Quartier Sans Cible...Changeons l'image de la banlieue !

L'association Quartier Sans Cible décortique se qui se fait de mieux dans les banlieues. Elle essaye d'analyser les problématiques urbaines et donne la parole à tous les acteurs des quartiers populaires. Ensemble, changeons notre regard sur la banlieue !

lundi 30 novembre 2009

Zones urbaines sensibles : près d'un mineur sur deux connaît la pauvreté

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Le terme de génération sacrifiée n'est sans doute pas trop fort. Dans les zones urbaines sensibles (ZUS), qui correspondent aux quartiers les plus difficiles des métropoles françaises, soit 4,5 millions d'habitants, près d'un mineur sur deux vit aujourd'hui en dessous du seuil de pauvreté.

Dans ces mêmes territoires, les jeunes rencontrent toujours autant de difficultés à obtenir des diplômes leur permettant d'espérer une future insertion sociale. Ils continuent également d'être deux fois plus touchés en moyenne par le chômage, particulièrement les jeunes hommes, largement exclus du marché du travail et, plus que jamais, au cœur de la crise des banlieues.

Le rapport annuel de l'observatoire national des ZUS (Onzus), rendu public lundi 30 novembre, témoigne de la gravité de la situation dans les quartiers sensibles et éclaire les poussées de violence répétées, depuis les émeutes de 2005, d'une partie de la jeunesse des cités difficiles.

Il montre que, sur les cinq dernières années, avant même que la crise économique actuelle ne commence à faire effet, les gouvernements successifs n'ont pas réussi à corriger significativement les inégalités accumulées. Qu'il s'agisse de chômage, de pauvreté ou d'éducation, les ZUS demeurent des territoires relégués, en première ligne des tensions sociales.

Les données les plus préoccupantes concernent la pauvreté. Selon l'Onzus, 33,1 % des habitants des ZUS vivent en dessous du seuil de pauvreté (908 euros mensuels pour vivre) contre 12 % pour le reste du territoire. Cette proportion atteint le chiffre record de 44,3 % pour les moins de 18 ans habitant en ZUS, les premiers touchés par les inégalités de revenus.

"EFFET REPOUSSOIR"

Les difficultés d'accès à l'emploi restent également considérables. Entre 2003 et 2008, le taux de chômage dans les ZUS a certes très légèrement diminué, passant de 17,2 % à 16,9 %.

La secrétaire d'Etat à la ville, Fadela Amara, compte s'appuyer sur cette réduction pour vanter les mérites de la politique gouvernementale. Mais cette évolution favorable est relativisée par l'Onzus : si le chômage s'est bien réduit dans les ZUS, il a moins diminué que dans les autres territoires urbains, signe que les écarts se sont en réalité accentués.

Là encore, les jeunes figurent parmi les premières victimes. Notamment les garçons : en 2008, avant même le déclenchement de la crise économique, le taux de chômage des hommes de 15 à 24 ans originaires de ZUS a explosé, atteignant 41,7 %. Un mouvement à l'inverse de celui des femmes du même âge pour lesquelles les employeurs ont moins de réticences : leur taux de chômage a diminué passant en dessous de la barre des 30 %.

Des élus comme des sociologues s'interrogent désormais ouvertement sur "l'effet repoussoir" des jeunes hommes de banlieue, durablement pénalisés par l'image sociale négative des "jeunes à capuche", et sur les risques de radicalisation liés à leur sentiment d'exclusion et de marginalisation sociale.

FAIBLE NIVEAU DE QUALIFICATION

En arrière-plan, le faible niveau de qualification de la population, et des jeunes en particulier, apparaît comme un obstacle majeur et durable. Fadela Amara insiste sur les "frémissements positifs" enregistrés depuis deux ans, en particulier la hausse du taux de réussite au brevet des collèges et au baccalauréat, légèrement supérieure à celle enregistrée sur le reste du territoire.

