Quartier Sans Cible...Changeons l'image de la banlieue !

L'association Quartier Sans Cible décortique se qui se fait de mieux dans les banlieues. Elle essaye d'analyser les problématiques urbaines et donne la parole à tous les acteurs des quartiers populaires. Ensemble, changeons notre regard sur la banlieue !

samedi 28 novembre 2009

Pour montrer la banlieue sous un jour nouveau, Teum-Teum y embarque des personnalités.

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Samedi 28 novembre sur France 5.

Lancée à la rentrée par France 5, Teum-Teum, émission mensuelle présentée par Juan Massenya, fait le pari de présenter la banlieue autrement, loin des caricatures véhiculées par les médias.

Teum-Teum (appartement en verlan) montre des habitants qui luttent pour améliorer leurs conditions de vie par des engagements politiques ou associatifs ou simplement par des initiatives dans leur quartier, leur immeuble… Des héros anonymes, absents des JT et de la plupart des reportages consacrés à la banlieue. “On associe toujours la banlieue à des voitures qui brûlent ou à des violences faites aux femmes, explique Juan Massenya, et le public ignore la plupart du temps les actions individuelles ou collectives entreprises au quotidien.”

A l’origine animateur radio, Juan a passé dix ans à Générations FM avant d’arriver en août sur les ondes de Nova. Le regard porté sur ceux qui viennent des quartiers, il le connaît bien : après avoir grandi dans les Yvelines, il vit aujourd’hui à Pantin (93) où, antillais d’origine, il n’échappe pas aux préjugés. “Lors d’un contrôle de police, ce qui saute aux yeux, ce sont mes origines, pas ma qualité de journaliste.

Rien d’étonnant donc à ce que le parti pris de Teum- Teum soit si singulier. Après avoir pour la première émission entraîné Stéphane Guillon à la cité des 4 000 à la Courneuve, c’est Olivia Ruiz qu’il a emmené à Vitry-sur-Seine. Des lieux symboliques car précisément connus du grand public à travers des faits divers média tisés. Teum-Teum s’attache précisément à défaire cette vision. Ainsi Olivia Ruiz et Juan Massenya arpentent la cité Balzac, associée au meurtre de la jeune Sohane par son petit ami en 2002. Elle y fait la connaissance d’habitants qui, à leur niveau, essaient de changer les choses : Youssef, un ancien gangster, Papou, qui a créé une marque de vêtements, African Armure, des jeunes en train de pratiquer le double dutch, une discipline de corde à sauter dont Vitry est championne de France, des militantes associatives. “Dès que les journalistes présentent des initiatives positives, ils sont taxés d’angélisme, déplore Juan Massenya. Alors que le but de l’émission est de prendre le contre-pied du discours anxiogène.”

D’ailleurs, il ne faut pas s’y tromper : les habitants sont les véritables vedettes. Juan Massenya : “Le people sert d’accroche vis-à-vis du téléspectateur, mais ce qui m’intéresse ce sont les gens.” Pour autant, Teum-Teum fait appel à des personnalités venues de milieux divers, comme pour mieux diversifier son propos. “Olivia Ruiz vient d’un milieu populaire. Mais Stéphane Guillon, qui a grandi à Neuilly, a parfaitement compris le principe de l’émission. Il est arrivé en disant : “Moi aussi je suis né en banlieue, et je m’en suis sorti !” Teum-Teum, c’est exactement ça : aller à la rencontre des autres.” Preuve que les invités peuvent être inattendus : la prochaine émission entraînera Geneviève de Fontenay dans la banlieue de Lyon.

par Marjorie Philibert

Teum-Teum, samedi 28 novembre à 14 heures sur France 5

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lundi 23 novembre 2009

Avec "S.O.S.", Diam's oscille entre confessions intimes et pamphlet

Depuis ses débuts, en 1999, Diam's (de son vrai nom Mélanie Georgiades) a construit son immense succès en mêlant revendications sociales et histoire intime. Si, comme la rébellion, l'"ego trip" - cet art de se faire mousser avec des rimes - est l'une des raisons d'être du rap, la première star féminine du hip-hop français s'est d'abord livrée en exposant ses fêlures, assorties de coups de poing, d'humour, d'analyses aiguës sur sa "France à elle".

