Quartier Sans Cible...Changeons l'image de la banlieue !

L'association Quartier Sans Cible décortique se qui se fait de mieux dans les banlieues. Elle essaye d'analyser les problématiques urbaines et donne la parole à tous les acteurs des quartiers populaires. Ensemble, changeons notre regard sur la banlieue !

dimanche 1 novembre 2009

TF1 : un nouveau partenaire culturel du 93

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A la fin du mois de juin dernier, Claude Bartolone, le président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis annonçait la signature d’une convention d’un partenariat avec TFI sous l’intitulé "Médias et Diversité".

Vaste programme… À l’heure où la Seine-Saint-Denis fait ses comptes et règle de vieilles querelles politiciennes, le Conseil général veut faire table rase du passé et n’hésite pas à sabrer dans le tas les subventions du tissu associatif sur l’ensemble du département. Le président claque la porte au nez d’associations qui travaillent sur le territoire depuis des années et recherche des partenariats plus lucratifs. C’est le cas de TF1, avec qui Claude Bartolone a décidé de signer cette convention, en grande pompe, sous couvert de promouvoir "la diversité". Le mot sonne creux et renvoie en écho à la notion de "discrimination positive" chère au gouvernement.

Le 12 octobre 2009, dans les locaux de TF1, Nonce Paolini, son président, a honoré son engagement en accueillant solennellement les six jeunes sélectionnés pour deux années d’apprentissage au sein de la chaîne privée. Six jeunes : Chou, Elie, Florice, Jean-Marie, Sezen et Zineb ont été choisis en septembre et sont tous parrainés par un salarié de TF1. Ils auront selon la conjoncture des possibilités d’embauches à la fin de leur apprentissage. Maigres perspectives individuelles pour une poignée de jeunes qui ressemblent davantage à une opération de communication : un échantillon pour l’image. Une classe de troisième se verra profiter des stages de découvertes professionnelles par la chaîne. Des collégiens et des jeunes en insertion pourront effectuer des visites mensuelles d’immersion professionnelle dans les locaux. Enfin, la chaîne s’engage à soutenir le concours des Créateurs d’Entreprises, un concours organisé par le Conseil général et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Seine-Saint-Denis pour encourager la création d’entreprises liées aux métiers de l’audiovisuel.

Petite recette de démagogie

Ça ne coûte rien et c’est bon pour l’image. Depuis son élection en mars 2008, Claude Bartolone, multiplie les discours sur la jeunesse, et la richesse de la diversité : "la France de demain, diverse et multilingue, se construit dans l’incroyable laboratoire du vivre-ensemble qu’est la Seine-Saint-Denis ». Pour le président du Conseil Général, TF1 semble être le meilleur interlocuteur puisque c’est la "première chaîne à avoir osé engager pour son journal du 20h un journaliste issu de la diversité, aux compétences larges et reconnues". Il entend ainsi mettre en œuvre un dispositif d’orientation, de formation, de parrainage et de recrutement des jeunes dans les métiers de l’audiovisuel. Et les mauvaises langues de rétorquer que TF1 arrive par ce biais à prendre racine dans un département où elle cherchait des informateurs, en se rachetant une image à bas prix. « Ce que j’apprécie, c’est que lorsqu’il y a des sujets sensibles sur la banlieue, on vient me demander conseil. » explique Zineb Mirad au Parisien. A 20 ans, elle est une des heureuses élues, sélectionnée après avoir publié au Bondy Blog et participé à un atelier de journalisme organisé à Bobigny. Repérée "pour ses compétences", elle collabore aujourd’hui à la rédaction de LCI.fr.

Sans hypocrisie, la convention se voit comme une opération culturelle accompagnée par la création et la promotion d’événements artistiques. Dans les hautes sphères départementales, on se félicite de cette "petite pierre à l’édifice qui nous permet de dire à nos jeunes que tout est possible !".Le Conseil général a pourtant pris des mesures draconiennes et amputé sévèrement le budget de la culture pour l’année 2009. Les associations trinquent : licenciements des salariés, gels des projets, disparitions annoncées. Cette convention de paillettes propose un cache-misère pour une réalité complexe avec laquelle les associations composent sur le terrain depuis des années avec l’ensemble de la population. Des problèmes qui ne peuvent se résoudre d’un coup de baguette magique. Claude Bartolone, avec naïveté ou en toute conscience démagogique, applaudit le cynisme des groupes qui comme TF1 ont défini la valeur marchande de cette diversité.