Mais les données brutes de l'observatoire des ZUS relativisent ces commentaires positifs : les élèves des ZUS continuent de redoubler et d'échouer dans des proportions bien plus importantes que les jeunes issus de quartiers plus favorisés. Parmi eux, à nouveau, sans surprise, ce sont les garçons qui posent problème, plus souvent en retard scolaire, très largement distancés par les filles au brevet et au baccalauréat.

Luc Bronner

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dimanche 1 novembre 2009

Vibrations Urbaines : hip-hop au top

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FESTIVAL. C'est la dernière journée des Vibrations Urbaines à Pessac. Skate, BMX, roller, et hip-hop au programme

VU le monde, les cultures de la rue et du hip-hop sont bien sorties de l'ombre ! VU comme Vibrations urbaines, 12e édition, dans le quartier de Bellegrave.

Des milliers de jeunes de toute l'agglomération, la région et bien au-delà y sont venus toute la semaine et resteront jusqu'à ce soir.

Stages, spectacles, expositions, graf, performances et autres prouesses… Les compétitions de skate, roller et BMX sont particulièrement spectaculaires, dedans et dehors sur d'énormes buttes en terre. La glisse dans tous ses états s'est frottée à la musique lors de la grande soirée d'hier.

Programme sur www.vibrations-urbaines.net

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lundi 26 octobre 2009

GRAND PRIX TALENTS DES CITÉS 2009 ESPOIR.

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« A nos parents » Les Cenonnaises Malika Makhoukhi et Fatima Kouider leur dédient leur réussite

Un week-end à Paris, et quel week-end ! Les Cenonnai- ses Malika Makhoukhi et Fatima Kouider ont été sacrées Grand Prix Talents des cités 2009 Espoir banlieues un an après avoir créé Easy Paye, une entreprise spécialisée dans le traitement de la paye et la gestion des ressources humaines. L'événement se déroulait au Sénat, un partenaire majeur dans l'organisation des Talents des cités, un concours destiné à promouvoir les initiatives économiques solidaires dans les quartiers populaires. « C'est un peu comme les Oscars et le fameux "And the winner is" », s'amusait hier soir Fatima Kouider.

Sur le moment, c'était un autre sentiment. Elle raconte : « La surprise, on s'est regardé avec Malika et on s'est pris dans les bras avant d'aller chercher notre prix. » Et de poursuivre : « Nous avons toutes les deux dédié cette récompense à nos parents qui étaient présents dans la salle, pour leur éducation, leurs efforts pour que l'on fasse des études, tout en nous inculquant la valeur du travail. »

La tête sur les épaules

Après avoir franchi les échelons régional et national (1), Malika Makhoukhi et Fatima Kouider accèdent à une suprême distinction dans laquelle elles voient « la récompense d'un parcours ». « Ça nous conforte dans l'idée que l'on ne s'est pas trompé », apprécient-elles. Il ne fallait quand même pas manquer de convictions pour lancer cette affaire au moment où l'économie ne pouvait plus cacher sa crise.

Non seulement elles l'ont fait, mais en plus elles tournaient le dos à leur emploi salarial. Il leur a apporté un enseignement déterminant au moment de créer leur entreprise. « Beaucoup de nos clients exprimaient le besoin d'avoir un référent », explique Fatima Kouider. Le message n'est pas tombé dans l'oreille de sourdes. Les deux jeunes femmes proposent un service complet de paye externalisé, mais elles font la différence avec la concurrence dans le conseil qu'elles apportent à leurs clients. Elles ont « une approche humaine » et ça fonctionne d'autant plus que ce n'est pas le point fort de ce domaine.

Au Sénat, les lauréates des Talents des cités ont rencontré Gérard Larcher, le président, Fadela Amara, la secrétaire d'état chargée de la politique de la ville, et des représentants de grandes entreprises. Dont certaines du CAC 40. Les deux jeunes femmes ont reçu de leur part de vifs encouragements. Et ça s'arrêtera là pour des Cenonnaises « lucides sur la fragilité d'une entreprise qui n'a qu'un an ». Leur volonté est de passer par une croissance maîtrisée, de sorte que les 15 000 euros procurés par leur brillant parcours au Talents des cités ira en partie seulement dans le développement d'un site Internet. « L'emploi reste un objectif mais chaque chose en son temps », glissent les deux Cenonnaises qui se disent à la fois « différentes et complémentaires ».

