F avec ses 54 logements, opération techniquement définie comme « foudroyage ». 110 kg d'explosifs ont été installés, sous la direction de la société spécialisée SAEMCIB.

Le public est maintenu hors d'un périmètre de 200 mètres sécurisé par la police, appareils photo en batterie. D'anciens habitants de ces tours, mais aussi pas mal de curieux venus d'autres communes. Moura, jeune mère de famille, est émue : « Cette tour, c'est l'histoire de mes grands-parents arrivés d'Algérie en 1964 et installés là depuis 1967. J'y ai passé mes meilleures années ; je pleurais pour venir chez eux. Il y avait aussi, à l'époque, plus de lien social ; maintenant, c'est du chacun pour soi ! »

110 kilos d'explosifs

La sirène retentit ; les appareils photo s'arment. « Trois coups » lancent les mieux informés. Les 110 kg d'explosifs sont activés successivement, dans la seconde. Une déflagration comme la foudre à vos pieds ! Les « mousses » du bar des Boulevards vacillent. Deux jeunes filles se mettent à pleurer, stressées par ce bruit de tonnerre.

La foule se disperse lentement en même que la fumée sur le tas de gravats. La dernière des quatre tours disparaîtra dans un an. Les Terres Neuves se reconstruisent... à hauteur d'homme.

PATRICK FAURE

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lundi 5 octobre 2009

Le chômage augmente moins vite en banlieue que dans le reste du pays

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Entre juillet 2008 et juillet 2009, le nombre de demandeurs d'emplois dans les zones urbaines sensibles (ZUS) a augmenté de 20,7 %. Soit moins vite que le taux de chômage global sur le territoire qui, dans le même temps, augmentait de 24,3 %, selon des statistiques inédites de Pôle emploi.

Deux lectures sont possibles de ce constat. Optimiste, la première amène à observer que la situation dans les ZUS se dégrade un peu moins que dans le reste du territoire alors qu'on pouvait y craindre une chute brutale de l'emploi.

Pessimiste, la seconde conduit à relever que ces mauvais résultats s'ajoutent à des années de ségrégation et de discriminations et aggravent un environnement social déjà très dégradé.

Avec un taux de chômage qui reste globalement deux fois plus élevé en ZUS que dans le reste de la population. Et une population jeune (moins de 26 ans), dont 40 % des actifs restent sans emploi.

Grande couronne

L'analyse des dernières statistiques révèle deux enjeux majeurs. Celui des jeunes, qui sont les principales victimes de la crise. Selon Pôle emploi, le nombre de demandeurs d'emploi âgés de moins de 26 ans a augmenté de 24,8 % entre 2008 et 2009. Plus gênant, parmi eux, les diplômés à bac + 3 ou plus souffrent terriblement : la hausse du chômage atteint 44,4 % des jeunes de cette catégorie.

"Les taux de chômage ont explosé, notamment parmi les moins de 26 ans, s'inquiète Fadela Amara. Quand je suis arrivée, la situation était difficile. Avec la crise, elle est plus délicate encore. Nous devons renforcer nos interventions sur le front de l'emploi."

Le second enjeu est géographique. Toutes les ZUS ne subissent pas de la même façon les effets de la crise. Alors que l'attention est généralement fixée sur la banlieue parisienne, notamment la petite couronne, où les activités de service compensent en partie les tensions sur le secteur industriel, celle-ci apparaît plus protégée.

Certaines ZUS, en région, en grande banlieue et dans des villes moyennes, connaissent des augmentations bien plus spectaculaires. Sur la période 2007-2009, par exemple, les données collectées par l'Insee montrent que le chômage n'a quasiment pas augmenté dans des quartiers symboles comme ceux de Clichy-sous-Bois et Montfermeil, celui des Tarterêts à Corbeil-Essonnes, les "4 000" à La Courneuve, les "3 000" à Aulnay-sous-Bois ou dans les différentes cités de Villiers-le-Bel.

En revanche, des villes de grande couronne ou de province connaissent une augmentation plus forte du chômage. Dans le quartier Beauval à Meaux, par exemple ; à Saint-Christophe, à Cergy ; à la Grande Borne à Grigny ; aux Minguettes, en banlieue lyonnaise.

Derrière la crise actuelle, c'est aussi, sans doute, à une redéfinition des urgences de la politique de la ville que le gouvernement devra se préparer.

L. Br.

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mardi 1 septembre 2009

L'étonnant casting de la table ronde "jeunes-police"

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Après Luc Chatel, Brice Hortefeux et Fadela Amara ont-ils cédé à leur tour à la tentation de la mise en scène ? Le ministre de l'éducation nationale avait été filmé dans un supermarché, le 17 août, en train de dialoguer avec de pseudo clientes – en réalité des sympathisantes de l'UMP ou des employées du supermarché mobilisées pour l'occasion. Brice Hortefeux et Fadela Amara ont, eux, effectué un casting très serré pour offrir aux nombreux médias présents l'image du "consensus" autour de la table ronde organisée au ministère de l'intérieur, lundi 31 août, sur les rapports entre jeunes et policiers.