L.Servin

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samedi 24 octobre 2009

30 ans de politique de la ville

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Le 27 mai 2000, la 'Muraille de Chine', bâtiment de 280 mètres de longueur, situé dans le quartier de Montchovet, au sud-est de Saint-Etienne, s'effondre, par une technique de foudroyage et basculement.

Par Catherine Gouëset

Voilà plus de trente ans que les pouvoirs publics tentent de remédier aux maux des quartiers difficiles. Des dizaines de programmes ont été mis en place, avec des résultats inégaux, aboutissant à un empilement de mesures dont l'efficacité est difficilement mesurable. Rappels des principaux chantiers lancés depuis le début des années 80.

Selon un bilan de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles paru en 2008, les milliards injectés dans les banlieues ont eu des effets positifs. Si le taux de chômage des jeunes reste élevé dans les quartiers -deux fois plus qu'ailleurs- il a néanmoins baissé au fil des ans.

Dans les zones franches urbaines, l'activité économique a été stimulée par les exonérations fiscales. Mais chaque embrasement des banlieues rappelle l'ampleur des ségrégations sociales et ethniques qui persiste en France que les nombreux programmes n'ont pas suffi à réduire.

La politique de la ville démarre en 1981, après les troubles de la banlieue lyonnaise, notamment à Vénissieux. Des programmes de développement social des quartiers (DSQ) sont mis en place dans une vingtaine de cités. En 1984, le nombre de quartiers concernés passe à 142, puis à plus de 500 en 1989.

Parallèlement, l'axe est mis sur l'éducation avec la création de zones d'éducation prioritaire (ZEP) créées par Alain Savary, ministre de l'Éducation. Il s'agit d'adopter des programmes spécifiques pour les enfants en difficulté scolaire dans les zones sensibles. On s'engage aussi dans la lutte contre la délinquance en mettant l'accent sur la prévention, avec la création du Conseil national de la prévention de la délinquance (CNPD), sous la houlette de Gilbert Bonnemaison, avec en particulier les opérations "prévention été".

En 1983 est lancée la mission " Banlieues 89" dirigée par Roland Castro et Michel Cantal Dupart, dont l'objectif est de réhabiliter et relier entre elles les banlieues.

En 1988 est créée la Délégation interministérielle à la ville (DIV), qui regroupe les ministres concernés, des maires et des personnes qualifiées et accorde à 400 quartiers les bénéfices des dispositifs de la seconde génération des DSQ.

En 1990, après les troubles de Vaulx-en-Velin, François Mitterrand annonce la création d'un ministère de la Ville, confié à Michel Delebarre. Plusieurs lois sont votées pour accompagner cette politique : la loi du 13 mai 1991 sur la solidarité financière entre les communes, qui vise à renforcer la solidarité entre communes riches et communes pauvres; la loi d'orientation pour la ville (LOV) du 13 juillet 1991, qui entend remédier à la ségrégation urbaine en préservant l'habitat social dans les centres villes.

En 1993, sont lancés une dizaine de grands projets urbains (GPU) qui prévoient une profonde restructuration des grands ensembles les plus dégradés.

En 1994, sous l'impulsion de Simone Veil, les premiers contrats de ville sont signés. Ils prévoient l'élaboration d'un projet global de développement de l'aménagement urbain, de l'action sociale, culturelle et de formation, ainsi que de prévention de la délinquance. 185 sites sont choisis.

En 1996, le gouvernement d'Alain Juppé crée le pacte de relance pour la ville (PRV) qui met l'action sur la création d'emploi. Plus de 700 zones urbaines sensibles (ZUS) sont créées, concernant 4,5 millions de personnes; elles offrent des exonérations fiscales aux entreprises qui s'y installent. Sont également créées 400 zones de redynamisation urbaine (ZRU) où les entreprises bénéficient d'exonération de taxe professionnelle et de cotisations sociales. 44 zones franches urbaines (ZFU) doivent bénéficier d'avantages supplémentaires.

En 1999, le gouvernement Jospin met l'accent sur la qualité de vie. Cinquante sites sont sélectionnés pour bénéficier de grands projets de villes (GPV), dotés d'un financement global de 840 millions d'euros sur six ans. L'effort de l'Etat pour les contrats de ville est en hausse de 44% (2,6 milliards d'euros sont prévus pour la période 2000-2006).