De retour dans leur bonne ville de la rive droite, Fatima Kouider tient à « remercier Mustafa Yildiz pour son aide et ce qu'il est ». Mustafa Yildiz, l'artisan électricien, le Cenonnais qui avait été sacré Grand Prix Talents des cités en 2005.

(1) Les Cenonnais Saïd Saidani et Azzedine Archaoui postulaient également pour le titre.

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mercredi 19 août 2009

Leur raid est rude

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PESSAC, SAIGE-FORMANOIR. Deux jeunes de la cité préparent la diagonale des fous à La Réunion, une course difficile sur 156 kilomètres

Ils viennent de la cité Saige-Formanoir à Pessac et s'apprêtent à vivre « l'expérience de leur vie » à La Réunion. Romain Foudoux, 23 ans, et Saber Gharbi, 22 ans, se préparent pour la 17e édition du Grand raid du 23 au 25 octobre. C'est le parcours de la diagonale des fous, trois jours de course sur 156 kilomètres et 9 000 mètres de dénivelé où s'affrontent 2 500 professionnels et amateurs.

« Réussir à finir »

Mais rien ne semble impressionner ces deux Pessacais qui se sont rencontrés dans une salle de sport. « Nous sommes des adeptes du sport en général, on a touché à tout. Moi j'étais dans l'équipe des moins de 16 ans chez les Girondins de Bordeaux. Romain a joué au rugby en championnat de France junior, » raconte Saber.

La course s'annonce pourtant rude. Le départ est prévu à Saint-Philippe au sud et l'arrivée à Saint-Denis, vingt heures plus tard pour les meilleurs et jusqu'à soixante-cinq heures pour les moins bons. Entre-temps, il faudra affronter les pentes et les descentes abruptes sur un terrain volcanique et rocailleux. Romain, blessé au genou l'an dernier revient pour la seconde fois dans la course. « Il faut que j'améliore ma résistance physique, mentale et surtout gérer l'effort tout au long de la course. Le véritable but n'est pas de gagner, seulement de réussir à finir le parcours. »

Le goût de l'effort

Le défi n'est pas uniquement dans les jambes, les deux participants comptent profiter du voyage pour filmer leur quotidien et rapporter des témoignages de ce petit coin de France lointain. À leur retour, cinq conférences débats auront lieu à Pessac et Bordeaux 3 : « Nous voulons montrer une expérience de diversité positive. Là-bas, il y a beaucoup de brassage culturel et religieux mais cela pose peu de problèmes. Et puis, nous voulons aussi sensibiliser les jeunes au respect de la nature par la pratique du sport », insiste Saber.

Recherche de sponsors

En avril dernier, ils ont donc monté leur propre association « Pessac raid nature » ouvert à toutes les personnes désirant reprendre le sport ou le pratiquer en loisir. « Nous voulons recréer dans l'association l'esprit que nous mettons dans cette course à La Réunion, le goût de l'effort comme moyen de se faire plaisir, pas comme une compétition. » Les deux jeunes sont encore à la recherche de sponsors pour le raid. Ils embarqueront le 16 octobre prochain pour La Réunion, histoire de s'acclimater un peu avant de vivre une expérience inoubliable.

Auteur : Claire Thibault

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mardi 11 août 2009

On n est pas des bouffons !



Quartier Sans Cible à le plaisir de vous présenter ce documentaire (extrait):

Les stratégies de bons élèves d'un collège situé dans une cité dite "difficile" pour travailler malgré tout.