Jamais, pourtant, cette Française d'origine chypriote n'avait été aussi loin dans l'autoanalyse qu'avec S.O.S., quatrième album dont la sortie se fait sur fond de polémiques à propos de sa pratique de l'Islam et de son refus de parler aux journalistes.

Fruit d'une dépression survenue après le triomphe de l'album Dans ma bulle (plus d'un million d'exemplaires vendus), ce disque est à la fois une bouteille jetée à la mer, le décryptage d'une chute et d'une rédemption.

Mélanie ouvre l'album, en mettant en scène une jeune fille étouffée par son double. Un saisissant contraste de voix illustre la schizophrénie de l'artiste tiraillée entre les angoisses de la trop sensible Mélanie Georgiades et la rage bravache de Diam's, son porte-parole générationnel.

Cause humanitaire

Le besoin de tout mettre à plat, de dire toute la chronologie de son parcours, tous les doutes et les nouvelles certitudes enfante deux morceaux de dix minutes, dont I Am Somebody, tour de force autobiographique à coeur ouvert.

De la même façon qu'elle culpabilise de posséder "la même Rolex que Nicolas" et choisit désormais la cause humanitaire (Les Enfants du désert), on sent que la chanteuse s'en voudrait de rechercher ici le hit à tout prix. La plupart du temps, cordes, piano et guitare sèche dominent, au risque de surligner lourdement la tension dramatique des thèmes abordés. C'est particulièrement vrai quand Diam's parlent de ses peines de coeur (S.O.S., Coeur de bombe, Dans le noir). La sincérité n'empêche pas le conformisme de la vision amoureuse et des rapports hommes-femmes, comme le romantisme larmoyant de son accompagnement musical.

Plus que du hip-hop avant-gardiste d'une Missy Elliot, Diam's se rapproche d'une tradition de la chanson française. Elle le revendique avec malice : "La variét' j'lui vole ses airs/Et alors qu'est-ce qu'elle va faire ?" Si elle est la petite soeur de NTM, la rappeuse est aussi fille de Charles Aznavour, Francis Cabrel, Daniel Balavoine ou Renaud.

Comme souvent, c'est quand Diam's capte l'air du temps et observe la France que sa verve produit le plus d'étincelles. Sur une boucle de guitare folk, L'Honneur d'un peuple est un morceau de bravoure. Avec ses clichés ("A gauche, à droite, ils veulent tous se ressembler/D'façon, ils veulent le beurre et l'argent du peuple") en guise de réponses à d'autres clichés, ceux des politiques sur la jeunesse des banlieues. Mais avec aussi mille traits tranchants et pertinents sur les inégalités et les crises d'identité de la société française : "Se prennent pour qui à vouloir faire la morale/Et nous faire croire que ce pays c'est des p'tits blonds dans une chorale".

Convertie à l'Islam au début des années 2000, la rappeuse suscitera le débat avec Lili, qui plaide pour l'autorisation du port du voile à l'école, allant jusqu'à en faire un symbole d'amour et de tolérance. D'une énergie toujours tumultueuse malgré sa quête de sérénité, Mélanie-Diam's se livre dans sa complexité et ses contradictions.


S.O.S. de Diam's, 1 CD Hostile records/EMI.

Stéphane Davet (Le monde.fr)

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Harry Roselmack derrière les murs de la cité

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RÉSUMÉ

Pour le premier numéro de cette toute nouvelle émission, Harry Roselmack invite à découvrir de l'intérieur un univers que les téléspectateurs lambdas connaissent mal : il s'offre ainsi une immersion au coeur de la cité de Villiers-le-Bel, en région parisienne, là où éclatèrent de violentes émeutes en novembre 2007, après la mort de deux adolescents. Le journaliste s'est installé dans cette cité réputée «sensible», posant ses valises durant un mois dans un appartement de la ville. Au fil des jours, il a gagné la confiance des autres locataires et de quelques habitants, recueillant leurs témoignages sur leur quotidien.