En 2000, la loi solidarité et renouvellement urbains (SRU) a pour objet de mieux répartir les logements sociaux et de résorber l'habitat insalubre, le mitage des périphéries et le développement anarchique des transports urbains. Elle impose aux communes de plus de 3500 habitants 20% de logements sociaux.

En 2003, la loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine, dite "loi Borloo", met l'accent sur la rénovation urbaine avec son programme national de rénovation urbaine (PNRU) et la création de l'agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU, 30 milliards d'euros sur cinq ans) qui lance un vaste programme de démolition, afin de "casser les ghettos". Le dispositif des zones franches urbaines (44) est prolongé pour cinq ans et doit être élargi pour parvenir à 85.

Après les émeutes de novembre 2005, Dominique de Villepin annonce un projet de loi "égalité des chances" qui propose notamment une réforme de l'apprentissage et un contrat de responsabilité parentale.Les crédits de rénovation urbaine sont augmentés (de 20 à 30 millions d'euros d'ici à 2010) et la politique de diminution des aides aux associations est remise en cause (100 millions d'euros sont débloqués).

En 2006, la loi Engagement National pour le Logement(loi ENL) promeut  l'augmentation de l'offre de logements à loyers maîtrisés et l'aide à l'accession à la propriété pour les ménages modestes.

En 2007, l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances concentre les crédits participant au développement social des quartiers. L'enveloppe gérée par ce nouveau "guichet unique", de l'ordre de 500 millions annuels, s'appuie sur le FIV (Fonds interministériel d'intervention pour la ville) et les moyens du Fasild (Fonds d'action et de soutien pour l'intégration et la lutte contre les discriminations).

En 2008, le "plan espoir banlieue" présenté par Fadela Amara prévoit un "contrat d'autonomie", proposé aux "jeunes sans emploi des quartiers" de moins de 26 ans, afin de leur apprendre les "codes nécessaires à l'insertion dans l'entreprise", et des "écoles de la deuxième chance", organismes privés qui doivent accueillir 4000 jeunes en échec scolaire dans 24 départements. 4000 policiers doivent être déployés dans 200 quartiers touchés par la violence urbaines, les unités territoriales de quartier (UTQ).

Pour en savoir plus :
La politique de la ville (1970-2005), 35 ans d'expérimentations
La Documentation Française. L'Express.fr

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dimanche 4 octobre 2009

Et demain, un mouvement politique des banlieues ?

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La mise au point claque rapidement : « C'est un rendez-vous politique, pas un festival ! » Désireux de s'affranchir des tutelles en tous genres, les membres du FSQP, pour la plupart vétérans de la cause militante dans les quartiers dits difficiles, en ont assez des initiatives éparpillées « et qu'on ne voit jamais ».
A partir des expériences des uns et des autres, partout en France, des histoires et des mémoires des quartiers, ils veulent être « un espace d'affirmation d'une parole politique, sociale et culturelle ».

Lors de la 1 re édition, ils déclaraient : « On a beaucoup à dire du racisme, des violences policières, des discriminations, de l'islamophobie (...) mais nous refusons d'être cantonnés à cela. Nous avons autant à dire sur la santé, l'éducation, le travail, etc. »Pour Tarik Kawtari, « il s'agit de créer un mouvement politique des quartiers » pour que les habitants de ceux-ci aient l'impression d'avoir une voie qui compte.
D'autres projets sont en vue, menés notamment par le Mib, comme la mise sur pied d'une fondation pour aider les victimes de crimes policiers, "pas les violences mais les crimes".

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lundi 28 septembre 2009

Des parlementaires préconisent la suppression des ZUS

n rapport parlementaire remis, mercredi 23 septembre, au premier ministre François Fillon préconise une révision de la politique de la ville, notamment la suppression des zones urbaines sensibles (ZUS). Rédigé par Gérard Hamel, député UMP d'Eure-et-Loir, et Pierre André, sénateur UMP de l'Aisne, le document dresse un bilan mitigé des dispositifs existants. « L'intervention par zonage enferme les quartiers sur eux-mêmes plutôt que de contribuer à leur meilleure insertion dans la ville », estiment-ils, préconisant d'organiser la politique de la ville au niveau des communes et non plus des quartiers. « La solidarité nationale ne doit intervenir que lorsque la solidarité locale n'est pas elle-même en capacité de faire face aux difficultés rencontrées. » Matignon a annoncé que le rapport servirait de « base » à « une large concertation » avant une éventuelle réforme en 2010.