Portraits croisés de " combattants du savoir " : Des filles et des garçons, bons élèves d'un collège situé dans une cité dite "difficile" de la banlieue parisienne racontent leurs espoirs mais aussi leurs difficultés d'apprentissage au collège. Participer aux cours, répondre au professeur, vouloir réussir, c'est prendre le risque de se faire traiter de "suceur", ou de se faire exploiter par ses camarades. Certains réagissent, d'autres laissent faire et subissent. Tous adoptent une stratégie personnelle pour survivre, pour éviter la place maudite, celle du "bouffon

Un documentaire de 52' de Hubert Brunou.  http://www.lahuit.com/store/fra/show/57

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jeudi 28 mai 2009

La jeunesse, valeur négative ?

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Selon un sondage récent réalisé sur Internet, une majorité d’adultes ont une mauvaise image des jeunes, perçus comme individualistes et intolérants.

Le sondage réalisé pour l’Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV), par le cabinet Audirep du 20 au 29 avril dernier, avait pour but d’éclairer sur le regard que porte la population sur les jeunes. Ont été questionnées 1 000 personnes, représentatives « de la population française d’internautes âgée de quinze ans et plus ». Précisons d’emblée qu’il ne s’agit donc pas d’une étude sur un échantillon représentatif de la population française : ainsi, les hommes sondés représentent 54 % des personnes interrogées et les femmes 46 %.

Le constat, néanmoins, est inquiétant : pour 51 % des interrogés, l’image des jeunes, à travers leurs comportements et leurs actions dans la société, est « plutôt négative ». Le même pourcentage considère qu’ils ne sont pas solidaires et il monte à 70 % pour ceux qui les voient comme individualistes. Même appréciation négative à 59 % sur leur tolérance, à 52 % sur leur volonté de s’engager pour des causes utiles à la société. En revanche, cet engagement apparaît à la grande majorité de ces sondés utile pour réduire les inégalités dans l’accès à l’éducation, au logement ou à l’emploi. Et ils sont 78 % à saluer l’efficacité des actions des étudiants bénévoles au sein des quartiers défavorisés.

Ainsi, l’AFEV, qui mobilise chaque année 7 500 étudiants bénévoles dans les quartiers populaires, sort de ce sondage conforté dans ses actions. Tant mieux. Mais il ne faut pas en conclure qu’il est certain que la majorité de la population française a une vision négative des jeunes et, en l’absence d’études antérieures sur les mêmes critères, il est impossible de savoir si le phénomène relevé ici est récurrent ou non. En fait, si cette évaluation peut être utilisée pour justifier un peu plus aux yeux d’une population vieillissante et inquiète, une politique de plus en plus sécuritaire, elle peut aussi être interprétée comme le résultat des campagnes politico-médiatiques menées depuis plusieurs années sur le sujet. Le mauvais exemple venant du président lui-même qui n’a de cesse de fustiger les « racailles » de banlieue, quand ce ne sont pas les jeunes eux-mêmes ou encore ces graines de délinquants que sont les enfants de trois ans.

Émilie Rive

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mercredi 29 avril 2009

Les principaux dispositifs d'emploi des jeunes depuis 1977

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L'emploi des jeunes, au centre d'un "énième plan" présenté ce vendredi 24 avril par Nicolas Sarkozy, a été l'objet depuis 1977 de nombreux dispositifs de la part des gouvernements successifs, une accumulation qualifiée "d'extravagant concours Lépine" par le chef de l'Etat :

- 1977-1981 (Raymond Barre) : trois pactes pour l'emploi des jeunes combinant exonérations de cotisations patronales et dispositifs de formation.

- 1982 (Pierre Mauroy) : stages 16-18 ans et 18-21 ans, alternant formation théorique et pratique en entreprise.

- 1983 : contrats de qualification et d'adaptation et stages d'initiation à la vie professionnelle.

- 1984 (Laurent Fabius) : travaux d'utilité collective (Tuc) dans les collectivités locales, les associations et établissements publics.

- 1986 (Jacques Chirac) : mesures d'allégement, voire d'exonération totale de charges patronales.

- 1989 (Michel Rocard) : contrat emploi-solidarité (CES) pour des 18-25 ans employés à mi-temps dans les collectivités locales, les associations et établissements publics.

- 1991 (Edith Cresson) : exonération de charges sociales pour l'embauche permanente de 18-25 ans dans les entreprises.