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CRITIQUE TÉLÉRAMA  T5_g

Présenté par Harry Roselmack. Réalisation : Gaël Leiblang (France, 2009). 95 mn. Inédit.

Deux ans après les événements survenus à Villiers-le-Bel, Harry Roselmack est parti en immersion dans cette cité du Val-d'Oise. Pas uniquement pour revenir sur l'affaire qui avait embrasé la ville en novembre 2007 (la mort de deux adolescents circulant en minimoto et tués par un véhicule de police), mais pour filmer au long cours - durant trois semaines - la vie des habitants de cette cité dite sensible, qui s'est sentie malmenée, voire trahie, par la presse au moment des émeutes qui avaient suivi.

Adapté d'un format anglais présenté par Louis Theroux, journaliste phare de la BBC (coproducteur avec TF1), ce nouveau magazine abordera des sujets de société. « Le concept, explique Harry Roselmack, c'est observer et décrypter un milieu, regarder ce qui s'y passe et poser des questions. Sans vouloir être prétentieux, notre ambition serait de faire un peu de sociologie audiovisuelle, mais sans expert, ni spécialiste... »

Dans les extraits que nous avons pu voir, Harry Roselmack dialogue avec les habitants. Echanges forts chez des retraités, Christian et Marie-Ange, qui dépeignent leur colère au journaliste. Ou encore dans une mission locale avec des jeunes fragilisés par leur vie en banlieue et les codes qu'elle impose. La caméra de Gaël Leiblang, auteur en 2008 du jubilatoire La Meilleure Façon de cuisiner, virevolte sur les visages. Et la surprise est au coin de l'interview, précise le journaliste qui rebondit sans cesse sur les propos de ses interlocuteurs. Un concept intéressant et des éléments très prometteurs.

Emmanuelle Skyvington

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dimanche 15 novembre 2009

Karim Kacel Banlieue



Karim Kacel est sans doute le premier chanteur issu de l'immigration nord-africaine à avoir émergé dans le paysage musical français au tout début des années 80. Mais il se distingue aussi par le fait que contrairement à Rachid Taha plus tard, puis à Faudel, son répertoire n'a guère à voir avec sa culture maternelle. Au contraire, ses chansons s'inscrivent de plain-pied dans le patrimoine le plus classique de la chanson française, celle des Brel et Brassens, des grands textes, d'une certaine poésie et d'une interprétation sans faille.

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vendredi 6 novembre 2009

"Crise de conscience" Kool Shen

Après une reformation scénique remarquée avec NTM, c'est en solo que Bruno Lopes revient avec un deuxième opus sombre.

Son show au Zénith de Paris, en 2005, était censé annoncer sa retraite puisque Kool Shen désirait par la suite se consacrer pleinement à l'activité de son label IV My People. Après quelques succès, la structure s'est éteinte et la plume du rappeur est ressortie du tiroir. Revenu sur le devant de la scène avec son compère JoeyStarr, fin 2008, pour une tournée de reformation avec NTM, saluée par la critique et le public, l'artiste, 42 ans au compteur, serait-il victime de cette fameuse "crise de la quarantaine" ? Pas pour un sou car avec "Crise de conscience", c'est plus à une prise de conscience que Kool Shen veut sensibiliser son public, plus de vingt ans d'activisme dans le rap derrière lui.

Sur des instrumentations entièrement jouées (guitares, basses, claviers, violons...), Kool Shen livre un album de hip-hop que certains pourront cataloguer de "old-school". Posé et certainement marqué par les changements dans sa vie - il est notamment devenu papa - le rappeur laisse exploser toute sa sincérité sur un "Vivre dans l'urgence" poignant et nostalgique. Plutôt sombre, ce disque ne laisse aucun sujet de côté : la situation sociale ("La France hallucine"), les inégalités ("Mauvaise école") ou encore le réchauffement climatique avec "Grandeur et décadence". N'oubliant pas son compère JoeyStarr, rugissant, sur un "J'reviens" véritable ego-trip décomplexé, Kool Shen laisse néanmoins une porte ouverte à l'espoir avec un "Eldorado" lumineux et sensiblement optimiste. Un grand disque de rap sans aucun doute, voire un grand disque tout court.