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Banlieues : le modèle communautaire américain tente les sociologues français

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Faut-il s'inspirer du modèle américain de "politique de la ville" ? Doit-on réinventer le système français de gestion des quartiers difficiles en s'inspirant de l'exemple "communautaire" mis en place aux Etats-Unis ? Alors que la recherche française est longtemps restée dominée par le spectre des dérives "à l'américaine", un colloque, organisé vendredi 25 septembre à l'Ecole normale supérieure (ENS) à Lyon, montre qu'une partie des sociologues observent désormais avec intérêt la capacité des villes américaines à mobiliser leurs habitants et à favoriser leur participation dans les quartiers difficiles. Et soulignent, a contrario, "la grande faiblesse" de la politique de la ville française.

L'élection de Barack Obama à la Maison Blanche, fin 2008, a évidemment contribué à replacer le modèle américain au centre de toutes les attentions. Le président des Etats-Unis fut en effet, au milieu des années 1980, un "organisateur de communauté" dans les quartiers sud de Chicago, une fonction à cheval entre travailleur social, éducateur politique et agitateur professionnel. Théorisée dans les années 1960 par le sociologue américain Saul Alinsky, sa mission était d'amener les habitants à s'organiser pour défendre leurs intérêts face aux bailleurs sociaux, aux banques, aux municipalités... Une démarche qui a contribué à l'émergence de leaders et de pouvoirs locaux.

Cette approche se situe aux antipodes de la politique de la ville française, traditionnellement rétive à la reconnaissance des communautés, comme le soulignent les participants au colloque. "Le modèle républicain français est un modèle descendant : l'Etat sait toujours ce qu'il faut faire. Et comme, par ailleurs, on a historiquement une grande peur des communautés, la France est passée à côté de cette dimension collective", indique Claude Jacquier, directeur de recherche au CNRS. "Là où, dans d'autres pays, les initiatives dans les quartiers à problèmes viennent des habitants, une culture de défiance envers la société civile continue de caractériser nos administrations, niant la légitimité des demandes des habitants, par ailleurs mal représentés politiquement", explique Sophie Body-Gendrot, professeur de sciences politiques, qui insiste sur l'absence de "voix" et de "porte-parole" dans la jeunesse des quartiers.

Les politiques actuelles, notamment les opérations de rénovation urbaine, engagées en 2003 par Jean-Louis Borloo, ne dérogent pas à cette approche malgré l'affichage d'une logique "participative".

Sur les quelque 40 milliards investis d'ici à 2013 pour rénover les quartiers, la quasi-totalité vise des opérations sur le bâti, très peu sur l'humain. "La rénovation urbaine est une caricature de l'approche française où l'on refait la ville sur place. On démolit, on reconstruit et on pense avoir tout réglé. A aucun moment, sauf de façon purement rhétorique, on ne cherche à donner de la force ou du pouvoir aux habitants eux-mêmes", constate Jacques Donzelot, spécialiste de sociologie politique, pionnier de l'observation du modèle américain.

En France, souligne le sociologue Laurent Mucchielli, "les objectifs sont décidés par les représentants locaux de l'Etat et par des professionnels de la politique de la ville. Non par les associations locales qui n'en assurent que la mise en oeuvre". Il relève par ailleurs que la plupart de ces associations sont "installées par le pouvoir politique et contrôlées dans leur gestion par l'Etat" : "Le mot même de communauté (communauté d'intérêts, communauté de voisinage) est dégradé en "communautarisme" pour désigner une forme régressive de citoyenneté." Laurent Mucchielli lit là "le paradoxe d'une politique qui passe son temps à regretter que les gens soient passifs et "assistés" mais qui ne comprend pas que sa façon de faire "paternaliste" ne peut produire que cela".

Cette approche se traduit de façon très concrète. Lorsque la secrétaire d'Etat à la politique de la ville, Fadela Amara, décide de rapprocher les quartiers des services publics, elle installe des délégués des préfets dans les cités. Lorsqu'apparaissent des listes autonomes issues des quartiers, comme lors des dernières élections municipales, elles sont immédiatement qualifiées de "communautaires" par leurs concurrents et les autorités locales. Les dernières élections municipales n'ont d'ailleurs pas modifié la donne : selon le Haut Conseil à l'intégration (HCI), la proportion d'élus municipaux issus de la diversité est passée de 3,2 % à 6,7 % dans les villes de plus de 9 000 habitants entre 2001 et 2008. Soit à peine quatre maires, 495 adjoints et 1 844 conseillers municipaux issus de l'immigration extraeuropéenne.