- 1993 (Edouard Balladur) : tentative de d'instituer un contrat d'insertion professionnelle (CIP), mis en échec par la fronde étudiante.

- 1994 : aide au premier emploi des jeunes.

- 1997 : (Lionel Jospin) emplois-jeunes pour les moins de 26 ans dans le secteur public et associatif.

- 2002 (Jean-Pierre Raffarin) remplacement des emplois-jeunes par le contrat-jeune en entreprise (CJE), avec des aides financières pour les employeurs.

- 2003 : Civis (contrat d'insertion dans la vie sociale), dans les collectivités locales et aux associations.

- 2004 : contrat de professionnalisation, dispositif de formation en alternance remplaçant trois précédents contrats.

- 2005 (Dominique de Villepin) : dispositif Défense 2e chance destiné à ouvrir le chemin de l'emploi à des jeunes en rupture scolaire et sociale.

- 2006 : annonce d'un contrat première embauche (CPE), CDI pour les moins de 26 ans pouvant être résilié sans motif par l'employeur pendant les deux premières années, retiré après trois mois de contestation.

- 2008 (François Fillon): plan "Espoir Banlieue" avec "contrats d'autonomie" pour les 18-25 ans

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mercredi 8 avril 2009

Les jeunes des banlieues premières victimes de la crise

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Le site Mediapart a publié il y a quelques jours une information peu reprise (merci au zapping de canal+): selon une note gouvernementale restée secrète les jeunes des banlieues seraient les premières victimes de la crise et se retrouveraient brutalement éjectés du marché de l'emploi.

Les chiffres sont éloquents. Le nombre de jeunes inscrits au chômage dans des quartiers défavorisés classés parmi les 700 zones urbaines sensibles (ZUS) a progressé de 57,2% entre janvier 2008 et janvier 2009, et doublé (+104%) pour les diplômés Bac+3 ou plus. On mesure le sentiment d'injustice et de révolte qui peut saisir ces jeunes sacrifiés par une société qui leur reste largement indifférente.

Que les diplômes soient encore plus touchés que les autres ruine les efforts de promotion sociale et de valorisation de l'investissement dans la formation. Il s'agit là d'un signe très grave pour les jeunes des banlieues.

La principale explication avancée par Driss Ait-Youssef, directeur d'un cabinet de recrutement spécialisé dans l'égalité des chances n'est pas rassurante. Sensibilisées à la promotion de la diversité et de l’égalité des chances pendant les années de forte croissance, les entreprises confrontées à la crise n'accordent plus d'attention à ces questions et reviennent aux réflexes discriminatoires habituels: le quartier d'origine et la couleur de peau excluent de l'emploi.

La crise ne frappe pas tous les français et tous les jeunes de la même manière. Dans cette épreuve la solidarité est un impératif si l'on veut éviter l'explosion sociale. Les jeunes des quartiers populaires doivent comme les autres pouvoir attendre de la République qu'elle soit fidèles à ses principes d'égalité et de fraternité. Il en va de l'avenir de notre société et de sa cohésion. La France ne peut sacrifier une partie de sa jeunesse. Christophe Clergeau

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vendredi 20 mars 2009

Exigeons une justice juste pour les enfants



Quartier Sans Cible soutien unicef dans ce combat.

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vendredi 13 mars 2009

L’Etat veut que jeunesse se tasse

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Tu ne fumeras pas avant 18 ans, tu ne boiras pas d’alcool non plus, tu arrêteras de télécharger de la musique et des films au risque d’être sanctionné, etc. Mais tu travailleras à l’école pour décrocher un diplôme, tu multiplieras les CDD et les stages avant d’être embauché et tu auras peur du chômage… Entre un Etat qui réprime et surprotège, et une crise qui assombrit singulièrement l’avenir, ce n’est pas très réjouissant d’être jeune dans la France d’aujourd’hui.