Tracklisting

1 · Intro
2 · J'reviens
3 · La France hallucine
4 · Interlude Vivre dans l'urgence
5 · Vivre dans l'urgence
6 · Rappelle-toi
7 · Salope.com
8 · Mauvaise école
9 · Jusqu'au bout
10 · Grandeur et décadence
11 · C'est bouillant
12 · Vendredi 13
13 · J'ai jamais eu besoin
14 · Eldorado
15 · Outro

MusicActu

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jeudi 10 septembre 2009

Kery James - Banlieusards



Ce clip (très réussi) se veut positif et explicite.
pour résumé ce serait "banlieue n'est pas égale à échec"

La preuve en image aux côtés de nombreux guests comme Liliam Thuram, M.Dia, Didier Morville aka Joey Starr, Mélanie Georgiades plus connue sous l'alias "Diams" entre autres et des anonymes qui ont réussi malgré leur soit disant statut de "banlieusards". A voir et entendre absolument.

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mercredi 2 septembre 2009

Quartier Sans Cible humeur

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Mercredi 2 septembre 2009 l'émission C dans l'air de Yves CALVI s'intitulée Criminalité en hausse Durant toute l'émission il a été question des jeunes de banlieue. On peut se poser alors la question: pourquoi un tel titre? Criminalité = jeunes de banlieue...vous avez dit amalgames ? DP

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vendredi 21 août 2009

Neuilly sa mère le debut


Neuilly sa mère ! en tête du box office avec 432 722 spectateurs dés la première semaine !

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samedi 18 juillet 2009

Extrait de Film, Bande Annonce, Trailer: Neuilly Sa Mère AU CINEMA LE 12 AOUT 2009

A propos du film Neuilly Sa Mère:

Mais quel mauvais démon a pu tirer Sami, 14 ans, de sa cité près de Châlon où il vivait heureux pour le transporter à… Neuilly-sur-Seine ? La ville du président de la République ! Le sort a voulu qu’il soit confié à sa tante Djamila, qui a épousé un certain Stanislas (Denis Podalydès), un bourgeois de la vieille école. Et à Neuilly, on découvre vite que les slogans désormais célèbres font loi : « Ma chambre, tu l’aimes ou tu la quittes », clame Charles, le cousin chez qui a emménagé Sami. Sans oublier le fameux « N’oubliez pas qu’ici, on étudie plus pour réussir plus » de la directrice du collège, alias Josiane Balasko, qui nous annonce un joli rôle à contre-emploi au pays du bling bling et des bonnes manières.

Le casting (Valérie Lemercier, Ramzy Bedia, Armelle, François-Xavier Demaison…) promet un grand souffle de légèreté sur cette comédie qui, si elle ne tombe pas dans les clichés habituels sur la bonne bourgeoisie versus le petit gars des cités, devrait offrir de savoureux clins d’œil à la France d’aujourd’hui, bourrée d’antagonismes et de préjugés mutuels.

Fiche d’identité de Neuilly Sa Mère:

* Réalisateurs: Gabriel Julien-Laferrière
* Genre: Comédie
* Casting: Samy Seghir, Jérémy Denisty, Rachida Brakni, Denis Podalydès, Armelle, Valérie Lemercier, Josiane Balasko, Ramzy Bedia
Julien Courbey, François-Xavier Demaison, Olivier Barroux, Elie Semoun
* Date de sortie: 12 août 2009

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Ma proche banlieue, Une expo sur la banlieue de Patrick Zachmann.