Les chercheurs ne sont pas subitement devenus des défenseurs du modèle américain dans son ensemble. Notamment parce qu'ils insistent sur le degré toujours élevé de ghettoïsation aux Etats-Unis. Et parce qu'ils considèrent que la politique de la ville française a probablement atténué la "crise des banlieues". Mais ils veulent voir dans la question de la participation une nouvelle étape. "L'approche américaine s'explique évidemment par l'histoire des Etats-Unis, la place réduite de l'Etat fédéral, l'importance de l'immigration. Mais le fait que le Royaume-Uni, l'Europe du Nord, l'Allemagne, les Pays-Bas, par exemple, s'inspirent de ce type d'approche devrait nous faire réfléchir", souligne M. Donzelot.

Une page consacrée à Saul Alinsky : www.laviedesidees.fr/Saul-Alinsky-la-campagne.html ;

Le site personnel de Jacques Donzelot : www.donzelot.org. Le monde.fr

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dimanche 9 août 2009

Utiliser l'emprunt national pour les banlieues ?

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Lorsque la douleur est là, on traite en urgence pour oublier immédiatement après » : ainsi gère-t-on l'emploi dans les banlieues selon Abdel Aïssou, président du Conseil national des entreprises pour la banlieue (CNEB), qui a remis, vendredi 17 juillet, un rapport à la secrétaire d'Etat à la ville, Fadela Amara. « La question apparaît au détour de chaque crise en banlieue. Pour ensuite s'estomper derrière une série d'initiatives (...) limitées », note le directeur général délégué de Randstad France, qui suggère d'accorder une part des recettes de l'emprunt national « au développement de formations qualifiantes en banlieue ».

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mardi 14 juillet 2009

La Courneuve porte plainte pour discrimination

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Maltraitée par l’État, « terrain de jeu en matière d’urbanisme », cette ville a déposé un recours devant la Halde.

L’inégalité inscrite dans la ville, les stigmates de la discrimination ancrés dans le paysage urbain et humain : tel est le vécu de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), qui ne supporte plus de vivre comme un « territoire de seconde zone », d’être considérée comme un « terrain de jeu en matière d’urbanisme et d’aménagement » Une situation si insupportable qu’elle a amené la municipalité, le 6 mai dernier, à déposer une plainte auprès de la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité). Une démarche inédite et originale parce qu’« il ne peut y avoir dans le cadre de la République, de ses lois, (…) de lieu où la maltraitance urbaine, sociale, éducative, locative (…) soit purement et simplement admise par l’ensemble de la société quand nous avons collectivement les outils pour faire vivre l’égalité ».

Les inégalités, à La Courneuve, se lisent aussi bien à hauteur d’homme qu’à l’échelle de quartiers entiers. Le revenu moyen des Courneuviens est un tiers plus faible que celui des Français en général. Le taux de chômage (plus de 22 %) est le double de la moyenne nationale. Le parc locatif social représente 60 % des logements de la commune. Le traumatisme est né au début des années 1960 quand Paris, par dérogation exceptionnelle, a décidé de se débarrasser de ses habitants les plus pauvres pour les entasser, entre autres, dans la cité des 4 000. Deux tracés d’autoroutes imposés par l’État ont depuis mis à mal la continuité urbaine, et la rupture économique et sociale générée par la crise a laissé bon nombre de friches industrielles dans la ville. Si bien qu’aujourd’hui, le maire, Gilles Poux, dénonce la politique du pouvoir qui, petit à petit, a fait de La Courneuve une ville d’exclusion urbaine, de cités ghettos, de ségrégation.

La politique de la Ville, censée réparer les dégâts de la politique générale du pouvoir, a bien apporté quelques rectifications, mais le maire dénonce : ce « Samu de l’urgence sociale » oeuvre « moins pour penser la cohésion sociale, l’égalité territoriale, l’égalité des citoyens que pour se pencher sur la "pathologie urbaine" que nous représentons. Nous subissons à la fois l’image dégradée qui en découle et les soins inappropriés. » Dès que l’État investit dans la banlieue, « tout est fait a minima », clame Gilles Poux.

Dany Stive

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vendredi 3 juillet 2009

Les quartiers défavorisés abritent pourtant une bonne part de la vitalité française.