Les mesures adoptées hier (lire page 4) partent pourtant d’un bon sentiment. Les jeunes fument de plus en plus - toutes les enquêtes le montrent -, et s’ils commencent plus tard, on diminuera le risque de les voir devenir accros et d’abîmer leur santé. Autre constat : les jeunes se soûlent avec des alcools toujours plus forts. En les limitant autoritairement, on les protège. Qu’ils le veuillent ou non.

Mal-aimés. On peut débattre de l’efficacité de telles mesures (aisément contournables) au regard d’une politique de prévention. Mais au-delà, la vision générale de la jeunesse qui s’en dégage est discutable: les jeunes boivent trop, fument trop, bref, ils posent «problème». Pour y remédier, c’est l’interdiction et la répression que l’on privilégie. Les associations faisant de la prévention ont vu leurs moyens chuter. Et ce que l’on présente comme des «opérations de sensibilisation» - les descentes de gendarmes avec chiens renifleurs dans les collèges à la recherche de cannabis - ont de forts relents répressifs. Ces méthodes sont censées rassurer une société inquiète et évitent de traiter les problèmes au fond.

Les sociologues arrivent à la même conclusion : les jeunes ont aujourd’hui une mauvaise image, ils en souffrent et se sentent mal-aimés. Le plus souvent, ils apparaissent dans le discours public comme des fauteurs de troubles - émeutes en banlieue, manifs qui dégénèrent, incivilités à l’école, etc. Ils font peur au point que devant la mobilisation lycéenne, en décembre, le gouvernement a reculé et suspendu sa réforme.

Revers. Selon une étude de la Fondation pour l’innovation politique, la France a échoué à intégrer ses jeunes. Comparés aux autres Européens, ils sont particulièrement touchés par le chômage et par la pauvreté (lire ci-dessous). Ils vont en outre être les grands perdants de la crise. Rien d’étonnant qu’ils soient les Européens les plus pessimistes - seuls 26 % jugent leur «avenir prometteur» (contre 36 % d’Allemands et 49 % de Suédois), et 22 % estiment avoir «une liberté et un contrôle total sur leur avenir» (contre respectivement 39 % et 35 %).

«Traditionnellement, les jeunes sont considérés comme catégorie à risques ou déviante, mais cela s’accentue en temps de crise, explique Cécile Van de Velde (1) de l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales). Comme l’Etat est incapable de les protéger socialement, il les protège malgré eux au nom d’impératifs sanitaires. Il apporte ainsi une réponse sécuritaire à un problème social, sur la question de la jeunesse et sur d’autres comme l’immigration. C’est le revers de son incapacité.»

Pour la chercheuse, il faudrait «responsabiliser les jeunes et les traiter en citoyens». Au lieu de cela, on prend des mesures «protectionnistes et familiaristes, ce qui est un trait des pays du Sud de l’Europe. Les aides sociales sont allouées aux parents pour aider leurs enfants. Alors que les jeunes Français, comme leurs cousins du Nord, aspirent avant tout à l’indépendance».

Positif. «Ce n’est pas en interdisant que les jeunes ne vont plus fumer. Il y a un problème de génération. Il ne se passe pas une année sans une révolte ou des manifestations de jeunes. Cela renvoie à un système scolaire brutal et à un monde économique qui fait porter les difficultés sur les plus vulnérables, les plus jeunes et les plus vieux, estime Didier Lapeyronnie (2), sociologue à l’université Paris-IV. Mais en face, on a un gouvernement avec une logique répressive, qui a imaginé mettre des enfants de 12 ans en prison.»

Pour Cécile Van de Velde, la nomination de Martin Hirsch comme Haut Commissaire à la Jeunesse est un signe positif : «C’est déjà une prise de conscience du prix que l’on fait payer aux jeunes générations, une reconnaissance de leur déclassement, dit-elle, mais il faudra voir sur quelles mesures on va déboucher.» VÉRONIQUE SOULÉ

(1) Devenir adulte. PUF, 2008 (2) Ghetto urbain, ségrégation, violence, pauvreté en France aujourd’hui, Robert Laffont, 2008

Posté par quartiersc à 23:20 - Jeunesse/Famille - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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