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Ma proche banlieue, Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Palais de la Porte dorée. 293, av. Daumesnil, 75 012. Rens.: 01 53 59 58 60 info@histoire-immigration.fr. Jusqu’au 11 octobre.

Des zones d’activités commerciales, ZAC comme les nomment les panneaux de circulation. Des paysages mornes parsemés de tours aux couleurs fanées. Un carrelage mural composant une mosaïque dans les tonalités orange, vertes, ou jaune criard. La banlieue ordinaire, capturée par l’objectif de Patrick Zachmann, est exposée à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration.

Plus d’une centaine de clichés qui révèlent l’évolution de centaines de quartiers «difficiles» pendant ces vingt-cinq dernières années. Le béton et la froideur à la périphérie de Paris et de Marseille courent sur les murs de la Cité, mais ce sont surtout les habitants qui intéressent le photographe. Au milieu des tours, de nombreux portraits. «J’écoute beaucoup les gens. J’aime saisir l’instant après qu’ils ont fini de parler. A ce moment-là, ils peuvent avoir des regards très lointains», explique Patrick Zachmann.

Retour à Marseille. Laisser planer un voile de mystère plaît au photographe. En 1984, il s’est rendu à Marseille pour animer un stage auprès de jeunes issus de quartiers populaires et en a tiré la série Ali, Hacène, César, Nadia, Chérif, Aïcha, Paul et les autres. Une vingtaine d’années plus tard, le photographe est parti à leur recherche afin de savoir ce qu’ils étaient devenus. Les deux séries tirées de ses séjours dans le Sud se répondent. La première en noir et blanc, la seconde en couleurs, témoignages du temps qui a passé et souvent failli.

Les visages ont vieilli. «On parle souvent des jeunes comme s’ils étaient interchangeables et surtout comme s’ils ne grandissaient jamais.» Chérif, chevelure longue et bouclée à la Platini, était un peu rebelle. En 2005, il est devenu père de famille. La tête rasée, comme Zidane. Certains stagiaires ont connu un destin plus tragique. Marius est de ceux-là. On le voit jeune homme fragile. Le regard perdu dans le vide, les bras suspendus aux cordes d’un chapiteau. Sur la deuxième série, Marius apparaît de loin, allongé par terre. Malade, il vit dans la rue.

Sans misérabilisme, Patrick Zachmann saisit les évolutions de ses modèles que le visiteur perçoit autant comme les protagonistes d’un documentaire que comme les personnages d’une fiction.

Zachmann dit ne plus être militant comme lorsqu’il a commencé la photographie au milieu des années 70. Son travail n’en demeure pas moins ancré dans le réel. L’identité, la mémoire et l’immigration, sont les thèmes majeurs de son travail.

Il a également réalisé une série de clichés sur sa famille, d’origine juive polonaise et algérienne (Enquête d’identité), ainsi qu’un court-métrage sur son père. Patrick Zachmann dit aimer laisser la parole à ses sujets. Entré à l’agence Magnum en 1985, il se veut un touche-à-tout qui refuse de rester prisonnier du cadre. Ma proche banlieue en est la démonstration : beaucoup de photographies, mais aussi des sons ou des impressions notées sur le vif des reportages. «J’ai souvent besoin de passer au cinéma documentaire pour enregistrer la parole des gens, le mouvement. Parfois il faut casser l’immobilité de la photo et son silence.»

Captures d’écrans. Les seules images de violence ont été prises en 2005, lors des émeutes de Villiers-le-Bel. Intitulées Vu d’ailleurs, ce sont des captures d’écrans télé, faites à Shanghai où Zachmann se trouvait au moment des faits. Les images de voitures incendiées, érigées en symbole de la sauvagerie urbaine, sont altérées par la mauvaise qualité volontaire des clichés. Comme une métaphore des représentations que l’on peut se faire de la banlieue «en flammes», déformées par les idées reçues et la propagande sécuritaire.

Par THIPHAINE LE ROY (Libération)

Posté par quartiersc à 21:56 - Musique/Art/Ciné/Télévision - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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