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Promesses des banlieues
Par Jacques Attali,

Encore une fois, à l'approche de l'été, les quartiers dits « sensibles » des banlieues défavorisées vont redevenir d'actualité. Pour de mauvaises raisons. Nombre de signes laissent penser en effet que leurs habitants seront parmi les principales victimes de l'approfondissement de la crise. Car, à supposer même, hypothèse fragile, que la crise financière s'éloigne, le chômage va s'aggraver en France pendant au moins un an, sinon deux. En particulier celui des jeunes, et d'abord les jeunes des banlieues, les plus fragiles, les plus menacés, même s'ils sont de plus en plus diplômés. Par ailleurs, les difficultés de financement de l'Etat et des collectivités locales seront d'abord concentrées sur les communes ayant le moins d'entreprises sur leur territoire et le moins de recettes fiscales directes; donc sur les communes où se trouvent ces quartiers.

Malgré les efforts entrepris par les élus de tout bord, les administrations spécifiques et quelques ONG, tous formidablement dévoués et compétents, ces banlieusards se pensent déjà oubliés ; ils s'intéressent de moins en moins à la vie publique, dont ils n'attendent rien, et se sont abstenus plus que d'autres aux élections européennes.

Tout cela laisse craindre une montée de leur frustration, de leur exaspération. Et l'opinion y sera plus particulièrement sensible : les prises en otages de cadres dans les usines, ou les attaques de supermarchés par les agriculteurs ou les producteurs de lait choquent moins que quelques voitures brûlées dans des quartiers en déshérence.

Il serait temps de penser à parler autrement de cette partie de la France. De comprendre que s'y trouve une part significative de la vitalité française.

La vitalité économique d'abord, parce que toutes les expériences menées aujourd'hui, à trop petite échelle, démontrent qu'aider un jeune de banlieue à créer sa propre entreprise, en le conseillant pour qu'il définisse un projet, réalise une étude de marché, monte un plan de financement et obtienne un prêt bancaire, coûte environ 3000 euros, soit moins du tiers de ce que coûte le même jeune au chômage chaque année. Et avec cette somme, non seulement il ne dépend plus de l'aide sociale, mais il crée des richesses et des emplois pour d'autres.

La vitalité culturelle, ensuite, parce que toutes les études établissent qu'une part importante de la musique, de la littérature et de la peinture d'aujourd'hui (et pas seulement l'art des rues) trouve sa source dans les banlieues. Même l'essentiel des mots nouveaux, en France, en est issu. La vitalité éducative, aussi, parce que l'énergie que mettent ces jeunes à réussir leurs études est sans égale. Et qu'ils portent une créativité exceptionnelle en matière scientifique et technique.

La vitalité démographique enfin, qui seule permettra de financer les retraites et les déficits budgétaires: ce sont les jeunes des quartiers qui, après-demain, paieront, par leurs impôts et leurs cotisations, le maintien des services publics et les retraites de ceux qui ne veulent pas d'eux aujourd'hui.

Il serait temps de changer d'échelle. Non de lancer un énième plan banlieue -trop a été fait- mais de simplifier ce qui existe et de donner une priorité politique maximale à ces jeunes, à qui personne ne fait jusqu'ici assez confiance, et à ces quartiers, où l'on ne pense jamais à installer une université, un laboratoire de recherche, un service public.

Leur succès sera celui de tous.

j@attali.com

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samedi 27 juin 2009

Quand Vaulx-en-Velin se penche sur la ville

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Urbanisme . L’Association internationale de développement urbain a planché sur l’urbanisme de cette ville. Objectif : « Tracer une nouvelle utopie pour Vaulx », selon le maire, Bernard Genin.

La coopération entre l’Association internationale de développement urbain et la ville de Vaulx-en-Velin dure depuis vingt ans. Les rencontres entre les experts de l’association, les habitants, les élus sont le résultat d’une démarche originale initiée par Maurice Charrier, aujourd’hui maire honoraire de Vaulx, qui s’interrogeait alors sur l’urbanisme de sa ville, ouvrière, déformée par l’installation des ZUP et un deuxième centre uniquement consacré au commerce et à des bâtiments institutionnels. Aujourd’hui, Maurice Charrier préconise de « nouvelles gouvernances tournées vers l’économie solidaire » et Bernard Genin, le nouveau maire, valorise « l’invitation au rêve, qui permet de tracer une nouvelle utopie pour Vaulx, ville populaire et qui le restera ». Travaux pratiques avec Michel Sudarskis, secrétaire général de l’INTA.