Dans l'ensemble, la vingtaine de représentants d'associations de banlieue ou de jeunesse ont fait état, au sortir de la réunion, de leur satisfaction quant à la démarche. Pouvait-il en être autrement ? La sélection avait été soigneusement préparée par les ministres, notamment Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la ville, qui a pioché dans ses réseaux personnels. Ni putes ni soumises (NPNS), d'abord, dont l'actuelle présidente, Sihem Habchi – qui a succédé à Fadela Amara à ce poste – s'est félicitée, devant les caméras, de l'approche préventive choisie par le gouvernement. Même chose pour SOS-Racisme, resté proche de la secrétaire d'Etat: son président, Dominique Sopo, a ainsi salué le "dialogue engagé" et souhaité un "travail fructueux".

Il n'est pas sûr, toutefois, que ces déclarations aient beaucoup d'impact dans les cités: les deux associations n'y disposent que d'une implantation limitée et y font l'objet de critiques virulentes, sinon d'un profond rejet. Au moins, les habitants de banlieue connaissent-ils leur existence. Car, pour la fédération Léo Lagrange, la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) ou la Coordination d'associations de l'éducation populaire (Cnajep), invités à représenter la jeunesse devant les ministres, il est à craindre que la plupart des jeunes ignorent tout de leurs activités.

PROXIMITÉ AVEC L'UMP

La légitimité des associations locales sélectionnées est à peine meilleure. En dehors d'une poignée de figures bien implantées, les ministres ont invité des interlocuteurs connus pour leur proximité avec l'UMP. Comme Raid d'aventure, placée sous le patronage de Nicolas Sarkozy et dont le président d'honneur est le sénateur UMP Serge Dassault. Ou comme l'association Zy'Va, largement financée par le conseil général des Hauts-de-Seine et pressentie par l'UMP, pendant la campagne présidentielle de 2007, pour accueillir un déplacement symbolique, et très sensible, du candidat Sarkozy en banlieue.

Quant à Driss Ait Youssef, invité au nom d'APC recrutement, il est auditeur de l'Institut national des hautes études de sécurité (INHES), un organisme rattaché au ministère de l'intérieur. Mais il s'est surtout fait connaître en conseillant Sarkozy – le fils, Jean, conseiller général UMP des Hauts-de-Seine – sur les banlieues. Entre communication et fabrication artificielle du "consensus", la frontière est parfois bien étroite.

Luc Bronner

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lundi 31 août 2009

Pour Hortefeux, jeunes et police doivent «effectuer un bout de chemin l'un vers l'autre»

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«Tolérance zéro pour les voyous, bavure zéro» pour police et gendarmerie...

La «table ronde» jeunesse-forces de sécurité est parvenue lundi a dégager un apparent consensus entre les associations invitées qui saluent «un dialogue engagé» et le gouvernement qui souhaite progresser vers «un respect mutuel».

Pour le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, jeunes et police doivent «effectuer un bout de chemin l'un vers l'autre», sur la base d'un principe: «tolérance zéro pour les voyous, bavure zéro» pour police et gendarmerie.

«Le dialogue est engagé»

«Le dialogue est engagé», a confirmé Dominique Sopo, président de SOS Racisme, qui a duré près de deux heures. «Nous espérons que ce travail soit fructueux (et) qu'il permette de résoudre les problèmes abordés», a-t-il ajouté.

Le ministre a annoncé la création «avant la fin septembre, d'une équipe de conciliation composée d'une personnalité indépendante, d'un psychologue, d'un haut fonctionnaire». Objectif: intervenir ponctuellement sur le terrain en vue de désamorcer des situations de crise, susceptibles de s'aggraver.

Par ailleurs, cinq groupes de travail appelés à faire des propositions dans les deux mois ont été mis en place: «territoire, comportements et pratiques professionnelles»; «construire un nouveau respect réciproque»; «ordre, autorité, sécurité»; «égalité des chances et promotion de la diversité des forces de sécurité»; «dialogue en situation de crise».

«Il n'y a qu'une seule méthode, le 100 % respect réciproque»

Pour Sihem Habchi, présidente de Ni putes ni soumises, «la machine est en marche», alors que Djamel Guenaoui, président de l'association Changeons de regard, a «l'impression qu'il y a eu un petit coup de baguette magique qui a éclairé les idées et fait qu'on s'intéresse aux gens qui travaillent sur le terrain».

Le ministre profitera de la réunion des responsables départementaux de police et de gendarmerie, mercredi, pour «rappeler les règles de courtoisie, de bien vivre ensemble, la question du tutoiement». «Il n'y a qu'une seule méthode, le 100 % respect réciproque», a souligné le ministre de l'Intérieur.

Plus réservé sur l'issue de cette rencontre, à laquelle il «regrette» de ne pas avoir été invité, Hassan Ben M'Barek, porte-parole du collectif Banlieues respect, a toutefois annoncé qu'il ne «fermerait pas la porte à une tentative de dialogue des pouvoirs publics avec les jeunes». «On s'attendait à voir des propositions, il n'y en a pas», a-t-il déploré, mais «nous allons réfléchir à la question de savoir si nous participerons à ces commissions». Quartier Sans Cible est aussi très septique sur les résultats d'une telle rencontre.

Avec agence

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