Quel est le rôle de l’Association internationale de développement urbain ?

Michel Sudarskis. L’association regroupe des praticiens de l’urbain, du secteur public et du secteur privé, les représentants des pouvoirs publics (1), des collectivités territoriales et des entreprises publiques et privées (en France, la RATP ou GDF-Suez). Il y a vingt ans, la conjoncture était assez exceptionnelle, on se lançait dans de grandes opérations d’urbanisme. Pour coordonner les idées des opérateurs publics et des promoteurs privés, l’idée est venue de faire appel à nous. Notre travail a consisté à dire ce qu’étaient les conditions de fonctionnement d’un centre-ville, à attirer l’attention des élus sur les déséquilibres sociaux très graves existants. Il fallait une autre politique, d’inclusion, de cohérence. Les événements ont conforté nos analyses…

Après vingt ans de rencontres de terrain, à Vaulx-en-Velin, et une semaine de travaux, tout récemment, quelles sont vos conclusions sur cette ville ?

Michel Sudarskis. Pendant cette dernière semaine de travail, très intense, nous avons pu auditionner soixante-dix acteurs de la ville, issus de tous les milieux, de toutes les professions. Mais nous ne voulons pas apporter des solutions toutes faites. Nous sommes là, nous polémiquons, nous parvenons entre nous à une vision consensuelle des points forts et des points faibles de la ville et nous tentons de faire partager cette vision. Par exemple, il conviendrait sans doute de développer les liaisons entre le quartier est de Villeurbanne et le quartier ouest de Vaulx-en-Velin. En vingt ans, nous avons vu ce qu’était une banlieue stigmatisée, reléguée, devenir une ville totale. Ici, nous proposons donc de compléter le centre-ville, de lui donner de l’épaisseur, d’attirer des activités ciblées qualifiantes, sur l’économie de la connaissance. Il s’agit de faire de Vaulx-en-Velin une ville créative, dans la transmission de la connaissance, poursuivre dans l’esprit du planétarium, du centre culturel. En un mot, il faut donner un coeur à cette ville et le faire battre.

(1) Comme le ministère

de l’Équipement en France,

du Logementen Belgique… Quinze pays sont membres de l’INTA.

Entretien réalisé par Émilie Rive

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mercredi 24 juin 2009

Ecole : des vœux d’«excellence» une mesure du plan banlieue destinée à assurer l’égalité des chances

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Sarkozy souhaite lutter contre l’échec et relancer l’apprentissage. Par VÉRONIQUE SOULÉ

«Je souhaite que l’on propose une solution à tous les adolescents qui sortent du système scolaire à 16 ans sans rien»

Nicolas Sarkozy a encore réitéré sa volonté d’en finir avec les 130 000 «décrocheurs» qui quittent chaque année l’école sans diplôme. «On ne fait pas d’économies» en laissant cette situation perdurer. Il n’a toutefois pas précisé ses «solutions». Martin Hirsch, Haut commissaire à la Jeunesse, devrait lui fournir des pistes dans les jours prochains.

Le Président a ensuite évoqué les «internats d’excellence» qui vont être créés pour les «enfants de milieux modestes», une mesure du plan banlieue destinée à assurer l’égalité des chances à des élèves qui ont de mauvaises conditions de travail chez eux. Mais cela concerne des lycéens qui ont un assez bon niveau. Et non les «exclus du système scolaire». De plus, la mesure est pour l’instant assez limitée. Ces internats sont en réalité des places réservées au sein d’établissements existants. Seule l’académie de Créteil, la plus concernée, ouvrira à la rentrée un internat pour 150 élèves défavorisés dans une ancienne caserne militaire.

Pour le reste, Sarkozy a repris ses dadas : il faut réformer le lycée, et l’apprentissage - qu’il veut à tout prix étendre -, la filière professionnelle, la technologique, la littéraire, trop dévalorisée par rapport à la scientifique, etc. Tout cela en poursuivant les réductions de postes dans le cadre du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux.

Sur l’université, il a aussi formulé quelques vœux : il faut poursuivre sur la voie de l’autonomie, de la création de campus et «investir dans le logement étudiant». De «bonnes dépenses», a-t-il souligné en se gardant de promettre de nouveaux moyens.

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